RN406 : rencontre avec le commissaire enquêteur

Samedi 29 juin, nous avons rencontré à la mairie de Sucy-en-Brie Mr Lepautremat, commissaire enquêteur en charge de l’étude d’impact sur le prolongement de la RN406 qui assurait une permanence à destination du public. Il nous a reçu avec une grande courtoisie … puisque nous étions les premiers à déposer une observation dans le registre d’enquête de Sucy-en-Brie. Il est vrai que l’on peut également déposer des commentaires via internet à l’adresse suivante

https://www.enquetes-publiques.com/Enquetes_WEB/FR/CONSULTER-A.awp?P1=EP19230

QUE PEUT-ON ATTENDRE DE LA PRESENTE ETUDE D’IMPACT ?

Pour le dire brièvement, rien ou pas grand chose !

Mr Lepautremat nous a très gentiment expliqué que l’enquête actuelle ne porte que sur les impacts environnementaux de la construction de l’autoroute, à savoir l’eau, la faune et la flore. On peut certes faire des observations sur les impacts économiques ou sociaux et sur les nuisances affectant l’animal étrange qu’est l’homme … Mais elles ne seront pas prises en compte dans la synthèse finale, tout au plus mentionnées comme témoignage de personnes n’ayant pas compris l’objet de l’enquête qui est strictement limité à l’eau, la faune et la flore. Pour être bien clair, la déclaration d’utilité publique ne sera pas remise en cause puisqu’elle a déjà eu lieu et la seule chose que l’on peut attendre de la présente enquête sera de petits aménagements au moment de la construction.

FAUT-IL POUR AUTANT SE TAIRE ET RENONCER A DEBATTRE

La réponse de notre point de vue est clairement non !

Mr Lepautremat nous a indiqué que la plupart des témoignages actuellement déposés sur les registres à Bonneuil ou sur internet sont des prises de position sur l’intérêt de l’infrastructure. Elles sont généralement pour et très rarement contre, ce que l’on peut facilement vérifier en suivant le lien indiqué au début de ce billet.

En d’autres termes, et même si ce n’est pas l’objet de la présente enquête, il y a en ce moment un débat démocratique entre habitants des communes concerné(e)s par l’infrastructure et il est important que toutes les voix se fassent entendre. Le but n’est pas de dresser les habitants les uns contre les autres mais bel et bien d’échanger des arguments entre citoyens concernés pour chercher la meilleure solution.

Il ne faut pas non plus être naïfs. Parmi les témoignages, on trouvera à la fois d’authentiques citoyens s’exprimant en leur nom propre. Mais aussi des lobbys cherchant à pousser une position.

EXPRIMEZ-VOUS !

En fonction de votre connaissance et vos intérêts, vous pouvez apporter un témoignage ou un avis sur la RN 406.

  • si ce témoignage concerne la flore, la faune ou l’eau, il sera réellement pris en compte dans les conclusions et pourra servir à réduire les nuisances lors de la construction de l’infrastructure.
  • si ce témoignage concerne les impacts économiques, sociaux ou humains, il ne sera pas pris en compte directement dans les conclusions de l’enquête mais sera néanmoins signalé dans les annexes du rapport du commissaire enquêteur.

Il serait dommage que le rapport de 400 pages qui décrivent les nuisances liées aux camions qui vont emprunter des voies de circulation inadaptées ne soit pas lu ni compris par les citoyens qui vont en subir les conséquences. Nous sommes tous des crapauds calamites !!!

A vous de jouer !

Sachez que vous pouvez soit déposer un document .pdf si vos observations dépassent quelques lignes et peuvent comporter des images ou des plans. Voici à titre d’exemple le témoignage déposé par un membre du collectif T’AIR-EAU94 sur les impacts prévisibles en matière de transport :

Contribution_Claude_Grasland

T’AIR-EAU94

 

 

 

 

T’AIR-EAU94, LE RETOUR … DE LA RN406

Il n’est jamais évident pour des militants ou  lanceurs d’alerte de se lancer dans une action nouvelle dont on ne mesure pas forcément le temps et l’énergie qu’elle va demander…. Mais s’agissant de l’enquête publique sur le prolongement de la RN406 vers le Port de Bonneuil-sur-Marne, il y a malheureusement urgence à se mobiliser car il ne reste plus qu’un peu moins de deux semaines aux citoyens concernés pour déposer des observations dans les registres d’enquête ouverts dans les mairies de Bonneuil-sur-Marne et Sucy-en-Brie.

