Le Port de Bonneuil enfin sous surveillance par AIRPARIF ?

Après toutes ces années de combat, on se frotte un peu les yeux en se demandant s’il faut vraiment y croire. Mais il semble – nous disons bien « il semble » – qu’un timide début de victoire se dessine avec l’annonce sur le site AIRPARIF d’une vraie campagne de mesure de la qualité de l’air comportant des points de sondages convenablement espacés tout autour du port et mesurant tous les polluants importants, des particules fines aux HAP. En tous les cas, faites vous votre opinion en lisant (1) le communiqué d’AIRPARIF (reproduit en intégralité ci-dessous de peur qu’il ne disparaisse du web) et (2) l’article du Parisien avec la réaction d’un membre fondateur du collectif T’AIR-EAU 94


 

« Surveillance de l’air autour du Port de Bonneuil » (site AIRPARIF, 15 Février 2016)

http://www.airparif.asso.fr/actualite/detail/id/158

Airparif lance une première campagne de mesure de la pollution de l’air autour du Port de Bonneuil-sur-Marne, qui constitue la 2ème activité portuaire en Île-de-France.

Cette campagne de mesure constitue le premier volet d’une étude plus complète proposée par Airparif, en partenariat avec Ports de Paris , compte tenu des activités industrielles de ce secteur et des questionnements des riverains, des municipalités environnantes ou des responsables du Port de Bonneuil-sur-Marne.

Le programme complet de surveillance de cette zone s’articulera, sur plusieurs mois, autour de trois parties :

  •  Volet 1 : deux campagnes de mesures des niveaux de pollution liés aux polluants atmosphériques réglementés pour leurs effets sur la santé.

Ces mesures seront complétées par un travail de recensement et de quantification de toutes les sources de pollution sur cette zone qui permettra de renforcer la précision de l’inventaire des émissions de ce secteur dont dispose Airparif ;

  •  Volet 2 : une démarche participative pour recenser et analyser les signalements des riverains vis-à-vis des nuisances olfactives ;
  •  Volet 3 : une concertation avec les acteurs du territoire et un partage des résultats.

 

Volet 1 : une trentaine de points de mesures sur le port et à ses alentours 

Deux campagnes de mesure, d’un mois chacune, sont prévues. La première débute aujourd’hui, en conditions hivernales. La seconde est prévue à la fin du printemps/début de l’été.

Au total, ce sont une douzaine de polluants qui vont être mesurés sur 3 sites automatiques avec :

  • un suivi en temps réel des concentrations en particules PM10 et PM2.5 et celles d’oxydes d’azote,
  • des prélèvements quotidiens, analysés ensuite en laboratoire, pour les d’Hydrocarbures Aromatique Polycycliques (HAP) et des prélèvements hebdomadaires pour plusieurs métaux (Arsenic, Nickel, Cadmium, Plomb, Cuivre).

En complément, une vingtaine de sites seront instrumentés pour un suivi hebdomadaire par analyses en laboratoire pour les retombées de poussières, les oxydes d’azote et le benzène ; aussi bien autour du port et que dans les communes environnantes.

L’objectif de ce dispositif est de pouvoir cartographier et de qualifier les niveaux de pollution en fonction du type de polluant sur une large zone autour du Port de Bonneuil-sur-Marne. Avec la quantification des sources d’émissions, ces travaux permettront de  préciser les  contributions des différentes sources de pollution locales : industries, trafic routier et chauffage domestique.

Plan satellite du port autonome de Bonneuil et emplacement des sites de mesure

 

Volet 2 : dispositif de participation des citoyens et de recensement des nuisances liées aux odeurs

En complément de l’étude des polluants réglementés et afin de prendre en compte le ressenti des riverains, Airparif prévoit de les associer à un dispositif de recueil des nuisances olfactives autour de la zone du Port de Bonneuil.

L’objectif de cette démarche est à la fois de suivre la fréquence et l’intensité du ressenti de ces nuisances et d’identifier si elles peuvent être corrélées avec des activités particulières (industrielles ou non), en fonction des conditions météorologiques.

Une application mobile et une page internet pour centraliser ces signalements sont en cours de mise en place pour être opérationnelles courant mars.

 

Volet 3 : concertation et présentation des résultats

Au-delà de la surveillance de la qualité de l’air, Airparif veille à la transparence de ses activités et de ses résultats. La concertation autour de cette étude a débuté au printemps 2015 et les parties prenantes ont déjà été réunies pour présenter les différentes étapes de l’étude. D’autres réunions permettront de partager les résultats intermédiaires et le rendu final, prévu pour la fin d’année 2016.


 

Pollution : l’air du port de Bonneuil va enfin être mesuré

http://www.leparisien.fr/bonneuil-sur-marne-94380/pollution-l-air-du-port-de-bonneuil-va-enfin-etre-mesure-14-02-2016-5544575.php

Elsa Marnette | 14 Févr. 2016, 16h32 | MAJ : 14 Févr. 2016, 16h32

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Bonneuil-sur-Marne, vendredi. L’association Airparif va mesurer le taux de pollution sur le port autonome de Bonneuil et dans les environs. Trois camions comme celui-ci ont été installés sur le port et à Saint-Maur.
Bonneuil-sur-Marne, vendredi. L’association Airparif va mesurer le taux de pollution sur le port autonome de Bonneuil et dans les environs. Trois camions comme celui-ci ont été installés sur le port et à Saint-Maur. (LP/E.M.)

