Collectif T'AIR-EAU 94

Pour la qualité de la Terre, de l'Air et de l'Eau dans le Val de Marne

Pollution aérienne : Emparons nous du débat sur les élections municipales et européennes !

Alors que l’on assiste à une reprise des témoignages de riverains du Port de Bonneuil contre la pollution aérienne (émanant semble-t-il a la fois de la SPME et  de l’usine Eiffage), plus rien ne semble bouger du côté du procès intenté par la mairie de Saint-Maur et les membres de l’association BMSE (le dernier message posté sur leur site date du 25 Novembre 2012). Le collectif T’AIREAU94 ne fait guère mieux, désormais réduit à un simple blog citoyen qui publie tant bien que mal un message par mois et dont l’audience, logiquement, baisse au fil du temps. L’hiver 2012-2013 semble avoir été sombre aussi bien dans le ciel que dans les coeurs … mais le printemps arrive. Ne serait-il pas temps de redresser la tête ?

A) Les élections municipales sont tout d’abord l’occasion de relancer l’action locale …

… et de récompenser ou punir les élus des communes voisines du Port de Bonneuil, en fonction de leur attitude face au conflit contre l’usine Eiffage. Chaque citoyen ou citoyenne a gardé en mémoire la façon dont les élus et partis politiques de chacune des communes riveraines ont agis pendant la période de mobilisation, soit en favorisant le mouvement, soit au contraire, en cherchant à le brider en lui refusant des salles de réunion et en s’opposant à toute contestation de la décision préfectorale.

Mais la punition ou la récompense ne font pas une politique et nous ne prendrons pas la peine de dresser la liste noire des collaborateurs actifs ou passifs de la préfecture et d’Eiffage dans les différentes communes ou partis politiques. Chacun les connaît et saura s’en rappeler le moment venu dans l’isoloir.

Nous savons que ceux qui s’engagent en politique ne le font pas tous par intérêt personnel ou ambition de pouvoir.  Aussi, c’est avant tout par rapport au programme affiché par les candidats des différentes listes municipales qu’il faudra se déterminer. Programme écrit, bien sûr. Car les paroles s’envolent mais les écrits demeurent. Que vous vous sentiez proche de tel ou tel parti politique, il vous appartient de vous mobiliser pour faire inscrire dans le programme de tous les listes municipales des objectifs précis. Et n’oubliez pas que les communautés de communes jouent désormais un rôle croissant et que les élus de ces structures, même élus au suffrage indirects, ont une influence décisive sur les questions d’aménagement du territoire et d’urbanisme. Voici donc une liste minimale des points à faire inscrire dans les programmes des candidats :

  • Alignement des normes environnementales du Port de Bonneuil sur celles du Port de Gennevilliers
  • Mise en place de capteurs citoyen de pollution aérienne dans les municipalités voisines du Port, subventionnés parles communes ou structures intercommunales mais gérés par des associations indépendantes et dont les résultats seront publiés sur Internet.
  • Mise en place d’un Agenda 21 intercommunal associant les communes voisines du Port. Ceci afin d’éviter que chaque commune ne crée ses propres Agenda 21 – le plus souvent fictifs – et rejette la pollution sur les communes d’à côté.
  • Refus de la mise en place d’une "Autoroute Eiffage" qui viserait moins à désengorger le Port qu’à faciliter l’écoulement des bitumes. Et qui engendrerait un trafic supplémentaire renforçant la pollution aérienne.
  • Réduction des consommations de bitume par le développement de trottoirs végétalisés et l’étalement des périodes de rénovation des voiries communales. Choix de revêtements non polluants et durables.
  • Boycott des entreprise à comportement contraire à l’éthique dans les marchés municipaux. Le boycott direct est interdit mais il existe des formes subtiles de rédaction des appels d’offre permettant d’écarter les pollueurs et entreprises non éthiques.

Les citoyens ne doivent cependant pas tout attendre des élus municipaux et prendre leur part de responsabilité. Il n’est ainsi pas possible de défiler un jour  contre les usines de bitumes tout en demandant le lendemain a rénovation régulière du bitume de sa rue et en refusant les trottoirs végétalisés. Il faut aussi être prêt à arbitrer entre des objectifs contradictoires lorsque le budget municipal est en  réduction du fait de la crise. Ainsi, à Sucy-en-Brie, l’unique conseillère municipale EELV a choisi de démissionner de sa fonction lorsque la mairie à refuser de délibérer et de mettre au vote sur une proposition de réduction du budget de vidéo-surveillance qui aurait permis de développer la mise en place d’un capteur municipal de pollution aérienne au dessus de l’Ecole des Noyers. Il faut bien de temps en temps choisir entre l’être (protéger les enfants) et l’avoir (protéger les biens) : cela s’appelle faire de la politique, au sens noble du terme (cf. lettre de démission de Sylvie Grasland-Deslot du conseil Municipal de Sucy-en-Brie, le 25 Mars 2013). Mais il y a des communes où la majorité n’est même pas prête à assumer ses choix par un vote en bonne et due forme…

2) … et les élections européennes sont l’occasion de défendre globalement nos droits.

On fait trop souvent de l’Europe le bouc-émissaire de toutes les lâchetés nationales ou locales… L’Union Européenne est régulièrement invoquée comme responsable des décisions impopulaires des gouvernements.  Le problème est qu’on assimile trop souvent l’Europe à l’action de la Commission Européenne, devenue une simple chambre d’enregistrement des rapports de forces entre les égoïsmes de chacun des 27 états membres, c’est-à-dire le Conseil Européen.

A contrario,  le Parlement Européen est une véritable structure démocratique élue qui dispose d’un véritable pouvoir. Les députés européens ont ainsi refusé d’entériner les coupes budgétaires demandées par les chefs d’Etat dans les budgets de solidarité.  Et surtout, le Parlement vote régulièrement, contre l’avis de la Commission Européenne et du Conseil, des lois favorables aux droits des citoyens et à la protection de l’environnement, au grand dam des lobbys économiques et financiers.   Toutes les directives récentes pour la protection des abeilles, contre les perturbateurs endocriniens ou les OGM, contre la pollution aérienne en ville, pour le contrôle des installations classées, …. sont le résultat de l’action législative du Parlement Européen !

Au risque de se répéter, il faut rappeler ici qu’en cas d’échec du procès intenté par les riverains et la mairie de Saint-Maur contre l’autorisation d’exploitation de l’usine Eiffage, il reste encore plusieurs possibilités de recours via la Cour de Justice Européenne, en s’appuyant sur les condamnations de la France pour non respect des directives sur l’air, l’eau et les Installations Classées. Un ou plusieurs députés européens élus en Ile de France et conscient du dossier du Port de Bonneuil seraient un appui extraordinaire pour une future action de ce type.

Il ne tient qu’à nous, par delà nos différences d’options  politiques et idéologiques, de faire en sorte que parmi les élus franciliens au Parlement Européen il y en ait plusieurs qui soient des défenseurs d’un développement durable du Port de Bonneuil. Et que cela figure de façon écrite dans leurs programmes. L’exemple de Notre-Dames des Landes montre que le combat n’est jamais perdu lorsque les citoyens sont mobilisés.

Courage à tous … Le printemps arrive !

Claude Grasland

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La mairie de Saint-Maur remet en cause l’étude de pollution aérienne de la préfecture

Comme nous l’avions souligné le 9 décembre 2012 dans le billet "Du bon usage d’un étude d’impact douteuse" , l’étude réalisée par la société Entime sur l’impact de l’usine Eiffage est truffée d’incohérences et comporte des choix techniques plus que contestables. Elle met pourtant en évidence des dangers bien réels (ex; particules fines, HAP) même si elle n’en tire pas les conclusions.  La mairie de Saint-Maur a demandé une contre-expertise qui aboutit aux mêmes conclusions et précise encore mieux  que nous ne l’avions fait les violations des règles d’expertise, notamment européennes. Elle suggère également de mettre en place une étude scientifique de pollution olfactive, répondant à une idée que nous avions suggérée le 11 octobre  2012 à la suite du compte rendu de l’ouvrage pollution olfactive ( "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les pollutions olfactives…Même si vous n’ êtes pas PDG d’ Eiffage").Nous remercions le maire de Saint-Maur-des-Fossés de son action et nous publions ci-dessous le courrier adressé à tareau94 ainsi que les résultats de la contre-expertise qu’il nous a adressés à l’intention des lecteurs de ce blog.

Tout ceci confirme hélas la nécessité de ne pas s’en remettre aux seules autorités préfectorales pour faire la lumière sur la pollution aérienne autour du Port de Bonneuil. La mise en place de capteurs citoyens dans les trois communes entourant le Port de Bonneuil apparaît plus que jamais comme un nécessité ("Une idée pour reprendre le combat : la création d’un réseau de citoyens capteurs dans les trois communes entourant le Port de Bonneuil", billet du 17 février).

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Une idée pour reprendre le combat : la création d’un réseau de citoyens capteurs dans les trois communes entourant le Port de Bonneuil

Après le point culminant de la grande manifestation de juin 2012, le grand mouvement citoyen d’opposition au projet de centrale d’enrobés à chaud Eiffage de Bonneuil s’est divisé et finalement délité. D’un côté, les partisans de l’action juridique désormais regroupés dans une association BMSE étroitement cantonnée à la ville de Saint-Maur. De l’autre les nostalgiques d’un mouvement plus libertaire et ouvertement politique (au sens noble du terme) pour lesquels aucune considération ne doit primer la liberté d’informer. Résultat ?  Des riverains déboussolés qui voient jour après jour se développer la pollution générée par l’usine en ayant l’impression que plus rien ni personne ne cherche à s’y opposer. Alors, faut-il selon l’expression consacrée "cesser le combat" et s’en remettre à l’hypothétique succès du recours juridique ? Ou bien peut-on lancer une nouvelle initiative en partant du principe que "Les gens qui se battent peuvent perdre; les gens qui ne se battent pas ont déjà perdu" (B. Brecht).

A) L’initiative des "citoyens capteurs"

Avant toutes choses, j’invite les lecteurs de ce blog à lire le document de présentation de l’initiative "citoyen capteur" que vous pouvez télécharger en PDF en cliquant ici.

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Vous trouverez ensuite plus de détail sur le site web http://www.citoyenscapteurs.net/ et il faut certainement bien analyser les tenants et les aboutissants de ce projet avant de voir dans quelle mesure il pourrait être utile de les contacter pour mener une action commune. L’expérience montre qu’un peu de méfiance est toujours de mise lorsque des enjeux financiers sont présents et cela vaut la peine d’étudier les initiatives parallèles ou concurrentes.

Mais en tous les cas, le projet citoyens capteurs ouvre une piste d’action intéressante pour les citoyens des trois communes riveraines du Port de Bonneuil.

B) Encerclons les pollueurs du Port de Bonneuil par un réseaux indépendant de capteurs municipaux et citoyens

Le problème finalement assez simple qui nous est posé est le suivant : si l’on veut pouvoir lutter contre la pollution aérienne, il faut lever l’hypothèque que constitue la réalisation de mesures objectives en temps réel. Nous avons pu voir au cours de la dernière année que nos témoignages étaient fréquemment remis en cause par la préfecture ou enregistrés à contre-coeur. Nous avons également vu que lorsque la préfecture effectuait des contrôles, ils étaient fait de façon secrète avec des choix particulièrement contestables de localisation des points de mesure (exemple de Sucy). Bref, on ne pourra pas emporter la bataille judiciaire (procès) ou la bataille médiatique (journaux) si on n’emporte pas d’abord la bataille de l’information (mesures objectives incontestables).

Hypothèse 1 :  l’installation d’un capteur AIRPARIF dans le Port de Bonneuil ?

Nous avons longtemps défendu cette position, mais tout laisse penser que cela ne se fera pas, ou seulement à l’issue d’une longue bataille.  Au demeurant, un tel capteur isolé ne mesurerait sans doute pas tous les polluants et serait finalement une fausse bonne solution puisqu’il semblerait clore une bonne fois pour toute le débat.

Hypothèse 2 : demander aux communes riveraines d’installer des capteurs municipaux sur leur propre budget

Il ne faut certainement pas se priver d’en faire la demande aux trois municipalités de Sucy, Bonneuil et Saint-Maur, surtout à l’approche des élections municipales. D’emblée, il faut indiquer que nous demandons la mise en place de capteurs municipaux totalement financés sur le budget municipal. Il s’agit donc d’un choix politique (mais oui !) et dans la mesure où les budgets municipaux sont souvent exsangues, il faudra décider de coupe dans d’autres postes budgétaires pour financer de tels capteurs. Pour ce qui me concerne (mais chacun est évidemment libre de proposer d’autres transferts budgétaires) je serai très favorable à un transfert du budget de la vidéosurveillance (que je trouve liberticide et inefficace) vers la surveillance de la pollution aérienne !

Cette piste d’action n’est pas à négliger, mais elle est soumise aux aléas des majorités municipales et c’est en définitive la dernière solution qu’il faut engager sans plus tarder.

Hypothèse 3 : la mise en place d’un réseau de citoyens capteurs diffusant leurs résultats sur internet en temps réel

L’association citoyens capteurs semble indiquer la possibilité de mettre en place des capteurs mesurant plusieurs polluants pour moins de 200 euros. En vérité, il faut certainement prévoir une somme plus importante et un temps bénévole d’installation, surveillance de l’appareil, transfert des données, etc…. Mais le coût ne paraît nullement prohibitif si on le compare, par exemple, aux sommes investies par les riverains dans l’action juridique.  On peut d’ailleurs facilement imaginer que des petits groupes de trois ou quatre voisins se constituent pour assurer collectivement la maintenance d’un capteur à l’école des Noyers, d’autres sur le quai de la Pie, d’autres au niveau de la mairie de Bonneuil, etc….

Cela demande certainement un peu de travail et de réflexion, mais cela paraît être une bonne piste d’action, qui pourrait mobiliser, outre les citoyens proprement dit , les associations environnementales des communes riveraines (ex. Sucy Nature Environnement). L’important serait que les différents capteurs soient synchronisés et que leurs résultats apparaissent sur un seul site web commun aux trois communes entourant le Port de Bonneuil.

C) Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait (Mark Twain)

Je ne sais si ce billet redonnera un peu de moral aux riverains désabusés … mais vous pouvez en tous les cas utiliser librement la fonction commentaire du blog pour discuter ce projet utopique de mise en place de capteurs citoyens. Et si vous êtes assez nombreux à le souhaiter, pourquoi ne pas organiser une petite réunion où l’on inviterait les représentants de l’initiative "capteurs citoyens" à nous présenter leur approche ?

C’est à vous d’en décider, car après tout T’AIR-EAU94 est un collectif citoyen sans existence juridique et n’est que la somme des volontés de ceux qui s’y reconnaissent.

Claude GRASLAND

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Le "Parisien" se fait l’écho de la lettre ouverte adressée au nouveau préfet.

Le "Parisien" a cette fois-ci rendu compte sans tarder de la lettre adressée au préfet dans notre dernier billet :

A peine nommé, déjà sollicité. Le nouveau préfet Thierry Leleu ne prendra ses fonctions que dans les prochaines semaines mais les opposants à l’usine d’enrobés installée sur le port autonome de Bonneuil lui ont récemment écrit une lettre ouverte. « Nous espérons que vous saurez prendre la juste mesure de la gravité des erreurs de vos services qui ont abouti à l’autorisation d’exploitation de l’usine, accuse Claude Grasland, membre fondateur du collectif T’air-eau.

 Il est également de votre responsabilité de demeurer à l’écoute des citoyens qui ont réuni près de 10000 signatures contre cette implantation. » Pour rappel, une usine d’enrobés a été mise en service durant l’été, provoquant la colère de certains riverains et d’associations écologistes qui se plaignaient d’« odeurs nauséabondes ». La préfecture avait fait réaliser des mesures de qualité de l’air et estimé que cette implantation ne présentait aucun danger.

