Bataille médiatique : faites circuler le dossier de presse !

Les membres et sympathisants du collectif T’AIR-EAU94 doivent tout faire pour alerter les médias,. Tout d’abord pour renforcer la couverture de la manifestation du 2 juin.

RENDEZ-VOUS 10 HEURES MAIRIE DE SUCY OU PLACE DES MOLENES à SAINT-MAUR

Mais aussi au delà de cette date pour assurer au préfet du Val-de-Marne et à la société Eiffage toute la publicité qu’ils méritent.

Car la clé de la victoire peut résider autant dans la bataille médiatique que dans la bataille juridique.

Les faits que nous avons mis en évidence sont à ce points accablants qu’il devrait suffit de les rendre public pour que le préfet revienne sur son arrêté (s’il veut garder son poste) ou pour qu’ Eiffage arrête l’exploitation d’une centrale qui à la fin lui coûtera plus en terme d’image qu’elle ne lui rapportera.

Transmettez à tous les journalistes que vous connaissez le lien ci-dessous

https://taireau94.wordpress.com/dossier-de-presse/

Contre-enquête (6) : Aménagement durable du territoire et bien public (l’objection « NIMBY »)

Dans ce dernier volet de la contre-enquête, nous souhaiterions aborder de front ce qui constitue sans doute l’ultime argument de la préfecture et de la société Eiffage: l’intérêt de l’usine d’enrobés à chaud de Bonneuil en matière d’aménagement durable du territoire et le fait que les opposants à l’installation seraient pour une grande partie d’entre eux ce qu’il est convenu d’appeler des « Nimbyste » (de l’anglais Not In My Back Yard, pas dans mon jardin). Quels que soient les arguments déjà produits contre l’installation de la centrale, il ne faut pas sous-estimer ce dernier volet qui touche à des enjeux politiques mais aussi moraux. Que vaudrait une victoire face à l’installation Eiffage de Bonneuil si c’était pour la voir transférer les mêmes nuisances dans un autre lieu où des riverains plus pauvres ou moins informés ne seraient pas en mesure de résister ?

1. Le débat sur l’aménagement durable du territoire en milieu urbain

Indépendamment des motifs de maximisation du profit de l’actionnaire qui expliquent le choix d’une localisation de l’usine Eifffage proche de Paris, on ne peut écarter d’un revers de main les arguments en faveur de la localisation d’une usine d’enrobés dans un port fluvial. Monsieur le préfet Pierre Dartout ayant longtemps été directeur à la DATAR, il n’est pas impossible que cet argument ait pesé dans sa décision finale. Et il en va sans doute de même pour les administrateurs du Port de Bonneuil qu’on ne saurait soupçonner d’être tous des inconditionnels du bitume. Il faut donc peser avec soin les arguments à l’appui de l’installation de la centrale et montrer les alternatives à prendre en compte avant de trancher.

1.1 La réduction du transport routier pour l’acheminement des matières premières et la livraison du bitume

C’est l’argument premier des supporters de la centrale Eiffage de Bonneuil qui y voient un gain écologique lié à  une moindre consommation d’énergie et une moindre production de gaz à effet de serre. Les matières premières qui servent à produire les enrobés arriveraient en effet par bateau ou par train ce qui limiterait le flux de camion en entrée. Il en irait de même en sortie puisque, localisée au coeur de l’agglomération parisienne, la centrale d’enrobés de Bonneuil aurait moins de kilomètres à faire pour livrer les enrobés à chaud à ses clients du Val de Marne et surtout de Paris. On pourrait même ajouter que, dans la mesure où Eiffage compte recycler de vieux enrobés routiers en les fondant à nouveau, elle trouverait davantage de matière à recycler en se situant au coeur d’une banlieue dense à urbanisation ancienne où les vieux enrobés ne manquent pas.

Pour bien comprendre la validité de l’argument, on peut imaginer une translation de l’usine vers une localisation en grande périphérie de la région Ile de France où aucun riverain ne se situerait à proximité immédiate mais où une noria de camions devrait assurer les livraisons des produits servant d’entrée à la production et où une autre noria de camions assurerait le transport des enrobés vers les communes du Grand Paris qui seraient les principales consommatrices de ces enrobés. Compte tenu de la distance de transport, il faudrait sans doute ajouter aux enrobés des solvants dangereux pour assurer leur liquidité jusqu’au point d’épandage…

On voit que l’objection n’a rien d’anecdotique et qu’il faut sérieusement argumenter pour la réfuter.

