T’AIR-EAU 94 manifeste en chantant et est reçu par le maire de Bonneuil

Une vingtaine  de membres du collectif T’AIR-EAU 94 a convergé ce samedi vers le centre-ville de Bonneuil-sur-Marne pour informer les habitants des dangers de la centrale d’enrobés à chaud Eiffage et leur proposer de signer la pétition. Ils ont été très bien accueillis par les habitants qui sont nombreux à avoir signé la pétition. Ils ont également été reçus pendant plus d’une heure par Monsieur le Maire de Bonneuil Patrick Douet et son adjoint Jean Chagny. Récit en images …

Acte 1 : Distribution de tracts  au marché A. Gross (10h-11h)

Accompagnés de  très jeunes militants, les membres du collectif T’AIR-EAU 94 ont commencé à distribuer les tracts et faire signer les pétitions à l’entrée du marché. Mais au vu de la petite taille de celui-ci, la majorité des militants se sont dispersés dans l’ensemble du centre-ville de Bonneuil pour faire signer les habitants dans les rues et pour informer les commerçants. Il faut insister sur le très bon accueil que nous avons reçu de la part des habitants de Bonneuil, dont beaucoup n’étaient même pas informés de l’existence de la centrale. Il existe une grande solidarité vis-à-vis des habitants de Sucy-en-Brie et Saint-Maur-des-Fossés, surtout lorsque l’on montre les dangers pour les écoles primaires et les maisons de retraite. Comme souvent, l’argument de la création d’emploi est évoqué par quelques habitants pour défendre le projet. Mais la faiblesse du nombre de créations (4 à 7) et le risque de destruction d’emplois conduisent finalement beaucoup d’indécis à signer la pétition.

En une heure, nous avons recueilli une petite centaine de signatures, ce qui est évidemment peu en absolu, mais considérable si l’on remarque qu’en deux mois de campagne, il n’y avait eu jusqu’ici qu’une trentaine de signataires de la pétition sur Bonneuil. On peut espérer et souhaiter que, comme dans le cas de Sucy et Saint-Maur, il y ait un effet boule de neige et que les premiers signataires soient suivis de nombreux autres dans les semaines à venir.

Acte 2 : Défilé chantant du marché à la mairie (11h-11h30)

Un peu après 11 heures, le collectif se met en marche vers la mairie de Bonneuil dans un tonnerre de bruit (casseroles, tambourins, flûtes, sifflets, accordéon, …) pour réveiller la population qui nous regarde passer intriguée. Nous nous arrêtons à mi-chemin pour entonner une première fois « L’Intercommunale », chant militant composé pour l’occasion sur l’air de « L’Internationale ». Comme c’est un chant plutôt bien connu à Bonneuil, les gens écoutent attentivement les paroles nouvelles et certains klaxonnent depuis leur voiture ou applaudissent. Bref, les rieurs sont de notre côté et c’est tant mieux.

Arrivée devant la mairie (où le directeur de cabinet nous a averti que nous serions reçus par Monsieur le Maire), nous entonnons une nouvelle fois notre chant de ralliement en poussant le volume à la limite de nos cordes vocales. Jean Chagny, adjoint en charge de la question des installations classées vient nous écouter puis, une fois le chant fini, nous invite à rentrer dans la salle de réunion où le maire nous attend.

Acte 3 : Discussion entre la mairie de Bonneuil et le collectif T’AIR-EAU94 (11h30-13h)

Monsieur le Maire de Bonneuil Patrick Douet et son adjoint Jean Chagny prennent en premier la parole pour exposer la position du conseil municipal de Bonneuil. Tout en se coupant fréquemment la parole, ils nous expliquent grosso modo la même chose, à savoir qu’ils n’ont pas eu d’autre choix que d’accepter l’implantation Eiffage il y a deux ans. Plutôt que de voter contre la centrale, ils ont négocié avec Eiffage l’ajout d’une série d’options coûteuses (300 000 à 1 000 000 d’euros) qui devraient réduire les nuisances au minimum. Ils estiment que s’ils avaient voté contre le projet de centrale, le constructeur n’aurait même pas installé ses options. Au-delà de cette stratégie, Monsieur le Maire de Bonneuil insiste sur le fait que le Val de Marne a besoin de 400 000 tonnes d’enrobés par an qui ne peuvent être fournis par les centrales existantes. Or, le Grenelle de l’Environnement imposerait désormais de construire les centrales au plus près des ports pour limiter les transports par camion.  En d’autres termes, le seul endroit où l’on puisse installer une centrale d’enrobage respectueuse de l’environnement dans le Val de Marne serait … le Port de Bonneuil !