 Le Parisien, 21 Janvier 2013

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Lettre ouverte à Thierry Leleu, nouveau préfet du Val-de-Marne au sujet de l’usine Eiffage de Bonneuil

Sucy-en-Brie, le 17 Janvier 2013

Monsieur le Préfet du Val-de-Marne,

Au nom des citoyens de Sucy-en-Brie, Bonneuil-sur-Marne et Saint-Maur-des-Fossés engagés depuis plus d’un an dans la lutte contre l’usine Eiffage de Bonneuil à travers le collectif T’AIR-EAU94, je souhaite tout d’abord vous féliciter de votre récente nomination à la tête de la préfecture du Val-de-Marne, en remplacement de Monsieur Pierre Dartout, "promu" à la tête de la préfecture de la région Champagne-Ardennes et du département de la Marne.

Vous êtes selon le site 94.citoyens un bon connaisseur de l’Est parisien, en raison des 7 années passées au service de la firme Eurodisney.  En tant que vice-président en charge des relations extérieures et des affaires politiques et institutionnelles de ce groupe, vous devez être sensible aux questions d’image de marque des lieux et vous savez à quel point une implantation polluante et nuisible à la santé peut gréver l’ensemble de l’économie d’un territoire.

Ayant été conseiller à la représentation permanente de la France auprès de l’Union Européenne selon votre biographie publiée sur le site Eurodisney, vous êtes probablement un fin connaisseur des législations européennes et du risque de condamnation qui pèse sur le France en raison de violations répétées des directives sur la qualité de l’air ou sur les installations classées. Les problèmes de pollution aérienne dans le Port de Bonneuil et ses environs devraient donc attirer votre attention, en général, et le cas de l’implantation de l’usine Eiffage de Bonneuil en particulier. Vous constaterez rapidement – comme l’avait reconnu votre prédécesseur – qu’il existe actuellement deux poids et de mesure en matière de qualité environnementale des Ports Autonomes de Paris. Et qu’il serait grand temps d’aligner les normes environnementales du Port de Bonneuil sur celles mises en place à Gennevilliers.

En tant que membres de plusieurs cabinets ministériels dont celui de Jean-Pierre Chevénement de 1998 à 1999, vous  êtes sans nul doute particulièrement sensible aux questions de citoyenneté et de sécurité. Vos fonctions passés au cabinet de Pierre Bergougnoux,  directeur de la police nationale, en attestent.  Vous connaissez donc la responsabilité particulière qui pèse sur les représentants de l’état en matière d’autorisation d’installations dangereuses et vous savez que la transparence dans la procédure d’expertise sur de tels sujets doit être totale.

Enfin, en tant qu’agrégé d’histoire vous avez à coup sûr une sensibilité particulière à l’étude des mouvements sociaux et à la compréhension des mécanismes de lutte et d’émancipation des citoyens. Vous ne conclurez sans doute pas hâtivement au fait que notre mouvement peut être rangé sous la catégorie infamante du NIMBY lorsque vous aurez pris la mesure de la mobilisation qu’il a entraîné au printemps 2012. Et par votre formation d’historien, vous saurez mieux que d’autres en percevoir les prolongements futurs à la lumière de sa trajectoire passé. Vous comprendrez que, quelle que soit l’issue du procès actuel, nous ne renoncerons pas à réclamer la fermeture de l’implantation Eiffage de Bonneuil car elle a débuté par un dénis de justice qu’aucun amendement ne peut réparer.

*

*   *

Monsieur le Préfet, toutes ces qualités qui vous ont valu la promotion au grade de chevalier de la Légion d’Honneur en juillet 2012 nous donnent quelques raisons d’espérer que vous saurez mieux que votre prédécesseur prendre la juste mesure de la gravité des erreurs de vos services qui ont abouti à l’autorisation d’exploitation de l’usine Eiffage à Bonneuil-sur Marne en 2011.

Bien évidemment, nous n’attendons pas de vous une prise de position immédiate sur le sujet et nous savons qu’il est de votre devoir d’assurer une continuité de l’action de l’Etat qui vous oblige dans un premier temps à assumer les décisions de vos prédécesseurs. Mais il est aussi de votre devoir de réparer les injustices commises si, comme nous le pensons, celles-ci sont avérées par des preuves accablantes. Il est également de votre responsabilité de demeurer à l’écoute des citoyens qui ont réuni en quelques mois près de 10 000 signatures contre une implantation qui avait fait l’objet d’une consultation publique furtive et opaque.

Sur ce site tout comme sur celui de l’association BMSE (Boucle de la Marne Santé Environnement) vous trouverez l’ensemble des faits et analyse que nous avons pu produire au cours d’une longue année de bataille contre une décision absurde. Vos services de renseignement pourront sns nuldoute vous apporter également témoignage de la force de l’opposition citoyenne contre ce projet et des troubles à l’ordre public qu’il pourrait entraîner à terme. Sans oublier les impacts économiques négatifs pour un territoire qui constitue un moteur du développement  territorial dans le Val-de-Marne.

Nous sommes à votre disposition pour toutes précisions ou toute ouverture de dialogue, au delà du procès actuel dont vous allez hériter de par votre fonction. Ce serait à votre honneur et à celui de l’Etat que vous représentez d’inaugurer votre nouveau mandat par un nouvel examen de ce dossier qui est une source majeure de frustration et d’inquiétude pour les populations riveraines.

Recevez, Monsieur le Préfet, l’expression de mes salutations les meilleures,

Claude GRASLAND

Membre fondateur du collectif T’AIR-EAU94

P.S. Connaissant la diligence des services des renseignements généraux à faire remonter les informations sur ce dossier, je ne prends pas la peine de vous poster ce courrier par voie postale, n’ayant aucun doute sur le fait qu’il ne vous parvienne très prochainement (ainsi qu’aux services de votre préfecture qui sont à l’origine de l’autorisation d’exploitation et du gâchis actuel).

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Du bon usage d’une étude d’impact douteuse …

L’analyse de l’impact de la société Eiffage sur l’environnement réalisée par la société Entime comporte des choix surprenants en matière de localisation des capteurs et de durée de réalisation des analyses. On aurait cependant tord de la rejeter totalement car elle comporte quelques résultats intéressants pour les opposants à la centrale d’enrobage à chaud d’Eiffage.

Cliquez ici pour télécharger le rapport ENTIME.

A) Des choix surprenants en ce qui concerne les points d’observation …

entime

Comme on peut le voir sur l’image ci-dessus, les points de mesure retenus par la société ENTIME sont pour les  trois premiers  d’entre eux situés au niveau de la centrale (n°2) ou dans ses alentours immédiats selon l’axe des vents dominants (n°1 et n°3) . Il est en revanche curieux que les deux points suivants censés restituer l’impact sur les habitants des communes voisines soient situés pour l’un très proche (n°4, quai de Bonneuil à Saint Maur) et pour l’autre très éloigné (n°5, Avenue A. Pleuvry à Sucy). Il est incompréhensible que le point représentatif de la commune de Sucy-en-Brie ne soit pas situé au niveau de l’école des Noyers ou près de la gare, là où les habitants constatent les plus grandes nuisances olfactives

Une explication possible de cette différence réside sans doute dans l’attitude différente des deux mairies de Saint-Maur et de Sucy face à l’implantation Eiffage. Si le maire et ses adjoints soutiennent clairement le combat de leurs habitants à Saint-Maur, c’est un euphémisme de dire qu’il n’en va pas de même à Sucy-en-Brie ou un adjoint bien au fait du dossier aurait déclaré que "de toutes façons les gens finiront bien par s’habituer" (sic). Le choix du point n°5 semble donc a priori résulter d’une volonté de dissimuler les impacts de la centrale Eiffage sur Sucy-en-Brie, avec la bénédiction de la mairie qui aurait dû protester et imposer le choix d’un capteur au niveau de l’école des Noyers.

B) … mais la possibilité d’utiliser le point excentré comme référence pour les rejets de HAP

Pourtant, on peut faute de mieux utiliser ce point n°5 pour mieux juger de l’impact de la centrale en le prenant comme référence, précisément parce qu’il est trop éloigné de la zone d’impact maximal. Voyons en particulier comment on peut mesurer ainsi l’impact de la diffusion des polluants les plus dangereux que sont les HAP. Nous partons pour cela du tableau original des concentrations de HAP fourni par Entime :

Tableau 1 : niveaux moyen de HAP relevé par Entime

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Nous ramenons ensuite ce tableau à une valeur unique par case en effectuant la moyenne des bornes données pour chaque intervalle de confiance :

tableau n°2 : Estimation des valeurs centrales de chaque intervalle

tab1

Puisque le point n°5 de Sucy-en-Brie est clairement situé en dehors de la zone d’impact de la centrale Eiffage, il peut servir de référence pour définir un niveau normal de polluants de type HAP. Par exemple, la concentration en  Naphtalène y est égale 0.000392 ce qui définira le niveau 100 pour comparer avec les autres points.  La concentration en Naphtalène du point n°1 à Bonneuil est de 0.000175 ce qui est environ deux fois plus faible qu’à Sucy et nous donnera un indice 45, inférieur de 55% à la normale. Par contre, au niveau de la centrale Eiffage, la concentration en Naphtalène est de 0.001290 ce qui est trois fois plus que la concentration de Sucy et nous donnera un indice 329, soit une concentration supérieure de 229% à la normale.

Tableau n°3 : concentrations anormales de polluants HAP (indice 100=Avenue Pleuvry à Sucy-en-Brie)

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Pour faciliter la lecture des résultats, nous avons indiqué en vert les valeurs inférieures ou égales au point de référence, en jaune les concentrations 1 à 2 fois plus élevées, en orange les concentrations 2 à 4 fois plus élevées et en rouge les concentrations supérieures à 4 fois la valeur de référence. Cette analyse montre une situation très contrastée des résultats que l’on peut détailler ainsi :

  • Le point n°1 (bout de la route des Gorres) affiche des concentrations en HAP environ deux fois plus élevées que le point de référence. Selon les composés HAP la valeur peut varier et être tantôt plus faible, tantôt plus forte qu’au point de référence.
  • Le point n°2 (site Eiffage) affiche des concentrations de HAP qui sont en moyenne 7 fois plus fortes qu’au point de référence. Selon les composés chimiques on se trouve de 2 à 16 fois au dessus des valeurs observées en dehors de la zone d’impact. De quoi s’inquiéter pour la santé des ouvriers de la centrale et leurs voisins immédiats !
  • Le point n°3 (Bordure de Marne, société loueurs de France) affiche le record absolu avec des concentrations de HAP 16 fois supérieures au niveau observé au point de référence. Pour certains composés on trouve même des valeurs 20 à 30 fois supérieures à la valeur de référence (Fluorène, Anthracène, Phénanthrène, …). Quant on sait que ce point d’observation correspond à l’emplacement des restaurants fréquentés par les employés du site, on peut s’interroger sur la responsabilité des entreprises voisines d’Eiffage vis à vis de leurs personnels. La faute inexcusable n’est pas loin …
  • Le point n°4 (137, Quai de Bonneuil) est le seul qui ait une valeur moyenne légèrement inférieure à celle du point de référence (indice 92). Toutefois, une lecture attentive du tableau montre que cette situation moyenne recouvre des résultats très contrastés. d’un côté, relativement peu de Naphtalène, Fluorène, Anthracènes … De l’autre des concentrations extrêmement élevées de benzo-anthracène ou benzo-fluorène.

Bien évidemment, ces résultats sont difficiles à mobiliser dans un cadre légal puisque les HAP ne font pas l’objet d’une surveillance d’ensemble et que seuls quelques uns sont mesurés par AIRPARIF. Il n’en demeure pas moins que la présence de concentrations 4 à 30 fois supérieures à la normale (définie ici par le point de référence n°5) ne peut manquer de susciter des interrogations légitimes.  Et devrait impliquer la mise en place d’une surveillance épidémiologique de la zone située autour du Port de Bonneuil afin de repérer si la fréquence des cancers liés aux HAP n’est pas au dessus de la normale francilienne.

C) Et que dire des concentrations exceptionnelles de particules fines  !

Notons enfin que le rapport conclue bien hâtivement à l’absence de problèmes sanitaires alors même que des niveaux exceptionnels de particules fines sont observés à proximité de la centrale :

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Comme par hasard, on retrouve des concentrations très fortes au point n°2 et au point n°3, mais malheureusement la mesure au point n°3 n’est pas fiable en raison d’un arrêt particulièrement opportun du capteur, comme nous l’explique la note en bas de page suivante :

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Quelle malchance, en effet, alors même que ce point n°3 est comme on l’a vu le lieu où se situent les principaux restaurants où se retrouvent les employés de la zones industrielle du Port de Bonneuil le midi. Mais en réalité peu importe car l’étude ENTIME va utiliser un magnifique tour de passe-passe pour faire disparaître les mauvais chiffres de particules dans sa conclusion générale dont voici l’extrait :

tab4

Vous ne comprenez pas d’où vient le chiffre de particule de ce tableau final ?

Eh bien regardez mieux la phrase d’explication : "... les concentrations moyennes mesurées au droit des zones habitées sont inférieures aux valeurs limites ….". L’astuce consiste à ne retenir que les points n°4 et n°5 pour calculer la valeur moyenne de concentration des PM10 : (26.09+22.65) / 2 = 24.37 C.Q.F.D. La manipulation est évidemment particulièrement grossière mais efficace si l’on n’est pas attentif. Et on comprend alors beaucoup mieux l’intérêt du point n°5 situé à grande distance de la centrale.

Conclusion : faut pas prendre les riverains pour des c … sauvages

Il serait intéressant de savoir qui a choisi le point d’étude n°5 à Sucy-en-Brie car , comme on l’a vu, il contribue singulièrement à fausser les résultats de l’analyse. Interrogé à ce sujet lors d’une réunion au quartier des Noyers, la mairie de Sucy aurait répondu que ce point avait été choisi, plutôt que l’école des Noyers, parce qu’il représentait mieux l’ensemble de la ville de Sucy.  Mais il semble qu’il ait été surtout choisi parce qu’il est perpendiculaire à la direction des vents dominants et constitue la zone la moins impactée de la commune.

rose des vents

Bref … on ne peut pas dire que cette étude présente toutes les garanties de sincérité. Mais elle apporte à tout le moins des renseignements utile sur la dangerosité de la centrale pour les populations qui travaillent sur place et en particulier celles qui fréquentent les restaurants du bord de la Marne.

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Comment les mairies peuvent boycotter une usine d’enrobés à chaud irresponsable ?

On pense généralement qu’il est impossible de boycotter les produits issus d’une usine socialement ou environnementalement irresponsable. Si par exemple la mairie de S*** décide de refaire le revêtement de ses rues, le code des marchés publics lui impose un principe de libre concurrence qui ne l’autoriserait pas à écarter a priori l’usine E***, au motif qu’elle constitue une atteinte grave à la santé ou qualité de vie de ses habitants. Heureusement il est possible de contourner cette situation ubuesque en examinant de plus près les évolutions récentes des règles d’attribution des marchés publics.

1) Les critères environnementaux et les marchés publics

Le ministère de l’économie a publié en septembre 2011 (début de mise en route d’une certaine usine à Bonneuil sur Marne…) une notice générale qui rappelle l’ensemble des possibilités de prise en compte des critères environnementaux dans les marchés publics. Il existe, comme on peut le voir ci-dessous de multiples possibilités de limiter en pratique la concurrence et d’écarter les entreprises irresponsables.