1.2  Densité de population, Rente foncière et concurrence pour la localisation optimale des activités en milieu urbain

Avant de réfuter l’argument précédent, il convient de rappeler quelques règles géographiques et économiques de base sur la localisation des activités en milieu urbain. Comme chacun sait, la ville est un organisme dont la densité décroît du centre vers la périphérie, même si dans le cas des villes européennes, on observe souvent un cratère de densités un peu plus faibles  au centre (noyau historique) que dans la zone péricentrale. Cela est par exemple bien visible à Paris où c’est dans les arrondissements périphériques (13e, 18e, 19e, 20e) que la population est la plus concentrée (immeubles de 10 étages ou plus) tandis que le centre est caractérisé par un habitat du 19e siècle de hauteur plus faible et de vastes zones occupées par les musées, ministères ou parcs. Le centre géométrique ne correspond d’ailleurs pas au centre économique (La Défense) ou au centre d’accessibilité maximale par les transports en commun.  Mais le point important est la saturation des espaces centraux et la concurrence qui s’exerce entre les activités  économiques ou résidentielles pour se rapprocher le plus possible du centre puisque c’est le lieu d’où l’on peut rejoindre le plus facilement l’ensemble de l’agglomération (habitants) et accéder au marché le plus important (entreprises). Le prix du foncier va donc diminuer du centre vers la périphérie, reflétant la concurrence pour les localisations optimales du centre.

Ce cadre théorique étant posé, on comprend que les différents acteurs vont devoir effectuer des arbitrages économiques mais aussi politiques entre les candidats à l’installation en zone centrale. Seules les activités privées produisant le plus de valeur ajoutée peuvent payer le prix foncier d’une localisation centrale, tandis que les autres acceptent une perte d’accessibilité centrale pour disposer par exemple de terrains plus vastes.  Il en va de même pour ce qui est des services publics où l’on localisera au centre ceux qui maximisent le bien public du plus grand nombre tandis qu’on dispersera de façon polycentrique en périphérie les services d’intérêt moindre ou qui concernent de plus petits nombres  d’habitants. Les activités privées ou publiques s’établissent donc en auréoles en fonction de leur rentabilité économique ou de leur contribution au bien public.

Ce schéma n’est pas figé car la ville est un organisme en croissance. Une activité qui se trouvait en localisation périphérique dans les années 1960 peut se trouver aujourd’hui prise dans une situation péri-centrale qui va aboutir à des mutations ou reconversions. C’est typiquement la situation de la zone d’activité du Port Autonome de Bonneuil où les activités industrielles polluantes sont en situation de décalage croissant avec leur environnement urbain beaucoup plus dense qu’à l’époque de leur installation. Cela ne signifie pas qu’elles doivent nécessairement toutes partir vers les nouvelles zones industrielles de grande couronne installées le long de la Francilienne. Mais à tout le moins elles doivent évoluer et s’insérer différemment dans leur voisinage. Et qu’il faut désormais les surveiller davantage, par exemple à travers l’installation de capteurs permanents de pollution.

1.3 L’usine Eiffage de Bonneuil est optimale pour la rentabilité économique mais discutable pour le bien public commun

L’argumentation d’Eiffage que nous avons détaillé au point 1.1 est faussée dans la mesure où elle oppose deux situations théoriques d’installation de la centrale sans prendre en compte la concurrence possible d’autres activités pouvant assurer un bien être public plus important.

La rentabilité économique pour l’actionnaire Eiffage d’une centrale d’enrobés à chaud située dans le Port de Bonneuil ne fait aucun doute. Elle justifie le risque de payer un prix foncier élevé et d’affronter l’hostilité prévisible de riverains. Elle autorise même de larges investissements pour réduire autant que faire se peu les nuisances, la marge bénéficiaire attendue étant suffisante pour anticiper de telles marges de négociation. On peut même se demander si le choix scandaleux du lignite comme combustible n’a pas été conçu typiquement comme un leurre permettant de donner aux riverains l’illusion d’une victoire lorsque cette option serait abandonnée en cours de négociation.