Bientôt, vous saurez ce que contient l’air inspiré sur le port autonome de Bonneuil-sur-Marne et dans les environs. L’association indépendante Airparif lance ce lundi une campagne destinée à mesurer la quantité de polluants liés à l’industrie et au trafic routier.

Ports de Paris, qui débourse 135 000 € pour cette étude d’un an, accède ainsi à une demande faite de longue date par les élus et habitants de la zone.

Pourquoi effectuer une telle campagne ? Le port concentre plus de 150 entreprises sur moins de 200 ha. De quoi inquiéter les riverains sur ce que contient l’air qui les entoure. Et l’installation, en 2012, d’une usine de bitume d’Eiffage avait mis le feu aux poudres. A grand coup de pétitions et de manifestations, deux collectifs avaient protesté contre les supposées nuisances olfactives et sanitaires liées a cette industrie. « L’épisode Eiffage a lancé le débat de savoir si l’air était pollué », concède Eric Fuchs, directeur du port.

« Il y a eu une prise de conscience globale »

(LP/C.N.) « Notre bataille a permis de faire réaliser que le port n’était pas surveillé, assure tout de go Sylvie Grasland-Deslot. Il y a eu une prise de conscience globale. » Cette habitante de Sucy a accueilli avec contentement la campagne de mesures de la qualité de l’air qui débute ce lundi sur le port de Bonneuil. En 2012, elle avait fondé le collectif T’air-Eau pour s’indigner de l’installation d’une usine de bitume d’Eiffage à proximité d’écoles, de maisons de retraite et d’habitations. Les manifestations avaient regroupé jusqu’à 500 personnes. « Nous réclamions un capteur Airparif, rappelle-t-elle. Même si c’est transitoire, c’est une bonne chose.Il faut qu’il y ait davantage de contrôles. »

En quoi consistent ces mesures ? Trois camions, reconnaissables à leurs drôles d’antennes sur le toit et au logo Airparif, vont stationner un mois durant. Deux à Bonneuil et un dans la ville voisine de Saint-Maur. Leur rôle : mesurer la présence de particules fines et de métaux (arsenic, nickel, cadmium, plomb, cuivre que l’on retrouve dans les activités industrielles et notamment l’enrobage). En parallèle, une vingtaine de sites accueilleront des tubes dont le contenu sera étudié en laboratoire à la recherche de particules et de dioxyde d’azote. La même campagne sera répétée en mai.

A noter que le public pourra aussi participer en installant sur son téléphone une application pour émettre des plaintes liées aux odeurs. Concrètement, il sera possible de signaler une mauvaise odeur et de recevoir une explication sur sa raison.

Qu’en pensent les concernés ? Ils sont unanimes, c’est une « excellente nouvelle ». « C’est fondamental de faire un point zéro », se félicite Sylvie Grasland-Deslot, à l’initiative du collectif T’air Eau, qui avait, le premier, alerté sur la présence de l’usine d’Eiffage (lire par ailleurs).

Même satisfaction du maire PCF de Bonneuil. Patrick Douet évoque une campagne « gagnée de haute lutte » tandis que le maire LR de Saint-Maur Sylvain Berrios — toujours en procédure judiciaire contre l’usine de bitume » — parle d’une « avancée demandée de longue date ».

Chez Eiffage également, on « approuve » cette campagne. « Cela va tester l’ensemble des usines du port et permettre que l’on ne se focalise pas que sur nous », précise-t-on chez l’industriel, « qui répondra à toutes les sollicitations ».

Que faire ensuite des résultats ? « Si on arrive à prouver que l’air est bon, tant mieux pour moi !, sourit le directeur du port. Et si les taux sont mauvais, on ira voir les pollueurs et on cherchera des solutions. » Les résultats de cette campagne seront transmis aux conseils locaux de l’information portuaire, une instance réunissant des associations et citoyens riverains. « Ce que l’on veut, insiste Eric Fuchs, c’est être dans une démarche scientifique et transparente. »

CARTE DE VŒUX 2015 : Bonne santé aux 15 écoles, 11 crèches, 8 maison de retraites et 4 centres de santé situés à moins de 2 km d’Eiffage !

A 10 jours de la fin de l’enquête publique, nous avons pu constater une mobilisation exceptionnelle de la population. Entre les témoignages directs et les courriers, c’est pas moins de 6 cahiers d’enquête qui ont déjà été remplis, sans compter les envois groupés de lettres par les parents d’élèves des écoles qui figurent dans des dossiers séparés. 200, 300, 400 témoignages ? Peu importe le décompte, il faut continuer à se mobiliser jusqu’au dernier jour et continuer à remplir le registre, écrire des courriers et surtout procéder à des signatures groupées dans les écoles, les maisons de retraites, les crèches. Pour vous aider à mobiliser, voici une carte et un tableau issus du dossier d’enquête (partie C, pp. 59-60) qui donne la liste des implantation sensibles avec la distance à l’usine. Ce document à soit seul est accablant … mais il le sera davantage si dans chaque établissement concerné les habitants se mobilisent. Meilleurs vœux de bonne santé 2015 !