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2) Application au cas des marchés publics de travaux routiers et des enrobés à chaud

Il faut évidemment que la mairie s’attache les services d’un juriste compétent pour lancer un appel d’offre contenant des clauses environnementales précises, car les acteurs économiques non respectueux de l’environnement n’hésiteront pas à attaquer en justice les marchés qui les écartent. A plus forte raison si le mouvement de refus de leurs produits fait tâche d’huile. Mais une communication récente aux Journées Techniques Routes 2011 laisse penser que le recours aux articles 6 et 14 du code des marchés public est parfaitement applicable pour … par exemple … boycotter une usine d’enrobés à chaud.

La dernière diapositive de la communication

article6

3) Et si on  commençait à Saint-Maur, Bonneuil et Sucy ?

Les citoyens ont le droit de demander des comptes à leurs élus en matière de marché public et il serait tout de même inadmissible que les mairies des trois communes riveraines du port autonome de Bonneuil contribuent à enrichir les entreprises qui constituent des nuisances sanitaires et environnementales majeures pour leurs habitants. Il faut donc exiger que toutes les commandes de travaux de réfection de chaussée de nos communes introduisent des clauses explicites au titre des articles 6 et 14 des marchés public, afin de privilégier des fournisseurs responsables. Attention : il est interdit d’exclure une entreprise précise… mais il y a mille manières de … disons, ne pas la favoriser.

La dernière diapositive de la communication précédemment citée aux journées routes 2011 fournit un très bon point de départ pour la rédaction d’un appel d’offre de travaux public routier combinant des critères économiques, sociaux et environnementaux :

qualite

Le marché de travaux publics de nos trois communes n’est évidemment pas considérable, surtout si on pousse dans le même temps nos élus à limiter les quantités d’enrobés et à végétaliser les trottoirs. Mais il faut faire, et faire savoir. Car un tel mouvement peut faire tâche d’huile vers d’autres communes et surtout aux niveaux supérieur du département et de la région.

Bref, citoyens de Bonneuil, Saint-Maur et Sucy, surveillez de près les travaux de réfection des rues de votre commune et demandez systématiquement à vos élus comment a été lancé le marché et qui l’a obtenu. Si par hasard vos élus continuent à se fournir chez des entreprises irresponsables, prévenez-les gentiment mais fermement qu’il n’y a pas de fatalité à le faire (articles 6 et 14) … et ajoutez que les prochaines échéances électorales devraient les pousser à une certaine exemplarité en matière de choix d’enrobé

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Le "Parisien" manipule l’opinion publique en faveur d’Eiffage …

Difficile d’invoquer la maladresse quand on voit s’accumuler dans un même article autant de preuves évidentes de manipulation de l’information. Au lieu de se borner à annoncer les faits (résultats d’une étude), ce journal prend clairement parti pour la préfecture et la société Eiffage tout en utilisant subtilement l’image photographique pour faire passer le message que les opposants ne sont pas des gens très sérieux. Quant aux déclarations que l’on a pu faire, elles sont tronquées et réduites aux points les plus anecdotiques.

Bon apétit, messieurs les journalistes !

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Réponse du Défenseur des Droits … 8 mois après

Il n’aura fallu que  … 8 mois au Défenseur des Droits pour instruire la demande du collectif T’AIR’EAU94 contre l’autorisation d’exploitation accordée à la société Eiffage par le préfet du Val-de-Marne (Cf. texte de la saisine de Mars 2012) . La réponse est malheureusement décevante puisque le Défenseur des Droits conclue à la clôture du dossier après avoir entendu les réponses du Préfet. Mais la démarche n’était pas non plus inutile car l’intervention du Défenseur des Droits a peut-être joué un rôle dans la publication des arrêtés complémentaires. Et le fait d’avoir eu recours à cette structure de médiation devrait renforcer la position des requérants en justice qui pourront faire état de cette démarche, au niveau national, mais aussi au niveau européen

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Côté odeur, ça devrait évoluer dans le bon sens. Mais le benzène et les pousssières ?

Sur
http://www.ville-bonneuil.fr/fileadmin/user_upload/_actualites/cadre_de_vie/eiffage/2012-07-lettre_du_prefet.pdf
il y a une lettre intéressante adressée par Monsieur le Préfet à Eiffage.
Mais le benzène et les poussières de type PM 10 par exemple, comment ça évolue ?

SGD

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les pollutions olfactives…Même si vous n’ êtes pas PDG d’ Eiffage !

Nous vous proposons un résumé succint de l’ ouvrage suivant :

Ceux qui veulent une précision peuvent l’ obtenir via le courriel taireau94@voila.fr

INTRODUCTION

Côté réglementation,

(code de l’ environnement , loi sur l’ air 31/12/1996 : pollution olfactive =  toute substance susceptible de provoquer des nuisances olfactives excessives/

loi du 19/07/1976 : installations classées pour l’ environnement (ICPE)

prescriptions sur les pollutions olfactives de l’ arrêté ministériel du 2/2/1998)

Il existe une jurisprudence (cf infra)

Depuis 1998 il existe des observatoires des odeurs dans des régions pilotes (PACA, Haute Normandie et Alsace) gérés par les DRIRE
TABLE DES MATIERES :

1) Définitions des pollutions olfactives /Origine des principaux polluants/Principaux secteurs producteurs de composés odorants/Quelques cas de jurisprudence

2)Réglementation en France et ailleurs

3)Etude des émissions et surveillance

4)Méthodes de réduction et traitement des émissions odorantes
PREMIERE PARTIE

Après avoir défini ce qu ‘est une odeur et un débit d’ odeur les auteurs soulignent l’ aspect subjectif de cette perception, liée à l’ histoire de l’ humain qui la perçoit (la madeleine de Proust), au lieu (une odeur de pot d’ échappement gênera beaucoup plus dans une prairie fleurie qu ‘au bord d’ une route de banlieue), aux capacités olfactives de celui qui respire , à la répétition éventuelle de la sensation désagréable, et à la rose des vents, en soulignant l’ importance des vents faibles qui balaient des miasmes stagnants. La loi de Stevens est citée, définissant pour une odeur : seuil de perception, saturation et variation.

Les ICPE soumises à autorisation (arrêté ministériel du 2/2/1998 ; le cas qui nous occupe)  après avoir établi une étude d’ impact analysant l’ état (odorant) initial du site décriront les effets directs et indirects envisageables dans le temps et les mesures envisagées pour supprimer, limiter ou compenser les nuisances ainsi que l’ estimation des dépenses nécessaires.

Le préfet peut fixer des prescriptions plus sévères que celles annoncées dans l’ arrêté

Le débit d’ odeur est défini comme le produit du débit d’ air par le facteur de dilution au seuil de perception  applicable à un effluent de manière à ce qu ‘il ne soit plus ressenti comme odorant par 50% des personnes constituant un échantillon de population . Il est exprimé en uoE/h.

La norme européenne EN 13725 a défini une unité d’ odeur européenne (uoE/m3)

Prescriptions complémentaires

Le TA de Bordeaux a édicté des prescriptions complémentaires à l’ arrêté préfectoral d’ autorisation pour une porcherie industrielle de 750 animaux jugement du 16/6/1992. Jugement confirmé en cour d’ appel.

La responsabilité de l’ Etat

Refus de faire cesser une xploitation de 40000 poulets alors que l’ autorisation concernait une exploitation de 6000 poulets. L’ Etat a été condamné à verser 400000francs aux requérants(CAA de Lyon 30/6/1994 M. Perez et Madame Vallot

Lacunes d’ une étude d’ impact

Conserverie de légumes qui prévoyait de traiter les eaux résiduelles polluées mais sans description de ce traitement du point de vue des odeurs produites. Sans mentionner l’ existence d’ habitations à moins de 300 mètres des bassins d’ épuration et ne prévoyait pas de mesures suffisantes pour compenser les nuisances olfactives . L’ étude d’ impact ne satisfaisait pas aux exigences des dispositions réglementaires ; l’ arrêté préfectoral a donc été jugé irrégulier et annulé. Les frais d’ expertise ont été à la charge pour la moitié de l’ Etat pour la moitié de la conserverie. 5000 francs ont été versés aux requérants par l’ Etat.

Différents types de décisions peuvent être prises par le juge portant sur

. le préjudice olfactif avec réparation (champignonnière TGI Blois 6/12/1984 ou CA Orléans 13/10/1987 la CUMA /Besson et autres)

. le mode de réparation (cour d’ appel : supprimer les odeurs avec confirmation en cour de cassation car la capacité d’ un élevage autorisé pour 20 bêtes était passé à 200)

. la nature de la nuisance (plainte d’ un maire /Procureur de la république "odeurs nauséabondes et persistantes ayant fortement ému la population "  gaz de la raffinerie de Petit Couronne .Tribunal de police de Rouen : infraction caractérisée)

DEUXIEME PARTIE LEGISLATION EN FRANCE

Différents textes sont utilisés

1 Règlement = textes réglementaires fixés par le Préfet ou le Maire (ex: règlement sanitaire départemental)

2 Lois =textes édictés par le Parlement

3 Code ={articles }, lois , partie législative et décrets ou arrêtés, partie réglementaire

Il y a 59 codes en France dont le code de l’ environnement (sept 2000) . La partie traitant des ICPE , numérotée L 512-2 fixe la composition de la commission départementale chargée des ICPE.

La composition est fixée par décret  en Conseil d’ Etat  : représentants de l’ Etat, collectivités locales, professions concernées, association de protection de l’ environnement, personnalités compétentes.
Causes de sanctions administratives pouvant être appliquées

. Si inobservation des conditions imposées , travaux non suffisants : suspension jusqu’ à réalisation des conditions imposées.

. Pas de dossier : fermeture ou suppression

. Identification de dangers ou inconvénients non connus au moment des autorisations : le Ministre chargé des installations classées peut décider la fermeture ou la suspension de l’ installation dangereuse.

Le dossier préalable à l’ autorisation d’ une ICPE doit comporter une étude d’ impact évaluant l’ état initial du site et les effets portant su re la commodité du voisinage.

Le Conseil départemental d’ hygiène a un avis déterminant avant la décision finale du Préfet.
L’ arrêté d’ autorisation peut contenir des prescriptions techniques et d’ exploitation destinées à prévenir , réduire ou supprimer les nuisances. Une mauvaise estimation des nuisances reste de la responsabilité du demandeur et donc ce dernier doit veiller à ne pas les sous-estimer.

TROISIEME PARTIE : ETUDE DES EMISSIONS A LA SOURCE

Quatre modes d’ évaluation :( précautions à appliquer non citées)

.évaluation de la gêne par un  pannel de riverains, des enquêteurs ou une collecte de plaintes de riverains. Evaluation sans norme

.analyse sensorielle

Avec norme NF EN 13725 /X43.103/X43-327 par prélèvement d’ échantillon ou analyse par un jury de nez

Sans norme si l’ on utilise le dispositif dit "champ des odeurs" qui consiste à faire identifier des types d’ odeurs dans un air qui en comporte un mélange par un groupe d’ humains ayant subi une formation afin d’ utiliser tous les mêmes mots avec la même signification associée.

.mesures physico-chimiques (pas de norme)

-analyse semi-continue (composés soufrés.chromatographie)

-analyse exhaustive après prélèvement global (chromatographie et spectroscopie de masse)

-analyse par famille après prélèvement spécifique

.nez électronique : système d’ alerte automatique couplé avec une intelligence artificielle

Les émissions devront être hiérarchisées et caractérisées selon leur type

. canalisé (ex : cheminée)

.surface importante (ex : décanteur, lagunes)

.sources d’ émissions diffuses (puisard)

.causée par une action brève dans le temps (purges, incident)

Elles devront être détaillées (lister tout ce qui est nauséabond)

Il faudra mesurer les concentrations afin de correctement les hiérarchiser

.en situation normale d’ exploitation (voir avec l’ exploitant)

.corréler les mesures avec les heures de démarrage et d’ arrêt du process odorant si il est discontinu.

Tout ceci avec pour but de fixer les paramètres à suivre et les protocoles d’ esssais.

On peut mesurer par des moyens physico-chimiques ({composés odorants à x microgramme par mètre cube}) ou olfactométriques en mesurant les seuils de dilution qui déclenchent la perception.

Il existe plusieurs normes NF (2 pour les gaz et 1 pour les poussières), plusieurs techniques (barbotage, adsorption, dilution dans une solution adaptée au gaz étudié, etc)

Une analyse peut être effectuée avant et après pose d’ un filtre.

ETUDE DE L’ ENVIRONNEMENT D’ UN SITE AVANT L’ INSTALLATION . ETAT DES LIEUX.

La modélisation de la dispersion atmosphérique des odeurs sera faite en tenant compte de la météo (vent et température) et de la topographie des lieux . En effet une zone "rugueuse", avec une forte résistance au vent, en créant des turbulences, peut  influencer les résultats.

Il existe trois modèles de dispersion atmosphérique des polluants (gaussien-terrain plat-, ou tridimentionnel eulérien -dénivelé important- ou tridimentionnel lagrangien-peu intéressant-. Cette modélisation devra soit évaluer l ‘impact soit permettre de dimensionner l ‘installation de manière à "régler" l ‘impact. La simulation est à faire par l’ exploitant qui se basera sur des installations existantes en utilisant les normes NF.

Pour ce qui est des méthodes non mormalisées, il faut rappeler qu’ à une émission (de substances odorantes) sera associée une immission (réaction des humains alentour) qui dépendra

-de l’ évolution du désagrément

-de la fréquence

-de l’ affect associé (crainte pour la santé ou la valeur vénale des biens, surtout  si l’ enquête publique a été  bâclée)

Les mesures effectuées conformément à la loi sur l’ air du 30/12/1996 peuvent mener à des évaluations différentes. Il faut donc se poser la question de savoir quelles sont les demandes et si possible y répondre (ex : étude des risques sanitaires) en utilisant

-des entretiens semi-directifs et une analyse des mots utilisés (résumé des thèmes et association des mots à chaque odeur)

-jury de riverains (cartographie de la gêne, évolution dans le temps, lien avec la météo ou les modes d’ exploitation)

-enquête chez les riverains pendant 48 h à leur domicile. L’ enquêteur devra utiliser un mode opératoire neutre. Et l’ échantillon devra être représentatif des différents ilôts.

-analyse des plaintes

On peut calculer des indices

-de nuisance odorante

-de gêne

-de confort olfactif

Le dispositif dit "champ des odeurs" correspond à une formation d’ un groupe afin que chacun mette derrière le même mot la même chose. Ces bénévoles, face aux odeurs feront des descriptions simultanées et régulières sur une période de 3 à 24 mois.

SURVEILLANCES DES EMISSIONS : LES NEZ ELECTRONIQUES

Des capteurs traduisant une interaction chimique "molécule odorante-capteur" en signaux électriques couplés à des traitements mathématiques (méthodes statistiques) permettent l ‘interprétation par des personnels non expérimentés. Il en existe de différents types, certains utilisant des solvants aromatiques (H2S, mercaptans: cellules électrochimiques) les COV nécessitent des détecteurs à photo-ionisation ; certains dérivés benzéniques peuvent être surveillés par des dispositifs utilisant des capteurs à base de quartz piézo électriques.

METHODES DE REDUCTION des nuisances

ET DE TRAITEMENT DES EMISSIONS ODORANTES

.prévention : pas de formation des molécules odorantes (peut être associé à :

.curation : traitement des émissions odorantes avec ou non confinement des sources

Différents traitements sont possibles :

-oxydation par chauffage/voie biologique (lagunage)

c’ est applicable aux COV mais ça produit éventuellement des oxydes d’ azote plus odorants que le produit de départ

-adsorption sur charbon  ou gel de silice, alumine

-absorption dans un liquide refroidi  : lavage eau, réaction acide-base, solvants lourds (hydrocarbures aliphatiques).

dispositif "aireco" condensation et libération d’ air débarrassé de 80% des H2S et 70 % des méthylmercaptans.