L’intérêt public de l’installation est en revanche beaucoup plus discutable car, même si on doit reconnaître un certain nombre de vertus au raccourcissement des trajets de livraison du bitume, on peut se demander si le gain écologique final n’est pas annulé par cette facilité même de livraison. En réduisant le coût de fabrication et de livraison des enrobés à chaud, l’usine Eiffage de Bonneuil va assurer le maintien d’une dictature de l’automobile et du bitume et limiter le recours aux solutions alternatives. Une localisation plus éloignée de la centrale impliquerait des prix plus élevés sans que cela pénalise l’emploi puisque ce type d’installation n’est pas délocalisable à l’étranger. les communes qui pratiquent la « politique du bitume » (réfection sélective de trottoirs ou de rues en fonction de considérations électorales)   seraient contrainte de penser à de nouvelles politiques plus ambitieuses telles que la végétalisation des trottoirs ou la réparation ponctuelle des rues par des employés municpaux  (créatrice d’emploi) plutôt que la reprise de grands tronçons (ruineuse pour les finances municipales). En somme, un prix plus élevé du bitume aurait bien des avantages.

Mais surtout on pourrait en l’absence de l’usine Eiffage de Bonneuil proposer un autre aménagement du Port de Bonneuil qui est idéalement situé sur un noeuds de transport en commun (RER, TCSP, …). S’il est bien un lieu où l’on peut marier harmonieusement activité et emploi dans l’est parisien, c’est dans cet espace actuellement à l’abandon qui se trouve aux confins des communes de Sucy, Bonneuil et Saint-Maur. Une intercommunalité intelligente ne manquerait pas d’installer ici un écoquartier et des entreprises innovantes travaillant par exemple dans la rénovation du bâti ancien et l’isolation. La société Eiffage y serait, pourquoi pas,  la bienvenue et, à l’instar des constructeurs automobiles qui proposent désormais de louer l’usage d’une voiture plutôt que d’en acheter une, elle pourrait constituer une société d’entretien des voiries municipales avec normes environnementales élevées et  minimisation des apports de bitume !

2. Dépasser l’accusation de « Nymbisme » par de nouvelles formes de civisme

2.1 ) Qu’appelle-t-ton NIMBY ?

Pour la clarté du débat, il faut distinguer deux formes bien différente d’emploi du terme NIMBY, selon qu’il concerne l’hostilité à l’implantation d’une activité industrielle polluante ou qu’il relève davantage d’un arbitrage politique sur la localisation d’équipements publics.

  • Dans le cas des activités industrielles, l’accusation de « Nimbysme » est utilisée régulièrement par les industriels confrontés à l’hostilité de riverains. Et les sociétés de conseil qu’elles embauchent pour neutraliser les mouvements citoyens ont largement appris à manipuler cet argument en envoyant des spams sur les blogs ou en intervenant dans les débats publics. Nous ne nous attarderons pas sur ce qui relève de simples tactiques de communication stratégique de firmes visant à maximiser leurs gains.
  • Dans le cas des services publics, il existe toutefois également une forme bien réelle de « Nimbysme » que l’on rencontre plutôt dans des questions de politique publique et d’urbanisme. L’exemple typique est l’installation d’une décharge publique ou d’une prison, dont en général tout le monde s’accorde à reconnaître le bien fondé mais dont personne ne veut dans son quartier ou près de chez lui, d’où l’expression NIMBY : Not In My Back Yard (Pas dans mon Jardin).

Il existe ensuite des situations plus complexes, par exemple lorsque la loi SRU impose la création d’un minimum d’habitat social dans une commune et où certaines refusent d’appliquer la loi en disant préférer payer pour que ce soit d’autres communes qui accueillent les logements sociaux. Où lorsque des terrains doivent être mis à disposition des Gens du Voyage, etc…

2.2) Le rejet de la centrale Eiffage relève-t-il de l’accusation de « NIMBYsme » ?