Les enjeux en trois cartes

En première analyse, le prolongement de la RN406 vers le Port de Bonneuil répond à un enjeu purement local de désengorgement du trafic qui traverse aujourd’hui la commune de Bonneuil et qui impose depuis cinquante ans bruit et pollution aux riverains de l’unique voie de sortie. Il s’agit d’un enjeu légitime et il est sans nul doute exact qu’une solution doit être trouvée à la connexion du Port de Bonneuil vers le réseau autoroutier qui évite le centre-ville de Bonneuil et, par ricochet, la ville de Saint-Maur des Fossés.

Rétablir la VDO ?

Mais le tracé qui a été retenue à la suite de la première enquête d’utilité publique répond à un tout autre enjeu qui est le rétablissement du projet de voie de desserte orientale du Val-de-Marne (VDO)  abandonné il y a une quinzaine d’année mais toujours présent dans la tête des partisans du productivisme et des lobbyistes du routier. La VDO devait initialement se composer d’une autoroute à 4 voies reliant la RN6 et la RN4 qui aurait éventré tout le quartier des Noyers et des Berges à Sucy-en-Brie, avant de poursuivre ses ravages sur les coteaux de Chennevières. On ne parle plus désormais que d’un « boulevard urbain », éventuellement nanti d’une ligne de transport collectif, mais il s’agit d’un leurre car le but est bel et bien de faciliter la circulation des camions qui traversent aujourd’hui Sucy et Ormesson pour éviter les tronçons saturés de l’A86.

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Extrait de l’étude d’impact de la RN406 mettant en évidence les raisons actuelles de la traversée de Sucy et Ormesson par les poids lourds

Le projet de VDO n’est-il pas la vraie raison de l’actuel tronçon ?

Mais alors pourquoi construire un tronçon autoroutier dont on sait qu’il ne dissuadera pas les camions de continuer à emprunter le réseau local plutôt que le réseau autoroutier principal ? S’il ne s’agissait que de délester les riverains de Bonneuil des nuisances actuelles, d’autres tracés poins coûteux que celui qui a été retenue étaient possibles. La raison véritable du tracé retenu est en réalité plus simple : il s’agit avec une obstination qui suscite l’admiration et la consternation de tenter encore et toujours de construire cette fameuse VDO dont les édiles des communes de Bonneuil et Sucy attendent monts et merveilles en matière de développement économique du Port de Bonneuil et de la zone d’activité des Petits Carreaux. La commune de Sucy-en-Brie n’a en effet jamais effacé le tracé de la VDO de son PLU. Et l’étude d’impact présente tranquillement un scenario de trafic en 2030 où la VDO est bel et bien contruite !

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Le trait rouge qui part de la jonction de la RD111 et de la RD124  vers le Nord-Est ne correspond à aucune infrastructure existante. Son tracé est exactement celui prévu par l’ancienne VDO, même si le nom n’apparaît pas…

Est-ce qu’au moins la réalisation de la VDO réduira le transit de camion ?

Les habitants des zones éloignées du projet de VDO pourraient se demander avec un brin de cynisme si les nuisances imposées aux habitants du bas de Sucy ou de Chennevières ne les soulageront pas (enfin) des passages de camion et des embouteillages aux portes de Sucy. Et bien, rien n’est moins sûr ! Car l’étude d’impact détaillée prévoit au contraire une généralisation des embouteillages sur tous les itinéraires traversant Sucy-en-Brie, Ormesson et Chennevières, mais aussi à un moindre degré Saint-Maur et même Bonneuil. Car ne l’oublions pas, toute infrastructure routière nouvelle augmente le trafic au lieu de le réduire.

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Les traits indiquent les blocages (rouges) ou embouteillages (orange)  à l’heure de pointe du matin en 2030. La nouvelle infrastructure reliant la RN406 au port de Bonneuil apparaît en bleu car elle aurait un trafic limité (200 à 400 véhicules). Par contre tout un trafic d’opportunité se dirigerait vers la future VDO (980 à 400 véhicules) mais aussi vers le pont nord de Sucy (1520 à 300 véhicules) le pont sud de Sucy et toutes les avenues conduisant vers la RN4.

Que faire ?