DANS L’ AVENIR

La photocatalyse hétérogène /semi-conducteur produisant à l’ aide d’ UV une émission d’ électrons en détruisant les polluants adsorbés sur leur surface conviendra pour surveiller les émissions de benzène.

Le plasma froid sera adapté aux COV et composés odorants.

REDUCTION DES NUISANCES PAR MASQUANTS ET NEUTRALISANTS

Ca masque mais ne détruit pas en fabriquant éventuellement des produits toxiques que le nez humain ne percevra plus (ça ne sera pas forcément une amélioration….) avec une pollution de l’ eau possible.

Sylvie GRASLAND-DESLOT

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Place de Molènes morte : BMSE rassemble 200 manifestants contre l’usine Eiffage

L’opération "Place de Molènes morte" organisée par la nouvelle association Boucle de la Marne Santé Environnement (http://www.bmse.fr/) a rassemblé  200 participants selon le "Parisien". Revue des principales images ou informations disponibles sur le web.

Compte rendu du "Parisien" du 7 Octobre 2012 (cliquer ici)

Près de deux cents personnes étaient présentes, hier matin, au « dying » organisé place des Molènes, à Saint-Maur. Cette manifestation, organisée par l’association Boucle de la Marne Santé-Environnement, était destinée à attirer l’attention sur les « fumées toxiques » dégagées, selon les manifestants, par l’usine Eiffage de Bonneuil. Les participants se sont couchés au sol, tout de noir vêtus. Certains arboraient une croix blanche dans le dos ou un masque à gaz.

(c) Le Parisien

Compte rendu de 94.Citoyens (Cliquer ici)

"Dying public et nouvelle association pour lutter contre l’usine de bitume

Publié le 6 octobre 2012 par C.Dubois           

 Entre 150 et 200 habitants habillés de noir se sont allongés sur la place des Molènes de Saint Maur des fossés ce samedi matin pour protester contre la pollution dégagée par la nouvelle usine de bitume et gravillons Eiffage du port de Bonneuil, supportés par quelques élus de la ville. Une action symbolique destinée à relancer la mobilisation sur un dossier qui promet d’être long.

Retour sur une mobilisation de plusieurs mois

 Après le lancement début 2012 d’une pétition qui a recueilli à ce jour près de 10 000 signatures, et de deux recours au tribunal administratif contre l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploiter de l’usine, déposés respectivement par un collectif d’habitants et par la mairie, les lignes ont peu bougé.

 Les recours en référé suspension (il s’agit de recours d’urgence en attendant le jugement sur le fond, qui peuvent faire suspendre l’activité de l’usine en attendant le jugement, uniquement si le caractère d’urgence est reconnu) ont été rejetés en début d’été et la mairie de Saint Maur a décidé de se pourvoir en cassation. Les recours sur le fond suivent leur cours mais il s’agit de procédures très longues qui prennent souvent plusieurs années.

 En parallèle, le préfet du Val de Marne, Pierre Dartout, a ordonné courant juillet au groupe Eiffage de procéder à la surveillance des émissions olfactives de l’usine en faisant appel à un organisme indépendant pour les mesures. (voir article) Cet audit devant éventuellement donner lieu à un plan d’actions correctives. « Ces études ont été réalisées et doivent être communiquées au public mais nous rencontrons systématiquement des difficultés à obtenir les documents« , indique Stéphane Hélière, mandataire des requérants dans le cadre de l’action en justice engagée contre l’autorisation d’exploiter.

 Création d’une association pour porter la mobilisation

 Afin de prolonger la mobilisation des habitants sur le long terme, un certain nombre de membres du collectif ont décidé de se structurer en association afin d’être plus précisément identifiable par l’ensemble des protagonistes et aussi pour rationaliser le processus de décision. Une évolution qui s’inscrit sur fond  de désaccord dans la manière d’agir entre certains membres du collectif Tair’Eau 94 à l’origine de la mobilisation. Cette nouvelle association, baptisée BMSE, Boucle de la Marne Santé Environnement, devrait se constituer dans le courant du mois d’octobre.

 Rappel du conflit

 Depuis le début de l’été,  une usine de bitume et gravillons de la société Eiffage Travaux Public, installée sur le port de Bonneuil à quelques distances d’une autre usine de bitume exploitée par la SPME depuis de longues années, dégage des fumées qui incommodent des habitants du secteur. Ces derniers se plaignent également de nuisances sonores. La mobilisation des riverains avait néanmoins démarré dès avant la mise en service de l’usine. Ces derniers s’inquiétaient du carburant utilisé dans la fabrication des asphaltes et du bitume  : la lignite, un charbon polluant qui libère deux fois plus de CO2 que le gaz, mais aussi des poussières,  du NO2 (dioxyde d’Azote) et du SO2 (dioxyde de soufre), à l’origine de pluies acides. C’est dans ce contexte qu’un collectif d’habitants ainsi que la mairie de Saint Maur des Fossés ont déposé un recours en justice contre l’autorisation préfectorale de fonctionnement de l’usine accordée par la préfecture. L’usine avait en effet besoin d’une autorisation car elle fait partie des ICPE (Installations classées pour la protection de l’environnement).

 De leur côté, les défenseurs de l’usine (Eiffage, préfecture) rappellent que toutes les normes ont été respectées pour disposer de l’arrêté préfectoral et qu’il n’y a donc pas de raison de le remettre en question. Ils défendent également l’intérêt économique du projet.

(c) C. Dubois, 94.Citoyens

Video postée sur Youtube par "DanyWarny" pour l’association BMSE (cliquer ici)

Le Parisien, Edition Val de Marne, 8 Octobre 2012

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Proposition d’action : Une pétition pour aligner les normes environnementales du port de Bonneuil sur celles de Gennevilliers

Lors de la dernière réunion en préfecture, le préfet du Val de Marne Pierre Dartout nous avait glissé en fin d’entretien une phrase sibylline indiquant qu’au delà du cas de l’usine Eiffage, il vaudrait la peine pour les membres du collectif T’AIR-EAU94 de se renseigner sur la comparaison des normes environnementales du Port Autonome de Bonneuil et de celui de Gennevilliers.  Nous avons suivi ce conseil et il semblerait bien que, sans nous distraire de l’objectif immédiat qui est la fermeture de l’usine Eiffage, la piste mérite d’être creusée. Elle pourrait d’ailleurs fournir des arguments décisifs aux requérants engagés dans l’action en justice, car elle montre qu’une implantation nouvelle du type Eiffage n’aurait certainement pas pu voir le jour à Gennevilliers. Or, n’y-a-t-il pas aujourd’hui un ministère de l’égalité des territoires ?

A) Une différence évidente : l’absence de capteur AIRPARIF dans le Port de Bonneuil

Nous avons signalé depuis longtemps l’anomalie évidente que constitue l’absence de capteur permanent AIRPARIF dans le Port Autonome de Bonneuil, alors qu’il en existe un dans le Port de Gennevilliers. La localisation des capteurs AIRPARIF obéit certes à des règles d’implantation théoriquement autonome, mais il ne fait aucun doute qu’une pression politique et citoyenne suffisante permettrait d’obtenir l’ajout d’un nouveau capteur au coeur même du Port de Bonneuil, ne serait-ce que parce que c’est l’une des principales concentration industrielle de polluants de l’agglomération parisienne et que le réseau AIRPARIF a vocation à surveiller tout particulièrement es sites.

Attention, il faut être précis dans la revendication car les capteurs AIRPARIF ne mesurent pas systématiquement tous les polluants. Il faudra en particulier s’assurer qu’un capteur installé dans le Port de Bonneuil mesurerait au minimum les dérivés benzéniques (HAP) et les particules (PM10, PM2.5)  car ce sont les principaux composés à risque émis par l’usine Eiffage. Mais il serait également utile de mesurer les autres polluants issus du trafic routier (NO2, Ozone), surtout au vu du projet de mise en place d’une branche autoroutière prolongeant la RN406.

Obtenir l’installation d’un capteur permanent à demeure serait une assurance à long terme contre la pollution aérienne pour les habitants des communes riveraines. Car même si Eiffage remportait le procès, il serait contraint d’arrêter ses activités chaque fois que des dépassements trop fréquents des seuils de pollution seraient constatés. Et ceci vaudrait également pour l’autre centrale d’enrobés (SPME) et plus généralement les activités génératrices de pollution. Enfin et surtout, ne perdons pas de vue qu’il y a encore beaucoup de terrains disponibles autour de la centrale Eiffage et que le plan d’occupation du Port de Bonneuil indique une vocation de type "BTP" qui laisse augurer l’ouverture possible de cimenteries ou usines de granulats, génératrices de poussières …

B) Une différence de fond : la mise en place d’un Schéma d’Orientation et de Développement Durable du Port de Gennevilliers

Même si l’installation d’un capteur AIRPARIF dans le Port de Bonneuil est un objectif mobilisateur, il faut souligner que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg des différences qui séparent le Port de Bonneuil et celui de Gennevilliers. La différence beaucoup plus fondamentale réside dans le lancement d’un processus de certification ISO 14001 (haute qualité environnementale) des Ports de Paris. Or, ce processus de certification s’appuie sur une opération pilote qui est menée depuis 2011 à Gennevilliers et constitue, pour l’exprimer simplement, en un audit généralisée de l’environnement de l’ensemble de l’activité du Port en relation avec son environnement local. Soit exactement ce que nous réclamons pour le Port de Bonneuil !

Certains doivent évidemment commencer à sourire en se demandant ce que cette obscure norme ISO 14001 peut bien avoir à faire avec le combat mené par les riverains et les requérants contre l’usine Eiffage. Eh bien, ils devraient prendre le temps de consulter comme nous l’avons fait le Schéma d’Orientation et de Développement Durable du Port de Gennevilliers qui a été présenté le 11 avril 2012 par l’Agence de Gennevilliers – Ports de Paris.

Ce document est une véritable mine d’information sur tout ce qui doit être mis en oeuvre pour assurer le développement durable d’un port fluvial à l’intérieur d’une grande agglomération. Et il montre a contrario comment l’aménagement actuel du Port de Bonneuil et l’implantation de l’usine Eiffage vont exactement en sens contraire des actions menées à Gennevilliers. Un exemple, parmi beaucoup d’autres : la réflexion menée à Gennevilliers sur la localisation des activités les plus polluantes au centre du Port et non pas en périphérie à proximité des habitations :

Etonnant, non ? Si on avait appliqué les principes décrits pour le Port de Gennevilliers, il n’aurait jamais pu être question d’implanter une centrale d’enrobés sur l’emplacement occupé par Eiffage dans le Port de Bonneuil. On se trouve en effet au plus proche des habitations dans une zone qui devrait être au contraire occupée par des activités non polluantes,  des embellissements et des réserves de biodiversité. Là encore, je n’invente rien : vous trouvez dans le projet du Port de Gennevilliers un zonage très précis qui prend en compte les zones tampons proches des riverains et les réserves naturelles :

C) Vers une nouvelle pétition ? une nouvelle association ?

Nous savons d’expérience que le lancement d’une pétition est une action lourde … qui doit être portée sur la durée par des militants très motivés. Au vu des difficultés rencontrés dans le collectif t’AIR-EAU94, il faudrait sans nul doute constituer une association pour porter sur la durée un projet visant à aligner les normes environnementales du Port de Bonneuil sur celles de Gennevilliers. Cette association devrait nécessairement regrouper des militants de l’ensemble des communes riveraines du Port (Sucy, Bonneuil Saint-Maur) et même au delà (Créteil, Boissy, Ormesson, Chennevières, Champigny, …). Elle ne devrait pas se limiter au problème de l’usine Eiffage, même si  celui-ci constituera une cible naturelle d’action.

Alors … si vous êtes intéressés parce double projet de pétition/association, laissez un message sur le blog. Et si nous sommes assez nombreux, eh! bien peut-être cela vaudra-t-il la peine de repartir pour de nouvelles aventures ?

Sylvie GRASLAND-DESLOT & Claude GRASLAND

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Appel à la mobilisation de BMSE : "Place de Molènes Morte", 6 Octobre 2012, 11h

La nouvelle association Boucle de la Marne Santé Environnement (http://www.bmse.fr/) appelle à une mobilisation contre la centrale Eiffage le 6 Octobre à 11h, place des Molènes à Saint-Maur-des-Fossés. Vous trouverez ci-dessous la version originale (récupérée sur le site de BMSE) du tract qui était distribué ce matin par des militants à la gare de Sucy-en-Brie. Venez nombreux !

Claude GRASLAND

P.S.1 Ayant été radié de la liste des requérants, je ne suis pas informé des actions de l’association BMSE et je conseille aux lecteurs de ce blog de visiter régulièrement le nouveau site web de cette association (http://www.bmse.fr/ ) pour être tenu en temps réel au courant des actions.

P.S.2 Puis-je me permettre de suggérer aux membres de l’association BMSE de ne pas cantonner leur action à l’intérieur de la boucle de la Marne et d’organiser des manifestations contre Eiffage  également sur Sucy ou Bonneuil ?

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BILAN FINAL DE LA PETITION: 9400 signataires dont plus de 5000 riverains

Nous publions aujourd’hui pour la dernière fois les résultats de la pétition lancée en janvier 2012 par le collectif T’AIR-EAU94. Le texte de la pétition est en effet aujourd’hui obsolète puisque l’usine Eiffage a commencé à fonctionner et que le référé a été rejeté. Il n’en demeure pas mois intéressant de faire le bilan définitif de cette pétition pour la verser comme argumentaire au dossier commun de tous les opposants à la centrale Eiffage.

A. Les 1400 dernières signatures

L’ouverture de l’usine Eiffage aurait dû entraîner l’arrêt immédiat de la pétition, dans la mesure où celle-ci portait sur l’arrêt de la construction de l’usine Eiffage. Mais il y a eu encore plus d’un millier de signataire qui ont utilisé la pétition comme moyen d’exprimer leur désaccord. Il s’agit pour la moitié  d’entre-eux de riverains de Saint-Maur, Sucy et Bonneuil qui ont continué à collecter des signatures papier. Mais on trouve également une autre moitié d’habitants du Val de Marne et du reste de la France qui ont apporté leur soutien en utilisant plutôt les pétitions électroniques. Au final, même si le seuil symbolique des 10000 signatures n’a pas été franchi, on retiendra surtout l’extraordinaire mobilisation des trois communes riveraines qui totalisent plus de 5000 signatures !

B. L’histoire de la pétition et du collectif T’Air-Eau94 de janvier à septembre 2012

Le diagramme ci-dessus montre l’histoire de la collecte des signature contre l’usine Eiffage depuis le début de l’année 2012. Il offre un raccourci saisissant de l’histoire du Collectif T’AIR-EAU94 et, plus généralement, de la diffusion de la mobilisation contre l’usine Eiffage:

  • En Janvier-février, le mouvement de mobilisation part en flèche sur Sucy-en-Brie qui demeure nettement majoritaire en termes de signature. Mais la mairie de cette commune fait obstacle à la mobilisation par tous les moyens, notamment en refusant de fournir une salle de réunion.
  • En Mars-Avril, le relais est pris par Saint-Maur-des-Fossés où le groupe militant de l’école des Mûriers réussi progressivement à toucher l’ensemble de la ville. Cette fois-ci le mouvement est soutenu par la mairie qui offre une salle et tente au passage de récupérer le mouvement à son profit. Très rapidement les signatures de Saint-Maur dépassent celles de Sucy et le mouvement des requérants en justice se met en place sur cette commune.
  • En Mai-Juin, le mouvement s diffuse un peu vers les communes voisines mais aussi et surtout vers le Val-de-Marne et le reste de la France, grâce à la mise en place de la pétition cyberacteurs. La grande manifestation unitaire  contribue à populariser le mouvement dans la presse et les médias.
  • En Juillet-Septembre, les signatures s’arrêtent progressivement en raison des grandes vacances mais surtout de l’ouverture officielle de l’usine qui rend désormais vain l’objet de la pétition. Le mouvement de mobilisation issu du collectif T’AIR-EAU94 se divise en deux branches poursuivant le même objectif de fermeture de l’usine Eiffage mais avec des moyens différents.