Selon les communicants d’Eiffage qui ont abreuvé le blog de spams, les membres du collectif T’AIR-EAU94 et les signataires de la pétition seraient bel et bien des Nimbystes car ils refusent une centrale d’enrobés « d’intérêt général ». Plus grave, ils seraient  de « riches égoïstes » prêts à laisser la centrale s’installer dans un endroits où les gens moins nombreux et plus pauvres ne sauront pas se défendre, tel que la Seine-Saint-Denis ou une commune rurale isolée.  Enfin et surtout, les membres du collectif T’AIR_EAU94 ne seraient « pas de vrais démocrates » puisqu’ils refusent une décision publique qui a fait l’objet d’une enquête publique. Comment répondre sur ces différents points ?

  • La confusion entre « intérêt général » et « intérêt particulier » est évidemment un premier élément de réfutation que nous avons largement développé dans la première partie de cet article. Nous estimons que les gains de la centrale Eiffage en matière d’intérêt général sont nettement inférieurs aux pertes, qu’il s’agisse d’emploi, de santé, de qualité de la vie, etc. Nous avons pris actes des gains possibles qu’apporterait la centrale en matière de réduction des transports routiers mais nous estimons qu’ils sont annulés par le soutien que la centrale apporterait à un usage toujours plus développé de l’automobile. Et nous espérons des gains de transport autrement plus importants par l’installation d’une zone d’habitat et d’activité sur les terrains situés entre Sucy et Bonneuil.
  • L’argument des « riches égoïstes » près à laisser la centrale s’installer en zone rurale ou zone urbaine défavorisée est évidemment un procès d’intention visant à culpabiliser les riverains. Mais il comporte un fonds de vérité en ce sens que la résistance contre la centrale d’enrobés qui s’est installée à Bonneuil aurait sans nul doute été moins forte si les habitants avaient été moins nombreux (zone rurale) et s’ils avaient disposé de moins de ressources financières (attaque en justice) ou relationnelles (contacts avec les médias). La seule réponse légitime à cette accusation est de dire que nous ne sommes pas des « NIMBY » mais des « NIABY » (Not in Any Back Yard) qui ne souhaitent à personne une telle installation. En d’autres termes, et c’est un engagement que nous devons prendre, nous ne laisserons pas de centrale d’enrobés s’installer à moins d’un kilomètre d’une école ou d’une maison de retraite  comme ce fut le cas  à Bonneuil. Et nous soutiendrons le combat des collectifs présents et futurs qui rencontreraient de telles situations.
  • L’argument de « non respect de la démocratie » est évidemment le plus dérisoire lorsque l’on connaît les conditions dans lesquelles a eu lieu l’enquête d’utilité publique au sujet de la centrale Eiffage de Bonneuil. Ce qu’il convient de rappeler sur ce point est que les membres du collectif T’AIR-EAU94 sont disposés à obéir à toute décision de justice et que c’est précisément l’injustice de la procédure suivie lors de cette autorisation qui a été la raison première de l’indignation, avant même que les dangers sanitaires de la centrale ne soient confirmés par les travaux de l’OMS. C’est certainement sur ce point qu’Eiffage et la préfecture ont fait le preuve de plus d’incompréhension par rapport aux attentes de justice des riverains : quand bien même toutes les garanties sanitaires de non danger seraient fournies, nous n’accepterions pas l’ouverture de la centrale tant qu’une nouvelle enquête publique n’aurait pas été diligentée où les citoyens pourraient s’exprimer normalement.

2.3) Après Eiffage : encore un effort pour devenir des citoyens responsables …

Que se passera-t-il lorsque nous aurons remporté le combat contre l’ouverture de la centrale d’enrobés Eiffage ? Cette question n’a rien d’anecdotique et elle conditionne sans doute largement la victoire ou l’échec du mouvement présent.

En admettant qu’Eiffage démonte son usine pour l’installer quelque part au loin en Seine-et-Marne, pouvons nous sérieusement envisager un simple retour « à la normale » ? Pouvons nous imaginer de voir les mêmes citoyens qui défilaient hier contre la central de bitume venir aujourd’hui mendier auprès de leur adjoint au maire en charge de la voirie la réfection de LEUR tronçon de rue avec une belle couche neuve d’enrobés ? Pouvons nous continuer à voir la zone d’activité de Sucy-Bonneuil servir de glacis frontalier entre communes et communauté de communes ?