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ENQUETE PUBLIQUE EIFFAGE 2014 : Amplifier le mouvement en contribuant à l’enquête par courrier

La première journée de mobilisation du samedi 6 décembre a été un franc succès puisque plus d’une centaine de personnes étaient présentes : citoyens, journalistes, partis politiques, associations … Mais il ne faut pas pour autant s’endormir et croire que les 50 à 100 témoignages inscrits ce jour là dans le registre seront suffisants pour emporter la décision. A partir de maintenant, l’accès au registre va être beaucoup plus compliqué, en termes d’horaires comme de localisation et on peut craindre que beaucoup de personnes prêtes à manifester leur désaccord ne renoncent à le faire faute de temps. C’est pourquoi nous rappelons à tous les citoyens qu’ils peuvent contribuer également par courrier postal et que toutes les lettres reçues seront ajoutées au registre d’enquête publique.

Comme nous l’avons déjà indiqué, il est toujours préférable de rédiger soi-même une lettre avec ses propres mots et arguments. Mais le nombre de réponses est également important dans le bilan final, c’est pourquoi nous proposons ci-dessous une lettre-type que les personnes pressées pourront imprimer telle quelle et envoyer (cliquer ici pour télécharger au format pdf) mais qu’elles pourront également retoucher, modifier et compléter avec leurs propres arguments (cliquer ici pour télécharger au format word)

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N’oubliez pas d’ajouter un timbre … vert pour poster votre courrier (60 centimes …) et si vous avez acheté un carnet de 12,  essayez de décider 11 amis ou voisins à participer également à l’enquête publique. Ce sera plus efficace qu’une pétition car tout témoignage effectué dans le cadre d’une enquête publique a une valeur légale et doit obligatoirement être pris en compte dans le décompte final des participants à l’enquête publique.

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TOUS A LA MAIRIE DE BONNEUIL, Samedi 6 Décembre, de 9h à 12h !

La première enquête publique sur l’usine Eiffage de 2011 n’avait attiré que 3 citoyens … Il faut être au moins 200 cette fois-ci à remplir le registre si l’on veut faire enfin bouger les choses. Venez le plus nombreux possibles dès l’ouverture de l’enquête, samedi prochain, de 9h à 12h à la Mairie de Bonneuil. Avertissez vos amis, vos voisins, les journalistes, les hommes politiques, …  Imprimez l’un des tracts ci-joint, affichez-le auprès des commerçants, diffusez sur les marchés ou dans les gares … C’est maintenant ou jamais qu’il faut agir.

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ENQUETE PUBLIQUE EIFFAGE 2014 (3) : Deux centrales à bitume dans le Port de Bonneuil… et aucune prise en compte des effets cumulés !

L’inutilité et la dangerosité de la centrale Eiffage de Bonneuil est d’autant plus grande qu’il existe à proximité immédiate une autre centrale d’enrobage à chaud, la SPME,  produisant plus de 1500 tonnes de bitumes par jour. Cumul des pollutions, cumul des odeurs, cumul des risques … mais aucune prise en compte de l ‘effet cumulé de l’autre usine de bitume dans l’étude d’impact, si ce n’est pour suggérer que les mauvaises odeurs imputées à Eiffage viennent peut-être de sa concurrente. On voit bien la stratégie des pollueurs : plus ils sont nombreux, plus il est difficile de prouver la responsabilité des uns et des autres !


Argument n°3 : L’étude d’impact ne prend jamais en compte l’effet de la seconde centrale à bitume du Port de Bonneuil et se limite à analyser les projets « considérés comme connus » au sens de la loi, c’est-à-dire ayant fait l’objet d’un avis récent de l’autorité environnementale publié depuis 2010 :

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L’existence de la  SPME ne peut pourtant pas manquer d’être connue  d’Eiffage puisque c’est son principal concurrent. La preuve en est qu’elle est citée à deux reprise dans l’étude d’impact, aux pages 24 et 70 :

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Il semble étonnant que cette usine n’ait pas été prise en compte dans l’étude d’impact dans la mesure où elle a fait l’objet d’un arrêté complémentaire d’exploitation par la préfecture du Val de Marne le 28 décembre 2012, ce qui la place logiquement dans le périmètre des installations à prendre en compte dans l’étude d’impact.

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La lecture de cet arrêté complémentaire apporte de nombreux renseignements sur la dangerosité de cette usine et son impact sur la population  ( 94_SPME_20121228_APC). Il est donc totalement anormal de ne pas en avoir tenu compte. Il suffisait d’ailleurs de consulter le registre national des installations classées pour obtenir les caractéristiques principales de l’installation SPME :

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La SPME produit déjà 1680 tonnes de bitumes par jour cela signifie des émissions  considérables de particules, de benzène, de HAP … Avec l’usine Eiffage tournant à plein régime (et utilisant le lignite comme combustible …) ce sera deux à trois fois plus de pollution et de danger pour les habitants, dans une zone absolument non surveillée en matière de pollution aérienne.

On imagine sans peine pourquoi l’industriel Eiffage s’est bien gardé de mesurer l’impact cumulé des deux installations de bitume. Mais comment la DRIEE a-t-elle pu laisser passer une telle omission ? Le seul moment ou le rapport de l’autorité environnementale parle des autres implantations industrielles, c’est dans la conclusion où il propose … un capteur AIRPARIF ? Pas du tout ! Le rapporteur nous propose juste « l’opportunité de mettre en place une instance de concertation … pour favoriser le dialogue » (sic). On croit rêver !