C) Un réseau de citoyen à mobiliser pour les actions futures ?

Malgré les différences d’options qui sont apparues à partir du mois de juin entre les militants, la pétition T’AIR-EAU94 est le bien commun de tous les militants qui ont contribué à la diffuser et la faire signer au fil des mois. Elle n’est la propriété de personne si ce n’est des 9400 signataires qui se sont engagés et c’est à eux seul de décider de l’usage qui pourra en être fait :

  • pour soutenir l’action du Défenseur des droits : nous allons transmettre la totalité des signatures à ce dernier pour appuyer la demande d’intervention auprès du préfet.
  • pour soutenir l’action des requérants en justice : nous allons également remettre aux avocats l’ensemble des pièces disponibles, y compris les documents originaux si cela est utile.
  • pour faciliter la naissance d’une ou plusieurs associations : chacune pouvant utiliser les listes de noms présentes dans les diverses pétitions pour contacter les personnes qui se sont reconnues dans la lutte contre l’usine Eiffage.
  • pour préparer de nouvelles pétitions : qu’elles portent sur la seule demande de fermeture de l’usine Eiffage ou plus généralement sur la qualité de l’environnement aux alentours du Port de Bonneuil (e.g. demande de l’installation d’un capteur AIRPARIF dans le Port), les futures pétitions seront d’autant plus efficaces et rapide à mettre en oeuvre qu’elles pourront s’appuyer sur le réseau constitué.

Bref, c’est désormais à tous les "enfants du collectif" de faire fructifier l’héritage de cette pétition qui a été un événement citoyen exceptionnel et qui constitue le germe de combats futurs pour la qualité de la Terre, l’Air et l’Eau dans le Val de Marne !

 

Claude GRASLAND

Membre fondateur du Collectif T’AIR-EAU94 et 1er signataire de la pétition.

 

 

Annexe : Ensemble des fichiers de signature de la pétition.

1. Pétitions électroniques (4998 signatures en deux fichiers XLS)

CyberActeur (2786 signatures classées par département)

Petition Publique (2212 signatures classées par code postal)

2. Pétitions papier (4390 signatures sur 325 pages réparties en fichiers PDF)

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petition_38_60 (ATTENTION : ce fichier a été scanné par erreur en très haute résolution et fait 11 Mo au lieu de 1 à 2 Mo pour les autres)

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AVIS AUX LECTEURS : Ce blog ne reflète pas nécessairement l’opinion des requérants en justice contre l’usine Eiffage

Comme tout collectif, T’AIR-EAU94 a rassemblé des personnes mobilisées par un objectif commun , mais ayant par ailleurs des opinions diverses. Faute de s’être structuré jusqu’ici en association et de disposer de statuts permettant de réguler la prise de décision, nous nous trouvons aujourd’hui obligé de prendre acte d’un désaccord manifeste entre les fondateurs historiques du mouvement, d’une part, les porteurs de l’action en justice, d’autre part. ll est indispensable d’en informer les lecteurs du blog afin qu’il n’y ait pas de malentendu sur le statut des articles ou des commentaires publiés.

Autonomie de l’action juridique des requérants par rapport au blog et au collectif T’AIR-EAU94

En tant que mandataire des requérants, Stéphane Hélière déclare qu’il informe régulièrement avec Sonia Zamai les riverains requérants de toutes les implications de la procédure juridique et de l’évolution du dossier. Il indique également qu’il travaille en concertation régulière avec les requérants les plus impliqués dans le dossier, notamment ceux qui ont donné de leur temps pour assurer la surveillance de l’usine cet été. Mais ils refusent de diffuser ces informations sur le blog car ils estiment que le présent blog peut nuire à l’action en cours en publiant des informations qui doivent rester confidentielles. Il considère également que certains articles du responsable principal du blog nuisent à l’action juridique par exemple celui relatif à l’aménagement de la RN 406, article utilisé par les parties adverses lors de l’audience devant le Tribunal administratif de Melun. En outre, ces informations relèvent selon lui d’un avis personnel et non pas d’une position commune du collectif. De ce fait, il a informé l’auteur du blog, Claude Grasland, qu’il ne recevrait pas d’information sur la procédure car il ne fait pas partie de la liste des requérants (son dossier, comme celui d’autres riverains, est arrivé au moment où la liste était close par l’avocate pour des raisons pratiques) mais ne pourrait pas non plus être enregistré comme financeur de l’action juridique (ce qui est le cas des autres requérants dont le chèque est arrivé tardivement). Ce dernier refus est une décision personnelle du mandataire, qui a estimé que les conditions d’une confiance réciproque n’étaient plus réunies pour engager sa responsabilité personnelle de mandataire financier en encaissant ce chèque.

Le  blog comme outil de mobilisation et d’information des citoyens se reconnaissant dans le  collectif T’AIR-EAU94

En tant que responsable du blog depuis le lancement du mouvement en janvier 2012, Claude Grasland reconnaît bien volontiers que le blog n’a aucun statut officiel, ni par rapport aux requérants, ni même par rapport au collectif T’AIR-EAU94 puisque ce dernier ne s’est jamais doté de statut officiel puisque cela aurait signifié sa transformation en association. La rubrique "Qui sommes nous" du blog est une simple liste de personnes ou d’associations et de partis politiques ayant déclaré se reconnaître dans l’action du collectif mais elle ne définit pas un périmètre précis et se résume, pour ce qui est des personnes tout au moins, à la liste des militants les plus actifs dans la collecte des pétitions, les travaux d’expertises ou l’organisation de manifestations. Il est par ailleurs certain que le responsable du blog a publié sous sa responsabilité propre plusieurs articles qui sont non seulement des expertises de la situation (contre-enquête) mais aussi des avis personnels. Mais il a toujours également encouragé et publié les articles de prise de position  (autres membres du collectif, partis politiques, élus …) et plus généralement validé les commentaires reçus, dès lors qu’ils respectaient  les règles de courtoisie où n’émanaient  pas visiblement de spécialistes de désinformation stipendiés par Eiffage.

Quel avenir pour le collectif T’AIR-EAU94 ?

Le fait que le mandataire des requérants ne reconnaisse plus le blog signifie que le collectif T’AIR-EAU94 ne peut plus fonctionner dans l’esprit antérieur de mobilisation citoyenne et devra désormais se doter d’une forme juridique précise, à l’instar du groupe des requérants. Peut-être cela implique-t-il la fondation d’une association car il serait difficile de construire un règlement intérieur dans le cadre d’un collectif dont la liste des membres ou sympathisants est par définition impossible à fixer (doit on considérer que les 8000 signataires de la pétition sont tous des membres virtuels ?).  Si une telle association doit voir le jour à la rentrée, elle devra en tous les cas s’interroger sur son objet et on peut supposer qu’au moins deux points de vue seront défendus :

  • Le choix d’un objet limité à la défense des intérêts des riverains contre une installation précise : c’est-à-dire concrètement un regroupement visant la seule fermeture de l’usine Eiffage, ce qui est en phase avec l’action juridique en cours.
  • Le choix d’un objet plus large portant sur le développement durable du Port de Bonneuil et des communes voisines : c’est-à-dire visant non seulement la fermeture de l’usine Eiffage mais aussi l’amélioration générale de la qualité de la terre, l’air et l’eau dans la zone comprise entre les trois communes de Sucy, Bonneuil et Saint-Maur. C’est plutôt l’approche défendue par les fondateurs initiaux du collectif et la ligne éditoriale du blog.

Chacun des points de vue est respectable mais il semble difficile de lier les deux au sein d’une même association. Il faudra donc profiter de la rentrée prochaine pour clarifier les positions des uns et des autres.

Eiffage et la préfecture doivent-ils se réjouir d’une apparente division du mouvement ?

Ils auraient certainement tort car, de l’avis de beaucoup de membres du collectif, ces deux approches sont complémentaires plutôt que contradictoires. D’un côté l’action juridique contre l’usine Eiffage sera peut-être plus efficace si elle peut mener une action très ciblée et officiellement déconnectée des informations publiées sur le blog du collectif (cette mise au point vise précisément à faciliter le travail des juristes en affirmant que le blog ne reflète pas nécessairement  l’avis des requérants). D’un autre côté, les partisans de l’action citoyenne pourront continuer à argumenter dans un cadre plus large, par exemple en montrant les effets indirects de l’usine Eiffage sous la forme d’ajouts d’autoroutes, de cumuls de pollution contradictoires avec les directives européennes, de demande d’installation d’un capteur AIRPARIF permanent dans le Port de Bonneuil, … Bref, multiplier les formes d’action en clarifiant les responsabilités devrait rendre nos combats futurs plus efficaces.

Claude GRASLAND

Fondateur et responsable du blog  avec Sylvie GRASLAND-DESLOT

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Rejet du recours en référés: ne baissons pas les bras !

Nous apprenons par un communiqué de la mairie de Saint-Maur-des-Fossés que les recours en référés ont été rejetés par le tribunal administratif de Melun le 30 Juillet 2012. La mairie de Saint-Maur a décidé de se pourvoir en cassation et rappelle que le rejet du référé de préjuge pas du jugement sur le fonds qui sera rendu ultérieurement.

En tout état de cause, il faut maintenir la mobilisation et continuer à dénoncer les nuisances olfactives ressenties.  Mais il faut également  poursuivre le travail de contre-expertise sur l’ensemble des aspects du dossier et pas simplement sur la question des odeurs. Rappelons que la France a été condamnée à deux reprises au niveau européen pour non-respect des directives sur la pollution aérienne et sur les installations classées. Courage ! et rendez-vous dès la rentrée pour relancer la mobilisation et toutes  les actions légales permettant de mettre un terme au déni de justice qu’a représenté cette installation sans consultation du public concerné et sans étude d’impact sérieuse.

Usine Eiffage : communiqué de la mairie de Saint Maur

http://www.saint-maur.com/Usine-Eiffage-communique-de-presse
La Ville prend acte du rejet du recours en référé déposé le 1er juin, demandant la suspension de l’activité de l’usine d’enrobés Eiffage.
Elle regrette profondément cette décision car cela signifie que les nuisances insupportables pour les riverains vont continuer. La Ville ne compte pas en rester là. Elle va se pourvoir en Cassation contre ce jugement et maintient par ailleurs son recours sur le fond.
Henri Plagnol, Député-Maire, rappelle sa demande qu’un audit global de l’impact sur l’environnement des usines situées dans la zone du port de Bonneuil soit réalisé et son souhait que l’Etat, ainsi que le Préfet du Val-de-Marne l’a évoqué à plusieurs reprises, prenne les mesures nécessaires pour déterminer l’origine de ces odeurs. »
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Enquête préfectorale sur les odeurs de l’usine Eiffage …

 

Alors que le résultat du jugement est toujours inconnu, on apprend par une dépêche AFP que la préfecture du Val-de-Marne lance une campagne de mesure des odeurs dégagés par la centrale d’enrobage Eiffage (cf. ci dessous). Faut-il y voir un geste de bonne volonté suite aux plaintes des riverains ? Ou une simple mesure tactique destinée à amadouer la justice sans traiter le problème de fonds qui concerne les risques sanitaires induits par la centrale. Qu’on ne s’y trompe pas, les fumées ou odeur ne sont que la partie la plus visible de l’iceberg constitue par l’implantation d’une installation génératrice de polluants dangereux à proximité d’écoles et de maisons de retraites.

Le préfet du Val-de-Marne ordonne une expertise sur une usine de bitume critiquée

CRETEIL – La préfecture du Val-de-Marne a annoncé mardi avoir ordonné au groupe de BTP Eiffage de procéder à une mesure des odeurs dégagées par une nouvelle centrale d’enrobage de bitume dans le port de Bonneuil-sur-Marne, dont les riverains dénoncent l’impact.

Dans un arrêté pris lundi, le préfet impose à l’exploitation une surveillance des émissions olfactives comportant une campagne de mesures par un organisme indépendant, ainsi qu’une modélisation de l’impact olfactif en relation avec l’environnement du site, à réaliser pour le 31 août 2012, indique la préfecture dans un communiqué.

Les résultats de ces mesures et de la modélisation, assortis éventuellement d’un plan d’actions correctives en vue du traitement des odeurs, seront portés à la connaissance du public, est-il ajouté.

Environ 500 personnes avaient manifesté en juin contre l’ouverture de l’usine, dénonçant des odeurs de bitume et de soufre dans les maisons les plus proches. Selon le collectif des riverains, 52.000 habitants vivent dans un rayon de 2 kilomètres, sur six communes.

(©AFP / 24 juillet 2012 23h17)

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Essai de cartographie de la localisation des centrales d’enrobage en France

Lors de la dernière réunion en préfecture, nous avons demandé aux représentants du groupe Eiffage de nous fournir la liste des 170 postes d’enrobages de leur société en France, ainsi que celle de leurs concurrents. Nous souhaiterions en effet établir une carte de localisation des centrales d’enrobage en France afin de mieux comprendre leurs logiques de localisation et de juger du caractère banal ou exceptionnel de celle de Bonneuil-sur-Marne. Malheureusement, la société Eiffage ne semble pas disposée à répondre à cette demande simple et nous allons de ce fait essayer d’établir nous même la carte avec l’aide des lecteurs du blogs.

Si vous voulez nous aider, merci d’avance de poster un commentaire signalant celles que vous connaissez ou que vous avez pu trouver sur le web, en précisant :

  • Nom exact de la société :
  • Adresse précise :
  • Groupe de rattachement  (Eiffage, Bouygues, Vinci, indépendant, …)
  • Nombre de salariés (si possible) :
  • Population localisée à moins de 2 kilomètres (si possible) :
  • Autres renseignements :

Les nouvelles centrales seront ajoutées régulièrement après vérification et nous espérons à terme pouvoir analyser les logiques de localisation de ce type d’entreprise, ainsi que les formes de concurrences ou de collaboration entre les trois principales sociétés de travaux publics.

Claude Grasland

membre du collectif T’AIR-EAU 94

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Petite leçon de statistique à l’usage des enfûmeurs …

La société Eiffage se croit très maline parce qu’elle a fait semblant de faire tourner l’usine une journée (avec des fumigènes) et obtenu deux témoignages de riverains déclarant ressentir des nuisances. Ce serait selon elle la preuve que la perception des nuisances est totalement infondée. Or, elle a peut-être sans le savoir démontré exactement le contraire !

1. Rappel des faits

Comme l’explique très bien le compte-rendu de l’affaire dans le Parisien, Eiffage a voulu se livrer à une expérience visant à démontrer la non-fiabilité des témoignages de riverain.

Télécharger l’article du Parisien  au format PDF

Les membres du  collectif T’AIR-EAU94 responsables de l’action juridique ont protesté à juste titre et publié un communiqué de presse repris partiellement par le Parisien mais que nous proposons ci-dessous en version complète :

Télécharger le communiqué de presse au format PDF

 

2. Un petit problème de statistique probabiliste

Eiffage se réjouit d’avoir trouvé deux témoignages de riverains pendant la journée où il a fait semblant de faire tourner l’usine, mais il oublie de préciser que ce sont pas moins de 60 à 100 témoignages qui ont été validés comme correspondant aux moments de fonctionnement de l’usine, de l’aveu même des services de la préfecture. On peut dès lors se demander si la  faiblesse des témoignages erronés n’est pas la preuve la plus éclatante des nuisances produites par l’usine.