Notre mouvement sera jugé sévèrement s’il ne met pas en pratique dès aujourd’hui ses recommandations en matière de limitation de l’usage du bitume, de nouvelles pratiques d’aménagement du territoire à l’échelle intercommunale,  de solidarité avec les autres collectifs concernés par  l’installation d’installations dangereuses guidées par la simple rentabilité financière.

Conclusion : Du bon usage des conflits

Pour citer un article récente de la revue Métropolitique,  « les conflits d’usage de l’espace sont souvent présentés comme le résultat de comportements égoïstes, socialement nuisibles et économiquement coûteux. Mais André Torre montre qu’ils jouent pourtant, comme les processus collaboratifs, un rôle essentiel dans les mécanismes de gouvernance des territoires, en contribuant aux dynamiques territoriales et à l’expression démocratique des oppositions ». Le conflit qui oppose les riverains à la centrale Eiffage de Bonneuil apparaît ainsi à bien des égards comme un facteur de dépassement des égoïsmes communaux et de renouveau de la vie politique locale.

Claude GRASLAND

pour le collectif T’AIR-EAU 94

Pour en savoir plus

Torre A., 2011, Du bon usage des conflits ! L’expression des désaccords au cœur des dynamiques territoriales, Métropolitiques, 20/06/2011

Hamelin E &. Razemon O., 2012, La tentation du bitume: où s’arrêtera l’étalement urbain.

Définition du  phénomène NIMBY : Site de la région Wallonne.

Syndrome NIMBY et intérêt général : dossier de la revue Sciences Humaines

Café citoyen (gourmand) à Sucy-en-Brie, Mardi 22 Mai à 20h00

Nous étions apparemment trop enthousiastes en pensant que la mairie de Sucy-en-Brie saisirait l’occasion de la réunion sur le compostage pour laisser enfin le collectif T’AIR-EAU 94 s’exprimer … Notre demande de disposer d’une heure de débat à la suite de la réunion sur le compostage n’a reçu aucune réponse, pas plus que notre demande de salle de réunion depuis maintenant deux mois.

Il faut donc se résoudre à se réunir en plein air, ce que permet heureusement la température plus clémente. Nous vous proposons donc très symboliquement de nous réunir sur le terrain de boule mardi 22 mai à 20h00, juste en face de la salle où la mairie présentera à la même heure les innovations en matière de compostage. Même si nous ne méprisons pas la question du compostage, montrons que nous sommes plus nombreux à penser que la qualité de l’air est actuellement le sujet le plus prioritaire pour les habitants qui voient arriver avec inquiétude les premières nuisances sonores et olfactives. 

CAFE CITOYEN (GOURMAND*) DU COLLECTIF T’AIR-EAU94

Sucy-en-Brie, Mardi 22 mai, 20h00, devant la maison des familles.

Prévenez vos parents et amis signataires de la pétition …

Apportez thermos de café ou tisane, gobelets, gâteaux…

N’oubliez pas les vêtements chauds …

* Hommage discret à François Morel

Les membres du collectif feront le point sur les actions en cours, notamment sur le plan judiciaire, et sur les actions à venir. Il sera en particulier question de la grande manifestation  du Samedi 2 juin qui verra converger les habitants de Sucy-en-Brie et de Saint-Maur-des-Fossés vers la centrale Eiffage de Bonneuil

Contre-enquête (5) : La centrale d’enrobés de Bonneuil est-elle comparable à celles utilisées par Eiffage pour l’étude d’impact ?

Nous avons souligné à plusieurs reprises le caractère scandaleux de l’étude d’impact qui s’est fondée sur les « retours d’expérience d’Eiffage » à partir de trois de ses centrales d’enrobés situées à Esvres-sur-Indre, Montecourt-Lizerolles et Estrées-Saint-Denis. Nous souhaiterions ici montrer que ces centrales sont situées dans des contextes géographiques non comparables à celui de la centrale de Bonneuil, tant en nombre d’habitants concernés qu’en nombre d’industries polluantes déjà présentes.