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ENQUETE PUBLIQUE EIFFAGE 2014 (2) : Des pertes d’emplois massives et des risques de procès pour les entreprises voisines

Beaucoup de personnes hésitent à condamner l’installation de l’usine Eiffage en considérant que les inconvénients en termes de pollution seront compensés par les avantages en termes de création d’emplois. Mais en réalité Eiffage va détruire de nombreux emplois dans le Port de Bonneuil et empêcher la création d’autres emplois en raison des risques que l’usine fait courir aux personnes qui travaillent à proximité.  Toute entrepreneur installé dans un rayon de 500 mètres autour de l’usine Eiffage prend le risque d’une condamnation pour faute inexcusable car il met en danger la vie de ses salariés.


Argument n°2 (Résumé) : Un grand nombre de salariés travaillent déjà dans des entreprises situées à proximité immédiate d’Eiffage et une nouvelle implantation de logistique (plusieurs centaines d’emplois) est prévue dans la parcelle voisine. Or, emplois existants comme emplois prévus sont directement menacés par la pollution induite par l’entreprise Eiffage du fait du caractère cancérigène des vapeurs de bitumes (HAP). L’entreprise de travaux publics Eurovia (groupe Vinci) a en effet été condamnée récemment  pour faute inexcusable par la Cour d’appel de Lyon, le 13 novembre, dans le cadre du procès dit « du bitume ». Les juges pointent en particulier l’insuffisance des protections du salarié face au risque. La même condamnation pourrait frapper toutes les entreprises voisines d’Eiffage, qui risquent donc de plier bagage ou de ne pas créer les emplois prévus.  Les 7 emplois créés par Eiffage pourrait en détruire plusieurs centaines à terme. Même l’agence régionale de santé s’en est (légèrement) inquiété, mais sans chercher à mesurer le nombre d’emplois en jeu.

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Démonstration : Pour en savoir plus, relisez l’article de 2012 intitulé Un impact négatif sur l’emploi local ?

MOBILISATION GENERALE ! La nouvelle enquête Eiffage vient d’être lancée

Appel à  tous ceux qui se sont battus depuis janvier 2012 pour la qualité de la terre, l’air et l’eau dans le Val de Marne : c’est maintenant ou jamais qu’il faut se mobiliser. La nouvelle enquête publique sur l’Usine Eiffage est officiellement ouverte et les premières affiches ont dû apparaître sur les panneaux d’affichages de vos communes.  Avertissez vos amis, vos voisins, vos élus … Le blog T’AIR-EAU94 vous est ouvert et vous tiendra au courant de toutes les informations sur le dossier et de toutes les manifestations.

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Accès aux documents sur le site de la préfecture  cliquez ici ou bien téléchargez directement les fichiers ci-dessous

Arrêté d’ouverture d’enquête publique

Demande d’autorisation

Avis autorité environnementale

Résumé non technique (Partie C Etude d’impact)

Résumé non technique (Partie D Etude de dangers)

 

 

Compte-rendu de la conférence « Bitumes, Fumées, Santé » (Metz, 2014)

La coordination nationale d’information et de défense sur la pollution par les centrales d’enrobés routiers a organisé une grande conférence à Metz le 7 juin 2014 à laquelle ont participé de nombreux collectifs mais aussi des médecins, des juristes, des spécialistes des travaux publics. Même s’il n’a pas pu y envoyer de représentants, le collectif T’AIR-EAU94 a soutenu l’initiative (Cf. billet sur le blog) et souhaite participer à la diffusion des résultats de la conférence qui sont fondamentaux pour la préparation de la future enquête publique sur l’usine Eiffage ( à ce propos, comment se fait-il que cette enquête ne soit pas encore lancée ou même annoncée ?).

Le clip de la conférence de Metz : un résumé des temps forts

Clip de la conférence Metz 2014

Clip de la conférence Metz 2014: résumé des temps forts en 2 minutes

Le compte rendu de la conférence de Metz : un document précieux !

Point de vue des associations, médecins, juristes, chercheurs, professionnels du BTP ...

Point de vue des associations, médecins, juristes, chercheurs, professionnels du BTP …

Bitumesante.org : le forum de référence pour les opposants au bitume

LE site de référence pour échanger entre collectifs concernés par les usines de bitume

LE site de référence pour échanger entre collectifs concernés par les usines de bitume

La Mairie de Saint-Maur écrit au collectif T’AIR-EAU94 et transmet le détail du jugement

Sylvain Berrios, nouveau député-maire de Saint-Maur-des-Fossés a invité les représentants du collectif T’AIR-EAU94 à participer à la préparation des futures actions qui doivent être engagées à la suite du jugement sur l’usine Eiffage. La nouvelle enquête publique qui doit se tenir dans un délais de 9 mois implique en effet une mobilisation générale pour aboutir à l’annulation définitive de l’arrêté  d’exploitation de l’usine Eiffage mais aussi – et c’est de notre point de vue le plus important – à un alignement des normes environnementales du Port de Bonneuil sur celles du Port de Gennevilliers. Rien n’est encore acquis car, comme le montre le détail du jugement que nous a fait parvenir Monsieur Berrios, c’est uniquement les vices de l’enquête publique qui ont abouti à l’annulation de l’arrêté et non pas la pollution cumulée ou l’absence de surveillance sanitaire du Port de Bonneuil. Bref, il faut rester plus que jamais mobilisé et continuer à informer les citoyens.