Considérons en effet que 62 riverains ont mentionné des nuisances au moment où l’usine Eiffage fonctionnait et que 2 riverains ont ressenti à tord des nuisances à un moment où elle ne fonctionnait pas . Quelle est la probabilité de se tromper en affirmant qu’il y a une relation statistique significative entre les émissions de l’usine Eiffage et les témoignages de riverains ?

Plusieurs solutions statistiques sont possibles (et nous invitons les lecteurs du blog à les développer dans les commentaires) mais la plus simple est de faire l’hypothèse d’une loi binomiale où les riverains ont une chance sur deux de se tromper dans leur témoignage. Dans ce cas, le fait que l’on trouve 62 témoignages corrects sur 64 peut-il être considéré comme l’effet du hasard ? Pour bien comprendre le problème il faut imaginer une personne qui joue à pile ou face et qui à l’issue de 64 épreuves obtient 62 fois piles et 2 fois face… Le graphique ci-dessus donne la probabilité d’obtenir un certain nombre de témoignage erronés de la part des riverains :

Exemple de lecture : si 32 témoignages sur 64 étaient faux, alors il y aurait une chance sur deux pour qu’Eiffage ait raison de considérer qu’il n’y a pas de relation entre les émissions de l’usine et les témoignages des riverains. Et bien évidemment, si 64 témoignages étaient erronés il y aurait 100% de chance pour qu’Eiffage ait raison.

Zoom sur le  coin inférieur gauche du graphique : on peut voir que jusqu’à concurrence de 7 témoignages erronés sur 64, il y a une chance sur un milliard pour qu’Eiffage ait raison de considérer que les témoignages des riverains sont invalides.

Sachant qu’il n’y a eu selon Eiffage que 2 cas erronés alors qu’on en compte plus de 60 concordants,  l’hypothèse que les témoignages des riverains sont le fait du hasard est totalement rejetée. Il n’y a en effet qu’une chance sur plusieurs milliards de milliards que les témoignages des riverains soient l’effet du hasard (très exactement 0,000000000000000113 !)

On notera que même s’il y avait eu 10 ou 20  témoignages erronés sur 64, on aurait encore pu rejeter avec une confortable marge d’erreur l’hypothèse de non-concrodance des témoignages de riverains avec le fonctionnement de l’usine. Les ingénieurs d’Eiffage étant certainement pour beaucoup d’entre eux centralien ou polytechniciens, ils devraient se sentir profondément humilié de voir leurs avocats recourir à des arguments aussi absurdes sur le plan statistique. Et il vaudrait la peine lors des prochaines audiences de les questionner sur leurs connaissances en statistiques !

3. Et encore ne mentionnons nous pas l’hypothèse d’une tricherie supplémentaire …

… qui aurait consisté pour Eiffage à faire constater par huissier que son usine n’émettait que des fumées inodores, tout en s’assurant dans le même temps que des odeurs circuleraient ce jour là. Il n’est en effet guère difficile de s’entendre avec un concurrent et néanmoins ami pour que ce jour là des odeurs de bitumes plus fortes que d’habitude soit émises (il existe de nombreux procès pour entente illégale entre les principales sociétés productrices d’enrobés). Et on peut aussi bien imaginer brûler quelques pneus dans la friche du bec de canard, située à deux pas de l’usine …

Lorsqu’une société est prête à recourir à des supercheries du type de celle utilisée par Eiffage, on peut la soupçonner de ne reculer devant aucun moyen de ce type …

Mais quoiqu’il en soit, il faut finalement plutôt se réjouir de cette action stupide qui démontre statistiquement la validité certaine des témoignages de riverains !

Claude GRASLAND

Membre du Collectif T’AIR-EAU 94

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Le prolongement de la RN406 : un dossier de concertation très instructif …

Nous devons une explication aux lecteurs de ce blog qui s’interrogent sur le silence du collectif T’AIR-EAU94 depuis la grande manifestation du 2 juin. La principale raison de notre discrétion est le début imminent du procès au tribunal administratif qui impose une certaine prudence pour ne pas donner prise à la partie adverse et augmenter les chances de succès. Pour autant, il ne faut pas s’arrêter dans le travail d’information des citoyens et tâcher de garder toujours une longueur d’avance dans l’analyse des dossiers relatifs non seulement à l’usine Eiffage mais aussi, plus généralement, à l’aménagement du Port de Bonneuil. A cet égard, il vaut la peine de lancer un appel à l’ensemble de nos lecteurs pour s’intéresser de très près au prolongement de la RN406, ne serait-ce que parce que cette infrastructure est très directement liée au fonctionnement de l’usine Eiffage.

1°) Un document du plus haut intérêt pour les habitants des communes riveraines

Comme le précise le site de la direction des routes d’Ile de France  (DiRIF) , "La concertation publique sur le projet de création de la desserte du port de Bonneuil par la RN406 débute le 9 novembre 2011 pour une durée d’un mois.Cette opération consiste à réaliser une voie nouvelle entre l’échangeur RN19/RN406 et la voirie du port (route du Moulin Bateau). Ce projet d’une longueur d’environ 2 kilomètres franchira la grande ceinture ferroviaire, la RD10 et la voie ferrée du port. Toutes les options d’aménagement ne sont pas encore arrêtée. Elles le seront après cette démarche d’association du public."

L’objectif de cette infrastructure nouvelle intéresse directement l’implantation Eiffage dans la mesure où elle lui permettrait d’évacuer beaucoup plus facilement les tonnes d’enrobés à chaud produites et, théoriquement, de limiter les nuisances des camions sur le réseau routier local : "L’objectif principal est le raccordement du port de Bonneuil-sur-Marne au réseau routier magistral. L’aménagement contribuera également à améliorer la desserte des secteurs d’activités importants à Sucy-en-Brie et Bonneuil-sur-Marne et à diminuer le trafic de transit et notamment de poids lourds sur le réseau local."

A première vue, tout ceci paraît plutôt sympathique et les habitants des communes riveraines peuvent penser que, si par malheur l’usine Eiffage réussissait à se maintenir quelques années sur le site, une telle infrastructure routière éviterait au moins les nuisances liées au trafic des camions chargés d’enrobés à chaud nauséabond. Mais outre le fait que ce prolongement ne sera pas réalisé avant plusieurs années (une bonne raison de refuser l’ouverture de l’usine Eiffage), le dossier de concertation soulève bien des interrogations et mérite que les citoyens des communes riveraines s’y intéressent de très près, en particulier ceux de Sucy-en-Brie et des communes du Plateau de Brie.

Nous n’en sommes actuellement qu’aux premiers stades de la concertation sur les tracés possibles, mais nous savons d’expérience que les enquêtes publiques proprement dite arrivent très rapidement et sont bien mal annoncées. Il vaut donc mieux préparer longtemps à l’avance les analyses pour ne pas être pris au dépourvu.  Le dossier de concertation que vous pouvez télécharger en cliquant ici est un document de 68 pages illustré de nombreuses cartes, couvrant tous les aspects de l’aménagement du Port de Bonneuil et détaillant les avantages et inconvénients de chacune des quatre variantes du tracé possible.

2°) Un tracé routier optimal pour l’usine d’enrobés Eiffage ?

Sans entrer dans le détail des variantes du tracé qui sont approximativement les mêmes (les différences concernent uniquement le nombre de voie et la gestion des croisements), on peut voir sur la carte ci-dessous que le prolongement de la RN406 aboutit exactement à l’usine Eiffage non sans avoir traversé une partie des terrains de sports. Il s’agit d’un tracé pour le moins étonnant si l’on garde en tête que les entreprises nécessitant des transports lourds par camion sont plutôt localisées dans la partie ouest du Port. On ne semble guère s’interroger sur les flux qui vont traverser le Port d’Ouest en Est pour rejoindre le nouveau débouché prévu rue du moulin-bateau, exactement à la sortie de l’usine Eiffage …

3°) Un schéma d’aménagement du Port de Bonneuil … stupéfiant

Si l’on en croît le document étonnant fourni dans le dossier de concertation, l’usine Eiffage se situerait au coeur d’une zone vouée aux activités "BTP-Logistique" (triangle violet). Comme nous le savons, il reste un vaste terrain vide autour de l’usine Eiffage et ce document suggère que d’autres usines équivalentes de BTP pourraient arriver dans les années à venir… Nous avons déjà deux usines d’enrobés dans le Port, qui dit que nus n’aurons pas aussi bientôt deux cimenteries ! Le choix des activités de type purement logistique est certes compréhensible, à l’instar des dépôts comme France Boisson,   pour tenir compte de la présence simultanée de la voie d’eau (darses), du rail (triage ferroviaire) et de la route (le prolongement de la RN406). Mais on ne voit vraiment pas bien l’intérêt d’installer ici des industries BTP polluantes comme la centrale d’enrobés Eiffage ou des cimenteries.  Car les terrains situés immédiatement autour de ce fameux triangle violet sont dédiés à de la micro-entreprise et petites activités (zone bleue au Nord) ou à des éco-activités (zone bleue à l’est) voire à un espace naturel et de loisir (triangle vert). Ce document confirme l’absurdité du choix d’une implantation polluante dans cette partie du Port qui devrait être uniquement dédiée à la logistique. Il faut impérativement demander une révision du plan d’occupation du sol du Port de Bonneuil si l’on ne veut pas voir resurgir prochainement de nouvelles usines du type Eiffage !

4°) Des prévisions de transport qui ne tiennent pas compte de l’effet de l’usine Eiffage

Les documents décrivant la situation actuelle des transports montrent de nombreux goulets d’étranglement dans le Port de Bonneuil et ses abords immédiats lors des heures de pointes du matin et du soir. On repère en particulier les bouchons localisés à l’entrée de Sucy-en-Brie et sur les accès du Pont de Bonneuil. Le prolongement de la RN406 est-il de nature à réduire ces engorgements ? Surtout si on tient compte des 40 à 150 camions supplémentaires que pourrait générer l’usine Eiffage ?

La réponse est pour le moins incertaine, comme le montrent les cartes de simulation du trafic des véhicules de tourisme et des poids lourds dans la variante 4 du tracé

Les cartes de prévisions  montrent toutes une diminution du trafic sur l’axe reliant Saint-Maur à Bonneuil puisque l’évacuation principale se ferait désormais par la nouvelle route. Mais on peut prévoir de sérieuses difficultés au carrefour qui relie les deux moitiés du Port. Et surtout on note un accroissement prévisible très fort du trafic dirigé vers Sucy-en-Brie et Ormesson, surtout dans les variantes du tracé qui prévoient un carrefour au niveau de la zone industrielle des Petits Carreaux. On notera enfin que les prévisions de trafic poids lourd au sortir du Port de Bonneuil sont manifestement sous-estimées (100 pour l’heure de pointe du matin et 60 pour l’heure de pointe du soir). L’usine Eiffage renforcerait à coup sûr la congestion du trafic le matin au moment où elle commencerait à livrer le bitume produit la nuit. Et l’arrivée possible d’autres usines de BTP dans le triangle où se situe Eiffage ferait rapidement virer la situation au cauchemar.

5°) Sucy, Bonneuil, Saint-Maur, même combat

Les premiers éléments d’analyse présentés ci-dessus peuvent donner à penser que c’est Sucy-en-Brie qui souffrirait le plus de la conjonction de l’usine Eiffage et du prolongement de la RN406. Cette prolongation aurait en revanche des effets à première vue positifs pour les autres communes, notamment à Bonneuil puisque cela réduirait le trafic traversant actuellement la ville. La maire de Bonneuil ne fait d’ailleurs pas mystère de on soutien au projet, à travers une vidéo publiée sur son site:

http://www.ville-bonneuil.fr/tous-les-films/voir-un-film/video/456/

La mairie de Saint-Maur espère également faire baisser le trafic de camions  ou au moins faciliter la traversée des ponts.

Mais les habitants de Saint-Maur et Bonneuil auraient tords  de se désolidariser du sort de leur voisins orientaux car tôt ou tard ils seraient rattrapés par les congestions de trafic induites par la saturation des portes de Sucy. On verrait certainement des flux nouveaux passer par le Pont de Chennevières ou par Boissy et le moment ne serait pas loin où surgirait le spectre de la relance de nouvelles autoroutes pour réguler le trafic qu’aura en pratique engendré le prolongement de la RN406.

Répétons-le encore une fois, l’aménagement du Port de Bonneuil est l’affaire de toutes les communes voisines et l’autonomie des Ports de Paris doit être limitée lorsqu’elle aboutit à des décisions désastreuses sur le plan économique, social et environnemental. Tout en continuant à se battre pieds à pieds pour la fermeture de l’usine Eiffage, nous devons également préparer l’avenir en demandant :

  • une révision du plan d’occupation des sols du Port de Bonneuil
  • l’installation d’une station AIRPARIF permanente
  • une association systématique des trois communes voisines aux décisions du Port Autonome
  • un plan de transport dépassant les limites des intercommunalités actuelles.

Claude GRASLAND

membre  du Collectif T’AIR-EAU 94

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Manifestation en chansons à Sucy le 2 juin 2012 – Hommage à Philiipe Emmanuel de Coulanges

Le cortège de Sucy-en-Brie  était certes moins nombreux que celui de Saint-Maur, mais la performance (100 à 150 manifestants) n’en était pas moins remarquable dans une commune où la mairie soutient obstinément l’ouverture de l’usine Eiffage et refuse depuis cinq mois de donner une salle de réunion aux opposants à la centrale d’enrobés. Tradition historique oblige, les chansons étaient très présentes dans le défilé à Sucy-en-Brie dont l’une des rues porte le nom d’un célèbre chansonnier du siècle de Louis XIV, Philippe Emmanuel de Coulanges (1663-1716). La vidéo ci-dessous lui est dédiée.

http://www.seprem.fr/extranet/EIFFAGEDEGAGEmanifsucy.mp4

"Pour vivre longtemps comme mon grand-père / Venez respirer l’air d’Ormesson" disait le refrain de cette chanson de Philippe-Emmanuel de Coulanges en 1702. 310 ans plus tard  nous chantons "Eiffage, dégage, ton goudron, ton goudron est nocif / Eiffage, dégage, nos poumons, nos poumons n’en peuvent plus".

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Nuisances : envoyez vos témoignages à la DRIEE… Mais pas seulement !

Il ne faut pas hésiter à appeler (à plusieurs en même temps, cela aura plus de poids)

le n° de la DRIEE: 01 55 01 27 00 ou 01 49 80 26 48, M Jérôme Gay

Ce Monsieur a constaté ce matin le fonctionnement à plein de l’usine
en se rendant sur place et n’a senti aucune nuisance olfactive alors
que des riverains déclaraient  ne pas  pouvoir ouvrir leurs fenêtres sans avoir la nausée.

il fait donc l’appeler à chaque nuisance ressentie et/ ou lui envoyer un mail:

ut94.driee-if@developpement-durable.gouv.fr

Vous pouvez envoyer une LR AR au Préfet avec photocopie de votre pièce d’ identité et attestation sur l’ honneur

Votre Prénom, NOM

Votre Adresse

Code Postal – Ville

Destinataire

Adresse du Destinataire

Code Postal – Ville

Paris, le Jeudi 07 Juin

Madame, Monsieur,

Je soussigné, (prenom à préciser) (nom à préciser), demeurant au (votre adresse complete à préciser) atteste sur l’honneur des faits suivants:

avoir constaté que l’ usine Eiffage du port de Bonneuil fumait le ….. à …….alors que le rapport de la DRIEE (http://taireau94.files.wordpress.com/2012/02/94_eiffage_20110516_rapport.pdf) indique qu’ elle peut  fonctionner de 1h à 17h . )

Je sais que cette attestation pourra être produite en justice et que toute fausse déclaration de ma part m’expose à des sanctions pénales.