Il va sans dire que les membres du collectif T’AIR-EAU 94 font entendre toute une série d’objections face à ces arguments. Sur le premier point par exemple (négocier avec Eiffage pour éviter le pire), ils font remarquer à Monsieur le Maire de Bonneuil que sur un autre dossier, il s’était opposé à juste titre, comme ses homologues de Valenton et de Limeil-Brévannes  au projet de « Montagne des déchets ». Le préfet avait tranché contre l’avis des maires mais ces derniers avaient défendu leur honneur et, vu ce qui s’est passé depuis, ils ont eu raison. Pourquoi en irait-il autrement pour la centrale Eiffage ? Quant à l’argument de la fourniture du Val-de-Marne en bitume produit sur place, il ne tient pas debout. Demande-t-on au département de Paris d’être auto-suffisant en enrobage à chaud ? Evidemment non ! Ce n’est pas à l’échelle du département mais de l’agglomération parisienne qu’il faut réfléchir à la distribution optimale des centrales d’enrobés. Et ce n’est certainement pas dans un zone concentrant 50 000 habitants à moins de 2 kilomètres, 3 écoles et 5 maisons de retraite qu’il faut implanter ce type d’usine. Le collectif remet à cette occasion la synthèse de la contre-enquête qui a déjà été réalisée et qui sera remise au préfet mercredi prochain.  Bien que courtoise, la discussion n’aboutit pas réellement à des décisions concrètes, si ce n’est trois engagements du maire de Bonneuil :

  • Mettre à disposition du collectif T’AIR-EAU 94 tous les documents d’enquête. Et notamment leur donner une photocopie de l’énorme dossier déposé à la mairie
  • Soumettre à son prochain conseil municipal les documents fournis par T’AIR-EAU94 ainsi que l’envoi au préfet d’une demande de moratoire pour l’ouverture de l’usine jusqu’à ce que les citoyens aient pu s’exprimer à l’occasion d’une nouvelle enquête publique. Monsieur le Maire ne s’engage pas à demander ce moratoire mais simplement à consulter  le conseil municipal pour voir si celui-ci souhaite réviser sa position.
  • A l’avenir … favoriser un débat public plus intense lors des projets d’installations classées et donner une publicité beaucoup plus large que les affiches officielles.

Epilogue … provisoire

Au-delà de la mobilisation citoyenne, il faut continuer à faire pression sur les trois conseils municipaux de Sucy-en-Brie, Saint-Maur-des-Fossés et Bonneuil-sur-Marne pour qu’ils prennent tous des positions claires et fermes contre l’implantation de la centrale Eiffage. Et qu’au minimum ils se rallient à une demande de moratoire de 6 mois permettant de reprendre l’enquête publique et de consulter l’ensemble des citoyens. Chaque commune à tendance à rejeter sur les deux autres la responsabilité de ne pas avoir agi à temps pour bloquer le projet. Mais en réalité aucune des trois n’a convenablement informé ses habitants puisque seuls trois personnes ont rempli le registre d’enquête alors que nous allons dépasser les 3000 signatures à la pétition. Bref, il faut utiliser pleinement les prochains conseils municipaux des trois communes pour revenir à la charge et demander à chacune des villes de prononcer un voeu pour un moratoire sur l’ouverture de l’usine. Nous ne cèderons pas là-dessus et nous rappellerons ceci en temps utile à tous les candidats aux élections législatives sur nos deux circonscriptions.

Compte rendu de Claude GRASLAND

Pour le collectif T’AIR-EAU94

P.S. Monsieur le Maire de Bonneuil s’est plaint d’avoir reçu des messages à caractère insultant de personnes se réclamant du collectif T’AIR-EAU 94. Nous lui avons répondu que le collectif condamne les formes d’action de ce type et que la force de notre mouvement citoyen réside précisément dans le respect de la loi et des personnes.

3 commentaires

  1. Bravo à tous les participants de cette manifestation. J’étais en Allemagne pour voir ma belle famille ce samedi et ceci m’a inspiré la réflexion suivantes.

    Alors que l’exemple de l’Allemagne est souligné pour reculer sur des salaires, où se trouve la vraie différence entre l’Allemagne et la France : dans l’anticipation !

    En France, nous sommes gouvernés par des personnes en cravate ou en T shirt qui ne voient pas assez loin, enfermés dans un conservatisme centralisateur. On continuait a utiliser l’amiante alors que d’autres pays arrêtaient. En France, en 1996, on utilisait environ 35.000 tonnes d’amiante alors que d’autres pays l’avaient interdit. [http://www.senat.fr/rap/r05-037-1/r05-037-127.html]. Plus récemment c’est la même chanson pour des médicaments dangereux. Ah, on ne savait pas !

    Il y a toujours cet argument de ne rien changer propre aux capitalismes (on va perdre de l’argent) Sucy/Saint-Maur ou aux communismes (on va perdre des emplois) Bonneuil ! Pendant ce temps des hommes et des femmes meurent de décisions à courte vue.

    Gouverner c’est prévoir et il n’y a qu’un seul parti politique qui pense à l’avenir, pour une transition énergétique, pour diminuer la consommation d’énergie et de bitume. Qui a donc besoin de 400 000 tonnes de bitume dans le Val-de-Marne ?

  2. « A l’avenir … favoriser un débat public plus intense lors des projets d’installations classées et donner une publicité beaucoup plus large que les affiches officielles. »

    Cela est trop facile ! Ne cédons pas !
    Bon courage

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s