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Courrier Collectif t’air-eau94.pdf


 

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CONCLUSIONS JUGEMENT EIFFAGE 14-04-2014.pdf

 

 

 

COMETSAMBRE : Le commissaire enquêteur recommande la mise en place de capteurs aériens

Grâce à la forte mobilisation des riverains, relayée par l’association BMSE et le collectif T’AIR-EAU94, le commissaire enquêteur en charge de l’installation classée COMETSAMBRE a conclu son rapport en soulignant une fois de plus la nécessité de renforcer la surveillance du Port de Bonneuil. Cela passe à la fois par (1) la mise en place d’un capteur permanent de pollution aérienne, (2) la divulgation publique du schéma de développement du Port de Bonneuil et (3) l’amélioration de ce schéma via la mise en place d’un comité de surveillance auquel seraient associés les riverains et leurs associations. Ce sont les mêmes conclusions que celle du Commissaire enquêteur en charge de la prolongation de la RN 406. Qu’attends donc la préfecture pour imposer ces trois mesures ?

Extrait de la conclusion du rapport :

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Cliquez ici pour télécharger le rapport complet de l’enquête publique COMETSAMBRE

 

 

 

La pollution aérienne est classée cancérigène par l’ OMS

 Les deux questions qui se posent  désormais sont donc :

– Où est le capteur Air Parif du port autonome de Bonneuil ?

– Quand y aura-t-il des enquêtes épidémiologiques concernant les conséquences sanitaires pour les 50 000 personnes qui  entourent sur deux kilomètres  le Port et ses activités polluantes ?

Lu dans Le Monde.fr du 18/10/2013.

« La pollution atmosphérique est un cancérogène avéré pour l’homme. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en a fait l’annonce jeudi 17 octobre. Jusqu’à présent, seules les particules fines et le diesel avaient été classés dans cette catégorie des cancérogènes certains.

Les gaz d’échappement des moteurs diesel, les activités industrielles et agricoles, la production d’énergie (chauffage) constituent les principales sources de la pollution extérieure. Si l’effet sur l’homme est important, c’est que chaque jour, un individu inhale environ 10 000 litres d’air.

Le groupe de travail du CIRC estime que l’exposition à un air pollué favorise les cancers du poumon, mais aussi de la vessie. Selon ces experts, en 2010, 223 000 personnes sont mortes d’un cancer du poumon imputable à l’inhalation de substances toxiques contenues dans l’air ambiant. C’est évidemment moins que le tabac, qui est responsable de 71 % des 1,18 million de morts annuels par cancer du poumon dans le monde. Mais la pollution de l’air constitue aussi un facteur de risque pour d’autres maladies respiratoires (asthme, broncho-pneumopathies chroniques obstructives) et pour les maladies cardiovasculaires. L’exposition aux particules les plus fines (PM 2,5) serait à l’origine de 3,2 millions de décès prématurés (avant 65 ans) de par le monde, principalement du fait des maladies cardiovasculaires.

PÉKIN COMMENCE À FAIRE FUIR LES TOURISTES

« L’atmosphère que nous respirons est devenue polluée par un mélange de substances qui provoquent le cancer. Nous savons à présent que la pollution de l’air extérieur constitue non seulement un risque majeur pour la santé en général, mais aussi l’une des principales causes environnementales de décès par cancer », indique le docteur Kurt Straif, responsable des monographies du CIRC, études exhaustives de la littérature scientifique consacrée au rôle joué par une substance dans le cancer, et qui constituent la base du classement dans une catégorie.

Les conclusions du CIRC s’appliquent à l’ensemble des régions du monde, même si, précisent les experts, « la composition de la pollution aérienne est sujette à des variations importantes selon le lieu ». Des concentrations élevées de particules (PM) sont observées dans de nombreux pays avec des zones particulières exposées dans les pays émergents, en Asie du Sud-Est, en Amérique du Sud et en Afrique.

En Chine, la pollution dans les grandes villes a atteint des niveaux très élevés : à Pékin, la concentration de particules ultrafines est régulièrement 40 fois plus élevée que les normes fixées par l’OMS. La ville, plongée dans un brouillard de pollution, commence à faire fuir les touristes. Pour rassurer ces derniers mais surtout calmer le mécontentement grandissant de la population, les autorités ont annoncé, en juillet, un plan d’urgence : l’Etat va investir 1 700 milliards de yuans (204 milliards d’euros) au cours des cinq prochaines années pour réduire de 25 % la pollution de l’air d’ici à 2017.

Pékin a également décidé de publier chaque mois une liste des dix villes les plus polluées et des dix villes les plus vertueuses. Le charbon est l’un des grands responsables de la pollution.

Dans l’Etat le plus riche du Brésil, celui de Sao Paulo, la pollution de l’air tue davantage de gens que la route. Selon l’ONG Institut santé et environnement, 15 000 personnes sont mortes des conséquences de la pollution, deux fois plus que dans les accidents de la circulation

90 % DES URBAINS EUROPÉENS SOUMIS À UNE POLLUTION NOCIVE POUR LA SANTÉ

En Europe, la situation reste inquiétante en dépit d’une légère diminution des rejets de polluants. Vingt-deux pays, dont la France, ne respectent pas les normes européennes. Si depuis dix ans, les émissions de dioxyde de soufre responsable des pluies acides ont été réduites de moitié, si les émissions de monoxyde ont été diminuées d’un tiers, les émissions de particules restent très préoccupantes. Selon une étude de l’Agence européenne pour l’environnement, 90 % des urbains européens sont soumis à une pollution aux particules et à l’azote à des niveaux nocifs pour la santé.