S’il y a bien une chose que le collectif T’AIR-EAU 94 a appris de la bataille contre l’usine d’enrobage de bitume Eiffage entre 2012 et 2016 c’est que le combat contre ce type de projet ressemble davantage à un marathon qu’à un sprint. Il faut certes profiter des derniers jours d’enquête publique pour se manifester. Mais il faut surtout prendre le temps de connaître à fonds le dossier pour en dévoiler toutes les failles. Et faire preuve d’une grande honnêteté dans la critique sous peine de perdre toute crédibilité.

Mobiliser l’intelligence collective des citoyens

Les lanceurs d’alerte sont rarement omniscients. Qui pourrait comprendre seul l’ensemble des enjeux juridiques, écologiques, économiques, sociaux, politiques, techniques, … d’une infrastructure aussi lourde que l’usine Eiffage où la VDO ? Mais on trouve généralement toutes les connaissances utiles chez les citoyens mobilisés et le travail fondamental consiste à faire circuler ces connaissances dans le public après les avoirs soigneusement vérifiées (car les cabinets de conseils au service des lobbies industriels et autoroutiers sont très actifs et efficaces en matière de désinformation). Donc si le sujet vous intéresse, aidez nous d’abord à décortique le monstre que constitue l’étude d’impact accessible en ligne en cliquant ici . De prime abord, la tâche paraît immense, mais il faut essayer de s’attaque à chacun des documents et faire porter son expertise sur les sujets qu’on connaît le mieux :

 

etude d'impact.jpeg

Participer à l’enquête publique avant le 4 juillet

Il reste jusqu’au 4 juillet pour faire remonter par écrit des observations dans les cahiers d’enquête ouverts dans les mairies de Sucy et de Bonneuil aux dates suivantes et, si possible, pour rencontrer le commissaire enquêteur et échanger oralement avec lui.

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Faire circuler l’information dans vos réseaux, sociaux ou non

Un argument sera d’autant mieux entendu par le commissaire enquêteur qu’il sera porté simultanément dans le registre par plusieurs citoyens. Nous essayerons dans les semaines à venir de vous fournir quelques arguments via le site T’AIR-EAU94. Mais n’hésitez pas à mobiliser de votre côté tous les réseaux dont vous disposez (Twitter, Facebook, Blog, listes de mails, …) pour faire circuler vos découvertes.  Il n’y a pas de temps à perdre …

A bientôt,

T’AIR-EAU 94

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Circulation alternée … mais aussi pollution au bitume alternée ?

La circulation alternée est sans doute une bonne idée pour lutter contre la pollution aérienne lors des pics de pollution. Mais il était assez frappant de voir que le pic de pollution n’empêchait visiblement pas les DEUX  usines de bitume du Port de Bonneuil de tourner à plein pendant le pic de pollution. Ne pourrait-on pas leur imposer aussi la pollution alternée ?

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Bonne année quand même !

Le Port de Bonneuil enfin sous surveillance par AIRPARIF ?

Après toutes ces années de combat, on se frotte un peu les yeux en se demandant s’il faut vraiment y croire. Mais il semble – nous disons bien « il semble » – qu’un timide début de victoire se dessine avec l’annonce sur le site AIRPARIF d’une vraie campagne de mesure de la qualité de l’air comportant des points de sondages convenablement espacés tout autour du port et mesurant tous les polluants importants, des particules fines aux HAP. En tous les cas, faites vous votre opinion en lisant (1) le communiqué d’AIRPARIF (reproduit en intégralité ci-dessous de peur qu’il ne disparaisse du web) et (2) l’article du Parisien avec la réaction d’un membre fondateur du collectif T’AIR-EAU 94


 

« Surveillance de l’air autour du Port de Bonneuil » (site AIRPARIF, 15 Février 2016)

http://www.airparif.asso.fr/actualite/detail/id/158

Airparif lance une première campagne de mesure de la pollution de l’air autour du Port de Bonneuil-sur-Marne, qui constitue la 2ème activité portuaire en Île-de-France.

Cette campagne de mesure constitue le premier volet d’une étude plus complète proposée par Airparif, en partenariat avec Ports de Paris , compte tenu des activités industrielles de ce secteur et des questionnements des riverains, des municipalités environnantes ou des responsables du Port de Bonneuil-sur-Marne.

Le programme complet de surveillance de cette zone s’articulera, sur plusieurs mois, autour de trois parties :

  •  Volet 1 : deux campagnes de mesures des niveaux de pollution liés aux polluants atmosphériques réglementés pour leurs effets sur la santé.