1. La centrale Eiffage de Montescourt-Lizerolles

1.1. Adresse officielle

Morin Enrobés Aisne
rue de la raperie
02440 Montescourt-lizerolles

1.2 Impact démographique à 2 kilomètres

L’usine se situe dans une commune de 1669 habitants. Les communes voisines (Clastres, Essigny, Gibercourt, Remigny et Jussy) totalisent 3397 habitants ce qui fait environ 5000 habitants situés dans la zone concernée par l’étude d’impact. Mais l’analyse de la localisation plus précise des zones habitées  montre que l’on ne trouve guère plus de 2000 habitants  dans un rayon de deux kilomètres autour de la centrale, ce qui est 25 fois moins que la situation observée à Bonneuil.

 

1.3 Impact local sur les riverains

Un zoom plus précis montre que l’usine d’enrobés se situe au centre du village de Montescourt-Lizerolles et est entourée d’habitation de tous côtés à moins de 300 ou 400 mètres. La situation est donc comparable à celle de l’usine Eiffage de Bonneuil, à cette différence près qu’il n’y a pour ainsi dire pas d’autres usines polluantes dans le village et que l’on se situe en zone rurale. Il n’y a donc pas d’effets cumulés comparables à ceux observés à Bonneuil qui concentre industrie et voies de circulations polluantes.

2. La centrale Eiffage d’Esvres sur Indre

2.1 Adresse officielle

Touraine Enrobés,  La Huaudiere, 37320 Esvres sur Indre

2.2 Impact démographique à 2 kilomètres

La centrale est située dans une zone d’activité (en violet) éloignée de plus d’un kilomètre du centre de la commune d’Esvres sur Indre. Le cercle de 2 kilomètres autour de la centrale est totalement inclus dans la commune d’Esvres sur Indre qui totalise  4481 habitants en 2009. Sachant que toutes les zones d’habitat de la commune (en rose) ne sont pas dans le cercle de 2 kilomètres, on peut estimer à environ 2500 habitants le nombre de personnes subissant l’impact de l’usine d’enrobés. C’est 20 fois moins que dans le cas de l’usine de Bonneuil….

2.3 Impact local sur les riverains

Au niveau local, l’usine Eiffage se situe en limite de la zone d’activité d’Esvres sur Indre et est pour l’essentiel entourée de forêts ou de champs. Son impact sur les habitants et sur les travailleurs des autres établissements de la zone apparaît de ce fait plus limité. Il s’agit à l’évidence d’une localisation beaucoup moins nuisible que celle de l’usine de Bonneuil, même si on ne peut négliger la présence d’habitations proches aux alentours de 300 à 600 mètres.

3. La centrale Eiffage d’Estrées Saint Denis

2.1 Adresse officielle

Morin Enrobés Oise, avenue de Flandre, 60190 Estrées-Saint-Denis

2.2 Impact démographique à 2 kilomètres

Comme dans le cas d’Esvres-sur-Indre, la centrale Eiffage d’Estrées-Saint-Denis est située dans une zone d’activité située en périphérie de la commune, le long d’une voie de chemin de fer qui assure la livraison et l’expédition des produits. La zone résidentielle est située dans l’ensemble à plus d’un kilomètre de la centrale et ne concerne que la commune d’Estrées-Saint-Denis qui totalise 3594 habitants en 2009. En admettant que la quasi totalité de la population soit située à moins de 2 kilomètres de la centrale, on aurait environ 3500 habitants proches, ce qui est tout de même 15 fois moins que dans le cas de la centrale Eiffage de Bonneuil.

2.3 Impact local sur les riverains

Le zoom révèle la présence d’un ensemble d’habitations (en rose) relativement proches de l’usine Eiffage et entourées de zones industrielles (en violet). La proximité de la gare explique sans doute le développement de ce quartier d’habitation. La population située à proximité de la centrale  demeure toutefois assez réduite et on n’y trouve ni écoles ni maisons de retraites.

4. La centrale Eiffage de Bonneuil est-elle comparable ???

2.1 Adresse officielle

Eiffage travaux publics, rue du moulin-bateau, Bonneuil-sur-Marne

2.2 Impact démographique à 2 kilomètres

Etablie à la même échelle que les trois cartes précédentes et avec le même outil (Geoportail), la carte de l’impact à deux kilomètres frappe par la saturation générale de l’espace environnant en termes d’activités (violet) ou d’habitat (rose). Dans aucun des trois sites précédents on ne trouve une telle concentration d’habitats et d’activités. Outre l’impact démographique (plus de 50 000 habitants), c’est l’occupation du sol qui n’a rien à voir avec les cas cités en exemple par Eiffage. Sans parler de la densité du réseau de transport qui ajoute une forte pollution à celle déjà émise par les entreprises du Port de Bonneuil. Il est clair que les paramètres de pollution qui ont été mesurés par Eiffage à Esvres sur Indre, Estrées Saint-Denis ou Montecourt ne sont pas transposable à la situation de Bonneuil. La seule centrale d’enrobés comparable, à notre connaissance, serait celle de Gennevilliers.