Les effets sur la santé sont particulièrement sensibles chez les plus vulnérables. Lundi 14 octobre, une étude publiée dans The Lancet Respiratory Medicine a montré qu’une exposition même faible à des particules très fines lors de la grossesse, augmente les risques de naissance à terme d’enfant de faible poids avec des problèmes respiratoires.

En classant la pollution en cancérogène certain, le CIRC espère envoyer « un message fort à la communauté internationale pour qu’elle agisse sans délai ». Jusqu’à présent, malgré l’accumulation d’études sur la nocivité de la pollution, cette prise de conscience ne s’est pas produite. Il n’y a aucune restriction au développement du trafic routier et le ferroutage reste marginal.

En France, la qualité de l’air ne figurait même pas à l’ordre du jour de la conférence environnementale de septembre. Le pays accuse pourtant un retard majeur dans l’application des directives européennes sur l’air et fait l’objet d’un recours devant la Cour de justice européenne pour non-respect des normes d’émission de particules fines. Malgré le classement du diesel comme cancérogène, la France, qui dispose du parc diesel le plus important au monde, se refuse toujours à ne plus subventionner ce carburant.

L’inertie des pouvoirs publics a un coût : la prise en charge des maladies liées à la pollution de l’air est estimée, chaque année, en France, entre 825 millions et 1,7 milliard d’euros. »

La France reconnaît (enfin!) la gravité des risques cancérigènes du bitume.

Nous avions souligné de longue date les dangers cancérigènes du bitume sur la base de rapports internationaux ( voir en particulier la synthèse publiée par les Nations Unies). Mais la France, sous l’influence des lobbies routier, a longtemps nié la réalité des risques encourus par les travailleurs du bitume. Il a fallu la condamnation d’Eurovia, filiale de Vinci, pour qu’un débat s’engage. Et ce n’est qu’aujourd’hui que l’agence nationale de sécurité sanitaire vient enfin de reconnaître les risques professionnels liés à l’exposition au bitume.

Reste que l’on attend toujours une prise en compte des risques pour les riverains des centrales d’enrobés, sans doute exposés à des doses moins massives que les travailleurs des chantiers, mais bel et bien menacés par les mêmes pathologies. Et avec une probabilité d’apparition de cancers d’autant plus importante que la population riveraine est nombreuse. Faut-il rappeler que nous avons autour du Port de Bonneuil le triste privilège de détenir probablement le record de France de population exposée aux dangers du bitume (2 centrales d’enrobés déversant conjointement  leurs poisons sur plus de 50 000 habitants dans un rayon de 2 kilomètres). 

Il faut d’urgence demander une étude sanitaire à l’INVS sur les cas de cancers survenus dans la zone avoisinante du Port de Bonneuil au cours des 20 dernières années.

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Europe Ecologie Les Verts prend position sur la RN406 et l’usine Eiffage

A la demande des militants de ses groupes locaux, le bureau départemental du parti politique Europe Ecologie Les Verts a élaboré une position officielle sur les deux dossiers de l’Usine Eiffage et de la prolongation de la RN406. Cette position qui a été adoptée à l’unanimité le 3 Juillet 2013 fera l’objet de communiqués de presse et sera versée au dossier d’enquête publique sur la RN406. Il serait souhaitable que les autres partis politiques (UMP, UDI, PS, PG, …) fassent le même effort de définition d’une position commune au niveau départemental et la rendent publique.

 

Sur l’usine d’enrobée d’Eiffage implantée sur le port de Bonneuil

Par arrêté du 27 juin 2011, le Préfet du Val-de-Marne autorisait la société Eiffage Travaux Publics à exploiter une centrale d’enrobage au bitume à chaud, dans le port de Bonneuil, rue du Moulin Bateau. 2 ans après que cette autorisation ait été donnée, Europe-Ecologie les Verts Val de Marne, a souhaité faire le point sur ce dossier, en lien avec les militants des groupes locaux les plus directement concernés (Bonneuil, Saint-Maur, Sucy).

Nous tenons tout d’abord à rappeler que la solution de « l’enrobé à chaud » adoptée par cette usine est une technique polluante et coûteuse et qu’il importe de se placer dans d’autres perspectives plus respectueuses de l’environnement et des ressources naturelles. Est-il nécessaire lors de la réfection de certaines rues de supprimer les arbres d’alignement pour élargir les trottoirs, les recouvrir de bitume, avec un coût de plusieurs milliers d’euros au mètre linéaire, pour au final y faire stationner les voitures…Le meilleur bitume est d’abord celui que l’on peut éviter…

Nous rappelons aussi que la consultation publique menée avant l’autorisation de ce projet, n’a pas été à la hauteur des enjeux et les conséquences se voient aujourd’hui.