Ces mesures seront complétées par un travail de recensement et de quantification de toutes les sources de pollution sur cette zone qui permettra de renforcer la précision de l’inventaire des émissions de ce secteur dont dispose Airparif ;

  •  Volet 2 : une démarche participative pour recenser et analyser les signalements des riverains vis-à-vis des nuisances olfactives ;
  •  Volet 3 : une concertation avec les acteurs du territoire et un partage des résultats.

 

Volet 1 : une trentaine de points de mesures sur le port et à ses alentours 

Deux campagnes de mesure, d’un mois chacune, sont prévues. La première débute aujourd’hui, en conditions hivernales. La seconde est prévue à la fin du printemps/début de l’été.

Au total, ce sont une douzaine de polluants qui vont être mesurés sur 3 sites automatiques avec :

  • un suivi en temps réel des concentrations en particules PM10 et PM2.5 et celles d’oxydes d’azote,
  • des prélèvements quotidiens, analysés ensuite en laboratoire, pour les d’Hydrocarbures Aromatique Polycycliques (HAP) et des prélèvements hebdomadaires pour plusieurs métaux (Arsenic, Nickel, Cadmium, Plomb, Cuivre).

En complément, une vingtaine de sites seront instrumentés pour un suivi hebdomadaire par analyses en laboratoire pour les retombées de poussières, les oxydes d’azote et le benzène ; aussi bien autour du port et que dans les communes environnantes.

L’objectif de ce dispositif est de pouvoir cartographier et de qualifier les niveaux de pollution en fonction du type de polluant sur une large zone autour du Port de Bonneuil-sur-Marne. Avec la quantification des sources d’émissions, ces travaux permettront de  préciser les  contributions des différentes sources de pollution locales : industries, trafic routier et chauffage domestique.

Plan satellite du port autonome de Bonneuil et emplacement des sites de mesure

 

Volet 2 : dispositif de participation des citoyens et de recensement des nuisances liées aux odeurs

En complément de l’étude des polluants réglementés et afin de prendre en compte le ressenti des riverains, Airparif prévoit de les associer à un dispositif de recueil des nuisances olfactives autour de la zone du Port de Bonneuil.

L’objectif de cette démarche est à la fois de suivre la fréquence et l’intensité du ressenti de ces nuisances et d’identifier si elles peuvent être corrélées avec des activités particulières (industrielles ou non), en fonction des conditions météorologiques.

Une application mobile et une page internet pour centraliser ces signalements sont en cours de mise en place pour être opérationnelles courant mars.

 

Volet 3 : concertation et présentation des résultats

Au-delà de la surveillance de la qualité de l’air, Airparif veille à la transparence de ses activités et de ses résultats. La concertation autour de cette étude a débuté au printemps 2015 et les parties prenantes ont déjà été réunies pour présenter les différentes étapes de l’étude. D’autres réunions permettront de partager les résultats intermédiaires et le rendu final, prévu pour la fin d’année 2016.


 

Pollution : l’air du port de Bonneuil va enfin être mesuré

http://www.leparisien.fr/bonneuil-sur-marne-94380/pollution-l-air-du-port-de-bonneuil-va-enfin-etre-mesure-14-02-2016-5544575.php

Elsa Marnette | 14 Févr. 2016, 16h32 | MAJ : 14 Févr. 2016, 16h32

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Bonneuil-sur-Marne, vendredi. L’association Airparif va mesurer le taux de pollution sur le port autonome de Bonneuil et dans les environs. Trois camions comme celui-ci ont été installés sur le port et à Saint-Maur.
Bonneuil-sur-Marne, vendredi. L’association Airparif va mesurer le taux de pollution sur le port autonome de Bonneuil et dans les environs. Trois camions comme celui-ci ont été installés sur le port et à Saint-Maur. (LP/E.M.)

Bientôt, vous saurez ce que contient l’air inspiré sur le port autonome de Bonneuil-sur-Marne et dans les environs. L’association indépendante Airparif lance ce lundi une campagne destinée à mesurer la quantité de polluants liés à l’industrie et au trafic routier.

Ports de Paris, qui débourse 135 000 € pour cette étude d’un an, accède ainsi à une demande faite de longue date par les élus et habitants de la zone.