2.3 Impact local sur les riverains

La concentration d’activités à proximité de la centrale de Bonneuil est beaucoup plus élevée que dans les cas soumis par Eiffage. Seul Esvres-sur-Indre soutient quelque peu la comparaison, mais avec deux différences notables : (1) à Esvres la centrale est situé en bordure de la zone d’activité et entourée de zones agricoles ou forestières ce qui n’est pas le cas à Bonneuil ; (2) à Esvres, la population est relativement éloignée de la zone d’activité alors qu’à Bonneuil elle entoure littéralement la centrale avec une continuité du bâti. Enfin et surtout, on trouve à Bonneuil  écoles, crèches et maisons de retraites  à moins de 1 kilomètre de la centrale ce qui n’est pas le cas dans les autres exemples.

Conclusion : une exception monstrueuse ?

Si l’on s’en tient aux trois centrales d’enrobés qu’Eiffage a utilisées pour valider l’étude d’impact (Esvres, Montrecourt, Estrées) nous pouvons conclure à coup sûr que la centrale de Bonneuil est une exception monstrueuse aux règles habituelles d’implantation des centrales d’enrobés.

Si on considère que la centrale de Bonneuil n’est pas une exception, alors qu’on nous fournisse la liste des centrales comparables et qu’on utilise les paramètres de centrales équivalentes pour modéliser l’impact de la centrale de Bonneuil. Mais nous doutons fort que ce soit le cas et tout nous porte à croire qu’ il n’existe aucun équivalent à la centrale de Bonneuil en matière d’impact potentiel sur un nombre aussi élevé d’habitants.

En tout état de cause, l’étude d’impact sanitaire qui a conduit à l’autorisation est invalide car elle n’a pas considéré des situations comparables .

Manifestation du 2 juin et caetera

Vous pouvez faire signer des promesses de dons pour l’ action juridique grâce au formulaire qui vous sera envoyé sur simple demande (attention, c’ est urgent : le dépôt du recours doit être fait avant la fin du mois) à
taireau94@voila.fr
Gardez libre sur votre agenda le matin du samedi 2 juin. La manifestation partira à 10h de la place des molènes à Saint-Maur ou de la mairie de Sucy. Venez avec une fleur blanche, des instruments à bruit (une casserole et une cuillère peuvent tout-à-fait faire l’ affaire) et un carton peint en noir de la forme de vos poumons avec de quoi attacher votre œuvre  que vous porterez sur vous (un brin de raphia fera tout-à-fait l’ affaire).

Pour ceux qui hésitent sur la forme à donner à la chose, le collectif vous propose cette image à imprimer format A4 pour les enfants et agrandir en A3 pour les adultes, puis à découper et coller sur un carton . Vous pouvez aussi découper la silhouette générale et la peindre entièrement en noir si les dessin des bronches ne vous sied pas au teint…

Venez tous à la réunion « TERREAU » Mardi 22 Mai à Sucy-en-Brie …

Il faut savoir reconnaître ses torts … Nous avions décidément mal jugé la mairie de Sucy-en-Brie en protestant depuis plusieurs semaines contre l’absence de réponse à la demande de réunion du collectif T’AIR-EAU 94.

Car avec le sens de l’humour qui les caractérise, Madame le Maire Marie Carole Ciuntu et son adjoint Jean-Pierre Chaffaud nous ont préparé une grande réunion publique consacrée au compostage c’est-à-dire au … TERREAU !   

C’est donc avec le plus grand plaisir que nous appelons tous les membres du collectif T’AIR-EAU à se rendre nombreux à cette invitation pour débattre enfin publiquement sur Sucy-en-Brie des nuisances de l’usine Eiffage de Bonneuil !