Fait pour servir et valoir ce que de droit.

Fait à (votre ville à préciser), le (date du jour à préciser)

Signature

C’ est bien aussi si c’ est accompagné de photos ou encore mieux d ‘une vidéo comportant la date et l’ heure en surimpression.

et/ou demander à la police municipale de venir constater.

Police Municipale 24h/24 01 45 11 66 00. 63 avenue du Bac 94210 La Varenne St Hilaire. Pour Saint-Maur

Police municipale Sucy : 01 56 74 19 50

Commissariat de Boissy-Saint-Léger (responsable de la commune de Sucy ) : 01 45 10 71 50

Envoyez-nous un courriel en même temps : nous viendrons vérifier que vos plaintes sont bien enregistrées dans les mairies considérées comme cela doit être fait .

Et n’ oubliez pas la pétition à signer (cf vignette à droite de cet écran )

Parce qu’ à bien compter sur cette vidéo qui ne prend en compte que le cortège de Saint-Maur (rajouter une grosse centaine de Sucyciens)

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=sCE24e_yTMA#!

On était plus près de mille que de cinq cents…

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Premières images de la manifestation

Tout d’abord au nom du collectif T’AIR-EAU 94 un grand bravo et un énorme merci pour votre mobilisation de ce matin.
Plus de 500 personnes au total : une fois de plus, vous avez dépassé nos espérances.
Comme Sylvie Grasland-Deslot l’a dit devant l’usine : ça fait chaud au coeur !
Cela valait vraiment le coup de se démener pour organiser cet évènement.
Ce succès, c’est le vôtre : tracteurs, boiteurs, relais d’informations, manifestants de ce matin, photographes, vidéastes…
Encore un merci sincère et chaleureux à tous.
Et pour continuer à se faire plaisir :
Ne manquez pas le 19/20 de France 3 Ile de France ce soir. Une équipe de la chaine a suivi toute la manifestation.
Mais si vous l’ avez raté :
http://www.pluzz.fr/jt-19-20-paris-ile-de-france-2012-06-02-18h59.html
Au plaisir de vous retrouver pour continuer le combat,
Bien à vous,
Sylviane Turri, Stephane Heliere et Sonia Zamai,
Pour le collectif T’AIR-EAU 94.
Et la journée avait commencé tôt , sur Europe 1, avec Brigitte Béjean (admirez l’ artiste :2 minutes 03s, elle dit l’ essentiel et sans une erreur !)
Si votre ordinateur ne comprend pas le premier lien (dès fois, ils sont "ch’ pénibles", ces appareils… ) essayez ici.
      
Et aussi, trois vidéos transmises dès 13h30 par J.F Van Campo, l’homme qui filme plus vite que son ombre … et que l’on remercie chaleureusement !!!
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Bataille médiatique : faites circuler le dossier de presse !

Les membres et sympathisants du collectif T’AIR-EAU94 doivent tout faire pour alerter les médias,. Tout d’abord pour renforcer la couverture de la manifestation du 2 juin.

RENDEZ-VOUS 10 HEURES MAIRIE DE SUCY OU PLACE DES MOLENES à SAINT-MAUR

Mais aussi au delà de cette date pour assurer au préfet du Val-de-Marne et à la société Eiffage toute la publicité qu’ils méritent.

Car la clé de la victoire peut résider autant dans la bataille médiatique que dans la bataille juridique.

Les faits que nous avons mis en évidence sont à ce points accablants qu’il devrait suffit de les rendre public pour que le préfet revienne sur son arrêté (s’il veut garder son poste) ou pour qu’ Eiffage arrête l’exploitation d’une centrale qui à la fin lui coûtera plus en terme d’image qu’elle ne lui rapportera.

Transmettez à tous les journalistes que vous connaissez le lien ci-dessous

http://taireau94.wordpress.com/dossier-de-presse/

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Contre-enquête (6) : Aménagement durable du territoire et bien public (l’objection "NIMBY")

Dans ce dernier volet de la contre-enquête, nous souhaiterions aborder de front ce qui constitue sans doute l’ultime argument de la préfecture et de la société Eiffage: l’intérêt de l’usine d’enrobés à chaud de Bonneuil en matière d’aménagement durable du territoire et le fait que les opposants à l’installation seraient pour une grande partie d’entre eux ce qu’il est convenu d’appeler des "Nimbyste" (de l’anglais Not In My Back Yard, pas dans mon jardin). Quels que soient les arguments déjà produits contre l’installation de la centrale, il ne faut pas sous-estimer ce dernier volet qui touche à des enjeux politiques mais aussi moraux. Que vaudrait une victoire face à l’installation Eiffage de Bonneuil si c’était pour la voir transférer les mêmes nuisances dans un autre lieu où des riverains plus pauvres ou moins informés ne seraient pas en mesure de résister ?

1. Le débat sur l’aménagement durable du territoire en milieu urbain

Indépendamment des motifs de maximisation du profit de l’actionnaire qui expliquent le choix d’une localisation de l’usine Eifffage proche de Paris, on ne peut écarter d’un revers de main les arguments en faveur de la localisation d’une usine d’enrobés dans un port fluvial. Monsieur le préfet Pierre Dartout ayant longtemps été directeur à la DATAR, il n’est pas impossible que cet argument ait pesé dans sa décision finale. Et il en va sans doute de même pour les administrateurs du Port de Bonneuil qu’on ne saurait soupçonner d’être tous des inconditionnels du bitume. Il faut donc peser avec soin les arguments à l’appui de l’installation de la centrale et montrer les alternatives à prendre en compte avant de trancher.

1.1 La réduction du transport routier pour l’acheminement des matières premières et la livraison du bitume

C’est l’argument premier des supporters de la centrale Eiffage de Bonneuil qui y voient un gain écologique lié à  une moindre consommation d’énergie et une moindre production de gaz à effet de serre. Les matières premières qui servent à produire les enrobés arriveraient en effet par bateau ou par train ce qui limiterait le flux de camion en entrée. Il en irait de même en sortie puisque, localisée au coeur de l’agglomération parisienne, la centrale d’enrobés de Bonneuil aurait moins de kilomètres à faire pour livrer les enrobés à chaud à ses clients du Val de Marne et surtout de Paris. On pourrait même ajouter que, dans la mesure où Eiffage compte recycler de vieux enrobés routiers en les fondant à nouveau, elle trouverait davantage de matière à recycler en se situant au coeur d’une banlieue dense à urbanisation ancienne où les vieux enrobés ne manquent pas.

Pour bien comprendre la validité de l’argument, on peut imaginer une translation de l’usine vers une localisation en grande périphérie de la région Ile de France où aucun riverain ne se situerait à proximité immédiate mais où une noria de camions devrait assurer les livraisons des produits servant d’entrée à la production et où une autre noria de camions assurerait le transport des enrobés vers les communes du Grand Paris qui seraient les principales consommatrices de ces enrobés. Compte tenu de la distance de transport, il faudrait sans doute ajouter aux enrobés des solvants dangereux pour assurer leur liquidité jusqu’au point d’épandage…

On voit que l’objection n’a rien d’anecdotique et qu’il faut sérieusement argumenter pour la réfuter.

1.2  Densité de population, Rente foncière et concurrence pour la localisation optimale des activités en milieu urbain

Avant de réfuter l’argument précédent, il convient de rappeler quelques règles géographiques et économiques de base sur la localisation des activités en milieu urbain. Comme chacun sait, la ville est un organisme dont la densité décroît du centre vers la périphérie, même si dans le cas des villes européennes, on observe souvent un cratère de densités un peu plus faibles  au centre (noyau historique) que dans la zone péricentrale. Cela est par exemple bien visible à Paris où c’est dans les arrondissements périphériques (13e, 18e, 19e, 20e) que la population est la plus concentrée (immeubles de 10 étages ou plus) tandis que le centre est caractérisé par un habitat du 19e siècle de hauteur plus faible et de vastes zones occupées par les musées, ministères ou parcs. Le centre géométrique ne correspond d’ailleurs pas au centre économique (La Défense) ou au centre d’accessibilité maximale par les transports en commun.  Mais le point important est la saturation des espaces centraux et la concurrence qui s’exerce entre les activités  économiques ou résidentielles pour se rapprocher le plus possible du centre puisque c’est le lieu d’où l’on peut rejoindre le plus facilement l’ensemble de l’agglomération (habitants) et accéder au marché le plus important (entreprises). Le prix du foncier va donc diminuer du centre vers la périphérie, reflétant la concurrence pour les localisations optimales du centre.

Ce cadre théorique étant posé, on comprend que les différents acteurs vont devoir effectuer des arbitrages économiques mais aussi politiques entre les candidats à l’installation en zone centrale. Seules les activités privées produisant le plus de valeur ajoutée peuvent payer le prix foncier d’une localisation centrale, tandis que les autres acceptent une perte d’accessibilité centrale pour disposer par exemple de terrains plus vastes.  Il en va de même pour ce qui est des services publics où l’on localisera au centre ceux qui maximisent le bien public du plus grand nombre tandis qu’on dispersera de façon polycentrique en périphérie les services d’intérêt moindre ou qui concernent de plus petits nombres  d’habitants. Les activités privées ou publiques s’établissent donc en auréoles en fonction de leur rentabilité économique ou de leur contribution au bien public.

Ce schéma n’est pas figé car la ville est un organisme en croissance. Une activité qui se trouvait en localisation périphérique dans les années 1960 peut se trouver aujourd’hui prise dans une situation péri-centrale qui va aboutir à des mutations ou reconversions. C’est typiquement la situation de la zone d’activité du Port Autonome de Bonneuil où les activités industrielles polluantes sont en situation de décalage croissant avec leur environnement urbain beaucoup plus dense qu’à l’époque de leur installation. Cela ne signifie pas qu’elles doivent nécessairement toutes partir vers les nouvelles zones industrielles de grande couronne installées le long de la Francilienne. Mais à tout le moins elles doivent évoluer et s’insérer différemment dans leur voisinage. Et qu’il faut désormais les surveiller davantage, par exemple à travers l’installation de capteurs permanents de pollution.

1.3 L’usine Eiffage de Bonneuil est optimale pour la rentabilité économique mais discutable pour le bien public commun

L’argumentation d’Eiffage que nous avons détaillé au point 1.1 est faussée dans la mesure où elle oppose deux situations théoriques d’installation de la centrale sans prendre en compte la concurrence possible d’autres activités pouvant assurer un bien être public plus important.

La rentabilité économique pour l’actionnaire Eiffage d’une centrale d’enrobés à chaud située dans le Port de Bonneuil ne fait aucun doute. Elle justifie le risque de payer un prix foncier élevé et d’affronter l’hostilité prévisible de riverains. Elle autorise même de larges investissements pour réduire autant que faire se peu les nuisances, la marge bénéficiaire attendue étant suffisante pour anticiper de telles marges de négociation. On peut même se demander si le choix scandaleux du lignite comme combustible n’a pas été conçu typiquement comme un leurre permettant de donner aux riverains l’illusion d’une victoire lorsque cette option serait abandonnée en cours de négociation.

L’intérêt public de l’installation est en revanche beaucoup plus discutable car, même si on doit reconnaître un certain nombre de vertus au raccourcissement des trajets de livraison du bitume, on peut se demander si le gain écologique final n’est pas annulé par cette facilité même de livraison. En réduisant le coût de fabrication et de livraison des enrobés à chaud, l’usine Eiffage de Bonneuil va assurer le maintien d’une dictature de l’automobile et du bitume et limiter le recours aux solutions alternatives. Une localisation plus éloignée de la centrale impliquerait des prix plus élevés sans que cela pénalise l’emploi puisque ce type d’installation n’est pas délocalisable à l’étranger. les communes qui pratiquent la "politique du bitume" (réfection sélective de trottoirs ou de rues en fonction de considérations électorales)   seraient contrainte de penser à de nouvelles politiques plus ambitieuses telles que la végétalisation des trottoirs ou la réparation ponctuelle des rues par des employés municpaux  (créatrice d’emploi) plutôt que la reprise de grands tronçons (ruineuse pour les finances municipales). En somme, un prix plus élevé du bitume aurait bien des avantages.

Mais surtout on pourrait en l’absence de l’usine Eiffage de Bonneuil proposer un autre aménagement du Port de Bonneuil qui est idéalement situé sur un noeuds de transport en commun (RER, TCSP, …). S’il est bien un lieu où l’on peut marier harmonieusement activité et emploi dans l’est parisien, c’est dans cet espace actuellement à l’abandon qui se trouve aux confins des communes de Sucy, Bonneuil et Saint-Maur. Une intercommunalité intelligente ne manquerait pas d’installer ici un écoquartier et des entreprises innovantes travaillant par exemple dans la rénovation du bâti ancien et l’isolation. La société Eiffage y serait, pourquoi pas,  la bienvenue et, à l’instar des constructeurs automobiles qui proposent désormais de louer l’usage d’une voiture plutôt que d’en acheter une, elle pourrait constituer une société d’entretien des voiries municipales avec normes environnementales élevées et  minimisation des apports de bitume !

2. Dépasser l’accusation de "Nymbisme" par de nouvelles formes de civisme

2.1 ) Qu’appelle-t-ton NIMBY ?

Pour la clarté du débat, il faut distinguer deux formes bien différente d’emploi du terme NIMBY, selon qu’il concerne l’hostilité à l’implantation d’une activité industrielle polluante ou qu’il relève davantage d’un arbitrage politique sur la localisation d’équipements publics.

  • Dans le cas des activités industrielles, l’accusation de "Nimbysme" est utilisée régulièrement par les industriels confrontés à l’hostilité de riverains. Et les sociétés de conseil qu’elles embauchent pour neutraliser les mouvements citoyens ont largement appris à manipuler cet argument en envoyant des spams sur les blogs ou en intervenant dans les débats publics. Nous ne nous attarderons pas sur ce qui relève de simples tactiques de communication stratégique de firmes visant à maximiser leurs gains.
  • Dans le cas des services publics, il existe toutefois également une forme bien réelle de "Nimbysme" que l’on rencontre plutôt dans des questions de politique publique et d’urbanisme. L’exemple typique est l’installation d’une décharge publique ou d’une prison, dont en général tout le monde s’accorde à reconnaître le bien fondé mais dont personne ne veut dans son quartier ou près de chez lui, d’où l’expression NIMBY : Not In My Back Yard (Pas dans mon Jardin).

Il existe ensuite des situations plus complexes, par exemple lorsque la loi SRU impose la création d’un minimum d’habitat social dans une commune et où certaines refusent d’appliquer la loi en disant préférer payer pour que ce soit d’autres communes qui accueillent les logements sociaux. Où lorsque des terrains doivent être mis à disposition des Gens du Voyage, etc…

2.2) Le rejet de la centrale Eiffage relève-t-il de l’accusation de "NIMBYsme" ?

Selon les communicants d’Eiffage qui ont abreuvé le blog de spams, les membres du collectif T’AIR-EAU94 et les signataires de la pétition seraient bel et bien des Nimbystes car ils refusent une centrale d’enrobés "d’intérêt général". Plus grave, ils seraient  de "riches égoïstes" prêts à laisser la centrale s’installer dans un endroits où les gens moins nombreux et plus pauvres ne sauront pas se défendre, tel que la Seine-Saint-Denis ou une commune rurale isolée.  Enfin et surtout, les membres du collectif T’AIR_EAU94 ne seraient "pas de vrais démocrates" puisqu’ils refusent une décision publique qui a fait l’objet d’une enquête publique. Comment répondre sur ces différents points ?