Pourquoi effectuer une telle campagne ? Le port concentre plus de 150 entreprises sur moins de 200 ha. De quoi inquiéter les riverains sur ce que contient l’air qui les entoure. Et l’installation, en 2012, d’une usine de bitume d’Eiffage avait mis le feu aux poudres. A grand coup de pétitions et de manifestations, deux collectifs avaient protesté contre les supposées nuisances olfactives et sanitaires liées a cette industrie. « L’épisode Eiffage a lancé le débat de savoir si l’air était pollué », concède Eric Fuchs, directeur du port.

« Il y a eu une prise de conscience globale »

(LP/C.N.) « Notre bataille a permis de faire réaliser que le port n’était pas surveillé, assure tout de go Sylvie Grasland-Deslot. Il y a eu une prise de conscience globale. » Cette habitante de Sucy a accueilli avec contentement la campagne de mesures de la qualité de l’air qui débute ce lundi sur le port de Bonneuil. En 2012, elle avait fondé le collectif T’air-Eau pour s’indigner de l’installation d’une usine de bitume d’Eiffage à proximité d’écoles, de maisons de retraite et d’habitations. Les manifestations avaient regroupé jusqu’à 500 personnes. « Nous réclamions un capteur Airparif, rappelle-t-elle. Même si c’est transitoire, c’est une bonne chose.Il faut qu’il y ait davantage de contrôles. »

En quoi consistent ces mesures ? Trois camions, reconnaissables à leurs drôles d’antennes sur le toit et au logo Airparif, vont stationner un mois durant. Deux à Bonneuil et un dans la ville voisine de Saint-Maur. Leur rôle : mesurer la présence de particules fines et de métaux (arsenic, nickel, cadmium, plomb, cuivre que l’on retrouve dans les activités industrielles et notamment l’enrobage). En parallèle, une vingtaine de sites accueilleront des tubes dont le contenu sera étudié en laboratoire à la recherche de particules et de dioxyde d’azote. La même campagne sera répétée en mai.

A noter que le public pourra aussi participer en installant sur son téléphone une application pour émettre des plaintes liées aux odeurs. Concrètement, il sera possible de signaler une mauvaise odeur et de recevoir une explication sur sa raison.

Qu’en pensent les concernés ? Ils sont unanimes, c’est une « excellente nouvelle ». « C’est fondamental de faire un point zéro », se félicite Sylvie Grasland-Deslot, à l’initiative du collectif T’air Eau, qui avait, le premier, alerté sur la présence de l’usine d’Eiffage (lire par ailleurs).

Même satisfaction du maire PCF de Bonneuil. Patrick Douet évoque une campagne « gagnée de haute lutte » tandis que le maire LR de Saint-Maur Sylvain Berrios — toujours en procédure judiciaire contre l’usine de bitume » — parle d’une « avancée demandée de longue date ».

Chez Eiffage également, on « approuve » cette campagne. « Cela va tester l’ensemble des usines du port et permettre que l’on ne se focalise pas que sur nous », précise-t-on chez l’industriel, « qui répondra à toutes les sollicitations ».

Que faire ensuite des résultats ? « Si on arrive à prouver que l’air est bon, tant mieux pour moi !, sourit le directeur du port. Et si les taux sont mauvais, on ira voir les pollueurs et on cherchera des solutions. » Les résultats de cette campagne seront transmis aux conseils locaux de l’information portuaire, une instance réunissant des associations et citoyens riverains. « Ce que l’on veut, insiste Eric Fuchs, c’est être dans une démarche scientifique et transparente. »

Délibération du conseil municipal de Sucy-en-Brie sur l’usine Eiffage: l’art du double langage !

 Il est des images qui se passent de commentaires. Aussi nous laissons les lecteurs de ce blog juger par eux-même de la façon dont la majorité municipale UMP de Sucy-en-Brie, soutenue par les élus du Parti Socialiste,  a décidé le 15 Décembre 2014 de « ne pas émettre d’opposition à l’implantation de l’usine Eiffage de Bonneuil ». 

Même si cet avis était assorti de réserves, il n’en constituait pas moins un avis favorable et a été comptabilisé comme tel dans l’enquête publique. Sucy-en-Brie est donc la seule commune ayant soutenu la réouverture de l’usine Eiffage, puisque toutes les autres communes concernées ont émis un avis défavorable tandis que la mairie de Bonneuil trouvait plus habile de ne pas se prononcer dans les délais prévus …

Colère et indignation : malgré 603 participants à l’enquête publique, le préfet renouvelle l’autorisation d’exploitation d’Eiffage.