Nous insistons enfin sur le fait que ce type d’installation polluante classée ICPE ne se retrouve nulle part en France localisé dans une zone d’aussi forte densité de population (52 000 habitants à moins de 2 km de l’usine) à l’exception de celle installée sur le port de Gennevilliers. Mais à la différence du Port de Gennevilliers, celui de Bonneuil ne possède pas de capteur permanent de pollution AIRPARIF

Nous demandons qu’une « Schéma d’Orientation et de développement Durable» soit définie et mise en œuvre pour le port de Bonneuil, incluant les contraintes et la surveillance nécessaire de l’usine d’enrobé d’Eiffages, à l’instar du Schéma d’Orientation et de Développement Durable du Port de Gennevilliers qui a été présenté le 11 avril 2012 par l’Agence de Gennevilliers – Ports de Paris qui a permis des avancées significatives au bénéfice des riverains.

Nous demandons le lancement immédiat du travail d’élaboration de ce schéma, en lien avec les collectivités locales et les associations locales concernées.

Enfin, et comme mesure immédiate d’urgence, nous demandons que soit communiqué au public le lieu d’implantation de la station de mesure de la qualité de l’air qui avait été « promise » avec l’installation de l’usine et la publication du résultat des mesures. Nous demandons surtout, qu’une station permanente AirParif (et donc indépendante des gestionnaires de l’usine et du Port) mesurant toutes les formes de pollution par les particules, NOx, HAP,  soit installée en un lieu fixé en lien avec les associations locales, dans la zone d’exposition maximale des populations riveraines.

 

Sur le prolongement de la RN406

L’annonce du prolongement de la RN406 vers le port de Bonneuil apparait pour beaucoup d’habitants de Bonneuil et pour les maires de certaines villes voisines comme une solution aux problèmes d’engorgement de la ville par les camions se rendant au port de Bonneuil. Mais beaucoup d’habitants du Haut Val de Marne (Sucy-en-Brie, Boissy, Ormesson ou Chennevières) y voient au contraire une menace  pour leur environnement à court et moyen terme

Europe-Ecologie les Verts Val de Marne, a souhaité faire le point sur ce dossier, en lien avec ses militants locaux directement concernés.

L’attente du désengorgement routier de Bonneuil est légitime, mais nous tenons en premier lieu à rappeler que la course en avant vers toujours plus de déplacement, de transport de marchandise par la route est sans solution et qu’il est nécessaire de réfléchir à un autre développement de la société plus respectueuse de la nature et plus porteuse d’un développement économique soutenable.

Afin que le prolongement de cette RN406, ne se contente pas de déplacer les problèmes d’un lieu à un autre, nous demandons à ce que l’objectif fixé reste celui consistant à obliger le transport par camion à emprunter les grands axes de circulations prévus à cet effet et ne puisse pas utiliser les voiries des villes et même du département comme voies de détournement. Cela implique en particulier que le prolongement de la RN406 aille directement du Port au croisement RN19/A86 et que l’échangeur prévu dans la ZA des Petits Carreaux soit supprimé (ou tout au moins gérés uniquement en raquette de retournement sans possibilité de sortir vers la ville de Sucy en Brie et la RD111).

Le prolongement de cette voie, va nécessairement avoir des impacts négatifs sur les espaces traversés dont certains participent de la préservation de la biodiversité de notre territoire (crapaud calamite, conocéphale gracieux). Nous demandons à ce que toutes les perturbations apportées soient étudiées et compensées aussi bien pour la flore que pour la faune. Nous souhaitons également que l’impact du bruit sur les habitants soit compensé par des protections adéquates. Enfin nous demandons une simulation des impacts possibles de l’équipement sur le risque de crue centennale (remblais routiers perturbant l’évacuation des eaux, …).

Nous demandons à ce que les conséquences à moyen terme de ce prolongement soient prises en compte et en particulier le risque de réactivation du projet d’autoroute reliant le Port de Bonneuil à la RN4 (ex VDO). Nous souhaitons au contraire que cette emprise demeure réservée – comme le préconise le SDRIF –   à l’implantation d’un Transport Commun  en site propre (Altival) et que la mise en place de ce projet soit déclarée prioritaire.

Le port de Bonneuil est une opportunité économique importante qui mérite d’être développé dans une perspective d’arrivée d’entreprise diversifiées, moins polluantes. Dans un contexte d’un besoin fort de création de logements sociaux, à proximité de sites de transports en commun (RER, TCSP), la zone de Sucy-Ouest nous semble devoir pouvoir être pensée comme une zone de densification raisonnée dont l’Ile-de-France a besoin. Nous demandons qu’une étude de grand projet d’urbanisme et de développement durable (incluant un éco-quartier) soit menée sur cette zone de Sucy-Ouest, en application des nouvelles priorités du SDRIF 2013.

 

Europe Ecologie Les Verts – Val de Marne

Position adoptée à l’unanimité par le bureau executif départemental du 3 Juillet 2013

Pourquoi une autoroute (prolongation de la RN406) engendre inévitablement un autre autoroute (Rocade Est du Val de Marne)…

Critique des insuffisances l’analyse des reports de trafic poids lourds induite par le projet RN406 au départ du Port de Bonneuil –

Introduction

L’analyse du dossier d’enquête publique RN 406 démontre l’insuffisance criante de l’étude d’impact sur le trafic routier de la nouvelle infrastructure sur le trafic Poids Lourds au départ du Port de Bonneuil. Outre le fait que les données mobilisées pour faire l’état du trafic présent sont trop anciennes (2010), on constate une sous-estimation complète de l’impact des reports de trafic sur l’itinéraire Sucy-Ormesson et des risques de congestion et pollution.  En fait, comme le signale l’association « Agissons » de Chennevières,  tout porte à croire que le prolongement de la RN406 sera suivi inévitablement du raccordement autoroutier du Port de Bonneuil à l’autoroute A4, c’est à-dire le retour du vieux projet de Voie de Desserte Orientale (VDO) du Val de Marne…