  • La confusion entre "intérêt général" et "intérêt particulier" est évidemment un premier élément de réfutation que nous avons largement développé dans la première partie de cet article. Nous estimons que les gains de la centrale Eiffage en matière d’intérêt général sont nettement inférieurs aux pertes, qu’il s’agisse d’emploi, de santé, de qualité de la vie, etc. Nous avons pris actes des gains possibles qu’apporterait la centrale en matière de réduction des transports routiers mais nous estimons qu’ils sont annulés par le soutien que la centrale apporterait à un usage toujours plus développé de l’automobile. Et nous espérons des gains de transport autrement plus importants par l’installation d’une zone d’habitat et d’activité sur les terrains situés entre Sucy et Bonneuil.
  • L’argument des "riches égoïstes" près à laisser la centrale s’installer en zone rurale ou zone urbaine défavorisée est évidemment un procès d’intention visant à culpabiliser les riverains. Mais il comporte un fonds de vérité en ce sens que la résistance contre la centrale d’enrobés qui s’est installée à Bonneuil aurait sans nul doute été moins forte si les habitants avaient été moins nombreux (zone rurale) et s’ils avaient disposé de moins de ressources financières (attaque en justice) ou relationnelles (contacts avec les médias). La seule réponse légitime à cette accusation est de dire que nous ne sommes pas des "NIMBY" mais des "NIABY" (Not in Any Back Yard) qui ne souhaitent à personne une telle installation. En d’autres termes, et c’est un engagement que nous devons prendre, nous ne laisserons pas de centrale d’enrobés s’installer à moins d’un kilomètre d’une école ou d’une maison de retraite  comme ce fut le cas  à Bonneuil. Et nous soutiendrons le combat des collectifs présents et futurs qui rencontreraient de telles situations.
  • L’argument de "non respect de la démocratie" est évidemment le plus dérisoire lorsque l’on connaît les conditions dans lesquelles a eu lieu l’enquête d’utilité publique au sujet de la centrale Eiffage de Bonneuil. Ce qu’il convient de rappeler sur ce point est que les membres du collectif T’AIR-EAU94 sont disposés à obéir à toute décision de justice et que c’est précisément l’injustice de la procédure suivie lors de cette autorisation qui a été la raison première de l’indignation, avant même que les dangers sanitaires de la centrale ne soient confirmés par les travaux de l’OMS. C’est certainement sur ce point qu’Eiffage et la préfecture ont fait le preuve de plus d’incompréhension par rapport aux attentes de justice des riverains : quand bien même toutes les garanties sanitaires de non danger seraient fournies, nous n’accepterions pas l’ouverture de la centrale tant qu’une nouvelle enquête publique n’aurait pas été diligentée où les citoyens pourraient s’exprimer normalement.

2.3) Après Eiffage : encore un effort pour devenir des citoyens responsables …

Que se passera-t-il lorsque nous aurons remporté le combat contre l’ouverture de la centrale d’enrobés Eiffage ? Cette question n’a rien d’anecdotique et elle conditionne sans doute largement la victoire ou l’échec du mouvement présent.

En admettant qu’Eiffage démonte son usine pour l’installer quelque part au loin en Seine-et-Marne, pouvons nous sérieusement envisager un simple retour "à la normale" ? Pouvons nous imaginer de voir les mêmes citoyens qui défilaient hier contre la central de bitume venir aujourd’hui mendier auprès de leur adjoint au maire en charge de la voirie la réfection de LEUR tronçon de rue avec une belle couche neuve d’enrobés ? Pouvons nous continuer à voir la zone d’activité de Sucy-Bonneuil servir de glacis frontalier entre communes et communauté de communes ?

Notre mouvement sera jugé sévèrement s’il ne met pas en pratique dès aujourd’hui ses recommandations en matière de limitation de l’usage du bitume, de nouvelles pratiques d’aménagement du territoire à l’échelle intercommunale,  de solidarité avec les autres collectifs concernés par  l’installation d’installations dangereuses guidées par la simple rentabilité financière.

Conclusion : Du bon usage des conflits

Pour citer un article récente de la revue Métropolitique,  "les conflits d’usage de l’espace sont souvent présentés comme le résultat de comportements égoïstes, socialement nuisibles et économiquement coûteux. Mais André Torre montre qu’ils jouent pourtant, comme les processus collaboratifs, un rôle essentiel dans les mécanismes de gouvernance des territoires, en contribuant aux dynamiques territoriales et à l’expression démocratique des oppositions". Le conflit qui oppose les riverains à la centrale Eiffage de Bonneuil apparaît ainsi à bien des égards comme un facteur de dépassement des égoïsmes communaux et de renouveau de la vie politique locale.

Claude GRASLAND

pour le collectif T’AIR-EAU 94

Pour en savoir plus

Torre A., 2011, Du bon usage des conflits ! L’expression des désaccords au cœur des dynamiques territoriales, Métropolitiques, 20/06/2011

Hamelin E &. Razemon O., 2012, La tentation du bitume: où s’arrêtera l’étalement urbain.

Définition du  phénomène NIMBY : Site de la région Wallonne.

Syndrome NIMBY et intérêt général : dossier de la revue Sciences Humaines

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Café citoyen (gourmand) à Sucy-en-Brie, Mardi 22 Mai à 20h00

Nous étions apparemment trop enthousiastes en pensant que la mairie de Sucy-en-Brie saisirait l’occasion de la réunion sur le compostage pour laisser enfin le collectif T’AIR-EAU 94 s’exprimer … Notre demande de disposer d’une heure de débat à la suite de la réunion sur le compostage n’a reçu aucune réponse, pas plus que notre demande de salle de réunion depuis maintenant deux mois.

Il faut donc se résoudre à se réunir en plein air, ce que permet heureusement la température plus clémente. Nous vous proposons donc très symboliquement de nous réunir sur le terrain de boule mardi 22 mai à 20h00, juste en face de la salle où la mairie présentera à la même heure les innovations en matière de compostage. Même si nous ne méprisons pas la question du compostage, montrons que nous sommes plus nombreux à penser que la qualité de l’air est actuellement le sujet le plus prioritaire pour les habitants qui voient arriver avec inquiétude les premières nuisances sonores et olfactives. 

CAFE CITOYEN (GOURMAND*) DU COLLECTIF T’AIR-EAU94

Sucy-en-Brie, Mardi 22 mai, 20h00, devant la maison des familles.

Prévenez vos parents et amis signataires de la pétition …

Apportez thermos de café ou tisane, gobelets, gâteaux…

N’oubliez pas les vêtements chauds …

* Hommage discret à François Morel

Les membres du collectif feront le point sur les actions en cours, notamment sur le plan judiciaire, et sur les actions à venir. Il sera en particulier question de la grande manifestation  du Samedi 2 juin qui verra converger les habitants de Sucy-en-Brie et de Saint-Maur-des-Fossés vers la centrale Eiffage de Bonneuil

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Contre-enquête (5) : La centrale d’enrobés de Bonneuil est-elle comparable à celles utilisées par Eiffage pour l’étude d’impact ?

Nous avons souligné à plusieurs reprises le caractère scandaleux de l’étude d’impact qui s’est fondée sur les "retours d’expérience d’Eiffage" à partir de trois de ses centrales d’enrobés situées à Esvres-sur-Indre, Montecourt-Lizerolles et Estrées-Saint-Denis. Nous souhaiterions ici montrer que ces centrales sont situées dans des contextes géographiques non comparables à celui de la centrale de Bonneuil, tant en nombre d’habitants concernés qu’en nombre d’industries polluantes déjà présentes.

1. La centrale Eiffage de Montescourt-Lizerolles

1.1. Adresse officielle

Morin Enrobés Aisne
rue de la raperie
02440 Montescourt-lizerolles

1.2 Impact démographique à 2 kilomètres

L’usine se situe dans une commune de 1669 habitants. Les communes voisines (Clastres, Essigny, Gibercourt, Remigny et Jussy) totalisent 3397 habitants ce qui fait environ 5000 habitants situés dans la zone concernée par l’étude d’impact. Mais l’analyse de la localisation plus précise des zones habitées  montre que l’on ne trouve guère plus de 2000 habitants  dans un rayon de deux kilomètres autour de la centrale, ce qui est 25 fois moins que la situation observée à Bonneuil.

 

1.3 Impact local sur les riverains

Un zoom plus précis montre que l’usine d’enrobés se situe au centre du village de Montescourt-Lizerolles et est entourée d’habitation de tous côtés à moins de 300 ou 400 mètres. La situation est donc comparable à celle de l’usine Eiffage de Bonneuil, à cette différence près qu’il n’y a pour ainsi dire pas d’autres usines polluantes dans le village et que l’on se situe en zone rurale. Il n’y a donc pas d’effets cumulés comparables à ceux observés à Bonneuil qui concentre industrie et voies de circulations polluantes.

2. La centrale Eiffage d’Esvres sur Indre

2.1 Adresse officielle

Touraine Enrobés,  La Huaudiere, 37320 Esvres sur Indre

2.2 Impact démographique à 2 kilomètres

La centrale est située dans une zone d’activité (en violet) éloignée de plus d’un kilomètre du centre de la commune d’Esvres sur Indre. Le cercle de 2 kilomètres autour de la centrale est totalement inclus dans la commune d’Esvres sur Indre qui totalise  4481 habitants en 2009. Sachant que toutes les zones d’habitat de la commune (en rose) ne sont pas dans le cercle de 2 kilomètres, on peut estimer à environ 2500 habitants le nombre de personnes subissant l’impact de l’usine d’enrobés. C’est 20 fois moins que dans le cas de l’usine de Bonneuil….

2.3 Impact local sur les riverains

Au niveau local, l’usine Eiffage se situe en limite de la zone d’activité d’Esvres sur Indre et est pour l’essentiel entourée de forêts ou de champs. Son impact sur les habitants et sur les travailleurs des autres établissements de la zone apparaît de ce fait plus limité. Il s’agit à l’évidence d’une localisation beaucoup moins nuisible que celle de l’usine de Bonneuil, même si on ne peut négliger la présence d’habitations proches aux alentours de 300 à 600 mètres.

3. La centrale Eiffage d’Estrées Saint Denis

2.1 Adresse officielle

Morin Enrobés Oise, avenue de Flandre, 60190 Estrées-Saint-Denis

2.2 Impact démographique à 2 kilomètres

Comme dans le cas d’Esvres-sur-Indre, la centrale Eiffage d’Estrées-Saint-Denis est située dans une zone d’activité située en périphérie de la commune, le long d’une voie de chemin de fer qui assure la livraison et l’expédition des produits. La zone résidentielle est située dans l’ensemble à plus d’un kilomètre de la centrale et ne concerne que la commune d’Estrées-Saint-Denis qui totalise 3594 habitants en 2009. En admettant que la quasi totalité de la population soit située à moins de 2 kilomètres de la centrale, on aurait environ 3500 habitants proches, ce qui est tout de même 15 fois moins que dans le cas de la centrale Eiffage de Bonneuil.

2.3 Impact local sur les riverains

Le zoom révèle la présence d’un ensemble d’habitations (en rose) relativement proches de l’usine Eiffage et entourées de zones industrielles (en violet). La proximité de la gare explique sans doute le développement de ce quartier d’habitation. La population située à proximité de la centrale  demeure toutefois assez réduite et on n’y trouve ni écoles ni maisons de retraites.

4. La centrale Eiffage de Bonneuil est-elle comparable ???

2.1 Adresse officielle

Eiffage travaux publics, rue du moulin-bateau, Bonneuil-sur-Marne

2.2 Impact démographique à 2 kilomètres

Etablie à la même échelle que les trois cartes précédentes et avec le même outil (Geoportail), la carte de l’impact à deux kilomètres frappe par la saturation générale de l’espace environnant en termes d’activités (violet) ou d’habitat (rose). Dans aucun des trois sites précédents on ne trouve une telle concentration d’habitats et d’activités. Outre l’impact démographique (plus de 50 000 habitants), c’est l’occupation du sol qui n’a rien à voir avec les cas cités en exemple par Eiffage. Sans parler de la densité du réseau de transport qui ajoute une forte pollution à celle déjà émise par les entreprises du Port de Bonneuil. Il est clair que les paramètres de pollution qui ont été mesurés par Eiffage à Esvres sur Indre, Estrées Saint-Denis ou Montecourt ne sont pas transposable à la situation de Bonneuil. La seule centrale d’enrobés comparable, à notre connaissance, serait celle de Gennevilliers.

2.3 Impact local sur les riverains

La concentration d’activités à proximité de la centrale de Bonneuil est beaucoup plus élevée que dans les cas soumis par Eiffage. Seul Esvres-sur-Indre soutient quelque peu la comparaison, mais avec deux différences notables : (1) à Esvres la centrale est situé en bordure de la zone d’activité et entourée de zones agricoles ou forestières ce qui n’est pas le cas à Bonneuil ; (2) à Esvres, la population est relativement éloignée de la zone d’activité alors qu’à Bonneuil elle entoure littéralement la centrale avec une continuité du bâti. Enfin et surtout, on trouve à Bonneuil  écoles, crèches et maisons de retraites  à moins de 1 kilomètre de la centrale ce qui n’est pas le cas dans les autres exemples.

Conclusion : une exception monstrueuse ?

Si l’on s’en tient aux trois centrales d’enrobés qu’Eiffage a utilisées pour valider l’étude d’impact (Esvres, Montrecourt, Estrées) nous pouvons conclure à coup sûr que la centrale de Bonneuil est une exception monstrueuse aux règles habituelles d’implantation des centrales d’enrobés.

Si on considère que la centrale de Bonneuil n’est pas une exception, alors qu’on nous fournisse la liste des centrales comparables et qu’on utilise les paramètres de centrales équivalentes pour modéliser l’impact de la centrale de Bonneuil. Mais nous doutons fort que ce soit le cas et tout nous porte à croire qu’ il n’existe aucun équivalent à la centrale de Bonneuil en matière d’impact potentiel sur un nombre aussi élevé d’habitants.

En tout état de cause, l’étude d’impact sanitaire qui a conduit à l’autorisation est invalide car elle n’a pas considéré des situations comparables .

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Manifestation du 2 juin et caetera

Vous pouvez faire signer des promesses de dons pour l’ action juridique grâce au formulaire qui vous sera envoyé sur simple demande (attention, c’ est urgent : le dépôt du recours doit être fait avant la fin du mois) à
taireau94@voila.fr
Gardez libre sur votre agenda le matin du samedi 2 juin. La manifestation partira à 10h de la place des molènes à Saint-Maur ou de la mairie de Sucy. Venez avec une fleur blanche, des instruments à bruit (une casserole et une cuillère peuvent tout-à-fait faire l’ affaire) et un carton peint en noir de la forme de vos poumons avec de quoi attacher votre œuvre  que vous porterez sur vous (un brin de raphia fera tout-à-fait l’ affaire).

Pour ceux qui hésitent sur la forme à donner à la chose, le collectif vous propose cette image à imprimer format A4 pour les enfants et agrandir en A3 pour les adultes, puis à découper et coller sur un carton . Vous pouvez aussi découper la silhouette générale et la peindre entièrement en noir si les dessin des bronches ne vous sied pas au teint…

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Venez tous à la réunion "TERREAU" Mardi 22 Mai à Sucy-en-Brie …

Il faut savoir reconnaître ses torts … Nous avions décidément mal jugé la mairie de Sucy-en-Brie en protestant depuis plusieurs semaines contre l’absence de réponse à la demande de réunion du collectif T’AIR-EAU 94.

Car avec le sens de l’humour qui les caractérise, Madame le Maire Marie Carole Ciuntu et son adjoint Jean-Pierre Chaffaud nous ont préparé une grande réunion publique consacrée au compostage c’est-à-dire au … TERREAU !   

C’est donc avec le plus grand plaisir que nous appelons tous les membres du collectif T’AIR-EAU à se rendre nombreux à cette invitation pour débattre enfin publiquement sur Sucy-en-Brie des nuisances de l’usine Eiffage de Bonneuil !

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