C’est avec colère et consternation que nous apprenons la décision du préfet du Val-de-Marne de renouveler l’autorisation d’exploitation d’Eiffage, au vu des conclusions du rapport d’enquête publique de 200 pages. Malgré plus de 600 témoignages, dont trois seulement favorables à l’implantation Eiffage, la préfecture renouvelle le permis de polluer et ne prend même pas la décision d’interdire l’usage du lignite …

A) Une enquête publique RESPECTUEUSE DES FAITS, mais à la conclusion illogique ET SCANDALEUSE

Il n’est pas dans notre intention de remettre en cause l’honnêteté de Madame la Commissaire Enquêteur qui a pris soin dans un rapport de plus de 200 pages de relater dans le détail l’ensemble des positions des personnes qui ont répondu à l’enquête publique et qui n’a pas fait obstacle au débat. Le document joint ci-dessous est en cela un reflet fidèle des positions exprimées, et niotamment le fait que seuls 3 témoignages  de citoyens sur 600  (0.5%) sont favorables à l’implantation d’Eiffage

EFFAGE – Rapport d’enquête commissaire enquêteur 02.15

Il est en revanche étonnant, voire scandaleux que ce rapport conclue favorablement à l’autorisation d’Eiffage, se retranchant derrière l’avis des autorités préfectorales et des réponses d’Eiffage, ce dernier ayant payé un avocat pour répondre point par point à toutes les observations des riverains. Considère-t-on que les 600 citoyens ne possèdent pas collectivement une expertise au moins comparable à celle de ces messieurs de la préfecture ou d’un avocat mercenaire ?  Il est peut-être temps de sortir de la préhistoire de la démocratie où le monde se partageait entre des experts seuls aptes à dire le « vrai » et le « juste » et un pauvre troupeau de citoyens ignorants invités à se ranger aux « avis autorisés ». L’affaire de l’amiante à montré ce que valait cette posture de respect de l’autorité.

Il est probable qu’aucune enquête publique sur une ICPE n’a atteint le nombre d’avis de celle-ci. Cela n’aurait-il pas dû attirer l’attention ? Et conduire à se poser la question suivante : est-il raisonnable de penser que ces 600 personnes sont de pauvres crétins manipulés par des agitateurs opposés au « progrès » (du CAC 40) ?

B) UN PREFET BIEN RAPIDE DANS SA DECISION ET FORT PEU A L’ECOUTE DES CITOYENS

Quant au Préfet, on ne peut que s’interroger sur la précipitation avec laquelle il a pris la décision d’autorisation, à peine quelque jours après la remise du rapport de plus de 200 pages du Commissaire Enquêteur. Diable ! Ce n’est pas tous les jours que 600 personnes expriment spontanément un avis sur une affaire publique de ce type. Conclure aussi rapidement, sans prendre la peine de réunir à nouveau les maires, associations ou citoyens concernés, c’est nourrir le soupçon légitime que la décision était prise d’avance et que l’on s’est surtout bien dépêché de boucler le dossier rapidement afin de ne pas perturber le bon déroulement des élections cantonales.

A moins que des impératifs économiques n’aient présidés à cette décision. Les avocats fiscalistes d’Eiffage sont sans doute capable d’imposer des pénalités de retard à l’Etat si celui-ci tarde trop à permettre la relance de la machine à polluer. 200 000 tonnes d’enrobés par an, cela n’attend pas et l’usine recommence déjà à tourner à plein régime, autoriser 5 jours par semaines de 1h du matin à 17h, sans parler d’autorisations exceptionnelles possibles le samedi… ET tant qu’à faire avec du lignite car c’est plus économique et ça augmente le bénéfice de l’actionnaire. Lisez bien les détails de l’autorisation ci-dessous

AP 2015-502 du 27 février 2015 – EIFFAGE

Avec un prix de la tonne de bitume compris entre 70 et 120 Euros , les 200 000 tonnes d’enrobés par an vont générer 14 à 20 millions d’euros de chiffre d’affaire par an. C’est évidemment bien plus profitable que les problèmes de santé qui auraient pu être évités en réduisant la pollution et qui grèveront le chiffre d’affaire de la Sécurité Sociale. C’est Eiffage qui pollue et ce sont les citoyens qui payent. Merci monsieur le Préfet !

C) ON NE LACHERA RIEN : CONTINUONS A UTILISER TOUS LES MOYENS LEGAUX DE LUTTE

Même si le bonheur des cons fait toujours peine à voir (San Antonio), il n’est pas question de sombrer dans la résignation ou pire le replis sur des positions extrémistes du type « tous pourris ». Ceux qui professent de telles idées seraient bien capable de nous expliquer qu’Eiffage n’est pas si mal que ça car au moins, si on meurt d’un cancer, ce sera un cancer engendré par une entreprise française ! Méfions nous également de ceux qui, après avoir affiché ostensiblement leur opposition à Eiffage, vont nous expliquer que le verre n’est pas complètement vide et qu’il sont obtenu quelques aménagements de détail. Le fameux comité de concertation mis en place par le Port de Bonneuil est à cet égard une fameuse supercherie et un miroir aux alouettes. Tant qu’un capteur de pollution ne sera pas installé dans le Port de Bonneuil et qu’un plan de développement durable du niveau de Gennevilliers n’aura pas été adopté, aucune concertation ne sera possible. D’ailleurs, la mise en place de ce comité de concertation a été réalisée pour le Port par une société de conseil spécialisée dans la lutte contre les collectifs anti-pollutions…

Bref, prenons le temps de digérer notre colère, examinons en détail les résultats de l’enquête publique et de l’arrêté préfectoral et reprenons la lutte par tous les moyens légaux disponibles :

  1. Punir les élus et les partis politiques  qui ont soutenu l’implantation Eiffage lors des prochaines élections. Ca ne réglera certes pas le problème mais au moins ça permettra de nous exprimer et de faire savoir tout le bien qu’on pense de ceux qui « ne se sont pas opposés à l’implantation Eiffage », en particulier à Sucy-en-Brie.
  2. Examiner la possibilité de nouveaux recours juridiques, notamment au niveau européen. Même si les avocats mercenaires et grassement payés d’Eiffage qui lisent ces lignes vont travailler à bloquer tous les recours possibles, il reste des possibilités encore inexplorées au niveau européen, notamment par rapport au non respect des directives concernant la pollution en France.
  3. Utiliser la mise en place du Grand Paris pour imposer une réforme du Port de Bonneuil. La situation du Port de Bonneuil à cheval sur trois communes et autant de communautés de communes à favoriser depuis des années toutes les dérives politiques. La refonte de ces communautés de communes va sans doute permettre de reprendre les choses en main, surtout si l’on profite des élections pour se débarrasser de certains élus dont les conflits d’intérêts sont notoires dès lors qu’il s’agit du Port de Bonneuil.
  4. Utiliser les pétitions et plus généralement tous les moyens de protestations légaux susceptibles de mettre en valeur la nocivité de l’usine Eiffage. 2 ou 3 millions d’euros de bénéfices par an sont certes une somme conséquente, mais une dégradation de l’image des entreprises qui polluent peut leur coûter beaucoup plus cher à long terme. Une mauvaise image, ce sont des contrats perdus, des marchés en moins, surtout dans le domaine des marchés publics. Continuons à faire savoir toutes les nuisances imposées par Eiffage aux riverains du Port de Bonneuil et peut-être cela fera-t-il réfléchir les actionnaires …

Et surtout, n’oublions pas que 600 citoyens mobilisés c’est 600 intelligences mobilisés pour réfléchir et agir. On ne lâchera rien !

CARTE DE VŒUX 2015 : Bonne santé aux 15 écoles, 11 crèches, 8 maison de retraites et 4 centres de santé situés à moins de 2 km d’Eiffage !

A 10 jours de la fin de l’enquête publique, nous avons pu constater une mobilisation exceptionnelle de la population. Entre les témoignages directs et les courriers, c’est pas moins de 6 cahiers d’enquête qui ont déjà été remplis, sans compter les envois groupés de lettres par les parents d’élèves des écoles qui figurent dans des dossiers séparés. 200, 300, 400 témoignages ? Peu importe le décompte, il faut continuer à se mobiliser jusqu’au dernier jour et continuer à remplir le registre, écrire des courriers et surtout procéder à des signatures groupées dans les écoles, les maisons de retraites, les crèches. Pour vous aider à mobiliser, voici une carte et un tableau issus du dossier d’enquête (partie C, pp. 59-60) qui donne la liste des implantation sensibles avec la distance à l’usine. Ce document à soit seul est accablant … mais il le sera davantage si dans chaque établissement concerné les habitants se mobilisent. Meilleurs vœux de bonne santé 2015 !

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