On essaye aujourd’hui de nous rassurer en disant que les emprises de la VDO  sont réservées au projet Altival reliant par transport en commun Sucy à Villiers avec un simple boulevard urbain… Mais il est à craindre que celui-ci  se transforme bel et bien en autoroute à 4 voies sans transport en commun (http://www.agissons94.com/le-projet-municipal/une-nouvelle-route/). Voici en image à quoi ressemblerait ces deux projets bien différents au coeur des communes de Sucy et Chennevières :

On nous promet un boulevard urbain avec transport en commun (ALTIVAL)  …

Quartier Bd General De Gaulle

… mais on va se retrouver avec une autoroute polluante dédiée aux camions (le retour de la VDO) !

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Ne nous y trompons pas, cette question de l’utilisation des emprises de la VDO ne se posera pas à un horizon lointain (2030) mais bel et bien dans quelques années (2020). Car c’est précisément le petit segment en projet de RN406 qui va induire l’accroissement du trafic de camion dans le Port de Bonneuil et, inévitablement la saturation routière du Haut-Val-de-Marne et de l’axe Sucy-Chennevières-Ormesson. Toute résistance citoyenne à l’autoroute sera balayée, forçant les habitants de ce territoire a accepter le remplacement du transport en commun Altival par une belle autoroute à 4 ou 6 voies.

Il ne s’agit pas d’une fiction mais bel et bien de ce que prévoit l’étude d’impact de la RN406, si on prend la peine de la lire attentivement.

 1. Exemple d’analyse des stratégies des transporteurs

Le document d’enquête publique RN406 est fondée sur l’hypothèse d’une évacuation du transport de PL par le réseau d’état, grâce à la nouvelle connexion, ce qui correspond à l’itinéraire en noir sur la figure ci-dessous. On suppose que la nouvelle infrastructure permettrait de délester les transits par le réseau départemental ou communal (itinéraires en pointillés rouges).

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Or, tout porte à croire que cette hypothèse est fondamentalement erronée. Il suffit pour s’en convaincre d’analyser les stratégies possibles d’un transporteur qui réceptionne un conteneur au Port de Bonneuil pour l’envoyer vers l’est de la France (Strasbourg). Cet exemple est a priori logique puisque le Port de Bonneuil correspond à la remontée maximale des conteneurs par voie d’eau en provenance de la Basse-Seine.

La simulation réalisée en Annexe 1 avec Mappy montre qu’un camion de plus de 12 tonnes à 2 essieux partant un lundi matin aura besoin de 6h03 pour effectuer le transport par le réseau d’Etat et l’autoroute A4, avec un coût final de 256 euros. S’il décide au contraire d’emprunter la voirie communale et le réseau des routes nationales , le temps de parcours sera à peineplus long (6h20) mais la distance sera plus courte et surtout le coût total du transport ne sera plus que de 158 euros. Une économie de 100 euros représente donc une baisse de 40% des frais et un accroissement proportionnel des gains… Peut-on réellement penser qu’un tel calcul ne soit pas essentiel en période de crise et d’augmentation du coût des carburants ?

L’un des principaux arguments de la déclaration d’utilité publique est l’augmentation du trafic par voie d’eau. Mais on ne dispose d’aucun élément précis sur la destination finale des marchandises arrivées dans le Port de bonneuil par voie d’eau. Il devrait pourtant être facile de disposer par enquête auprès des entreprises d’une estimation des principales destinations des marchandises faisant l’objet d’un échange multimodal. Et dans ce cas là, on pourrait construire une simulation beaucoup plus exacte des reports de trafic de poids lourds.

2. Le modèle de simulation de trafic est fondé sur des données anciennes, incomplètes et irréalistes

Des données trop anciennes

Le document indique qu’ « Un modèle de simulation statique de trafic a été établi sur la base de comptages effectués en novembre 2010. » Il s’agit à l’évidence d’une date beaucoup trop ancienne car elle ne tient pas compte de l’arrivée de nouvelles implantations dans la zone d’étude qui ont modifié en profondeur le trafic. Signalons au moins deux éléments majeurs : (1) la montée en charge du TCSP qui modifie la circulation dans tout l’espace concerné par l’étude, notamment en rabattant du trafic de véhicule léger vers le nœuds multimodal désormais constitué par la gare de Sucy-Bonneuil ; (2) le démarrage de l’usine Eiffage qui ajoute un important trafic PL et qui n’est pourtant qu’au début de sa montée en charge.

Les mises à jour signalées p.305 ne sont pas fournies au public alors même qu’elles laissent prévoir des effets induits importants ( Pour estimer les éventuels écarts entre les capacités retenues et les capacités réelles observées depuis la mise en service du TCSP, des comptages ont été réalisées en Février 2012 en section courante sur la RD1 et la RD10. Dans l’ensemble, les capacités retenues dans le modèle de simulation pour les horizons prospectifs sont cohérents avec les valeurs de flux mesurés. Il est à noter que lors de la campagne de vérification il s’est avéré que le fonctionnement de certains carrefours pénalisait forte ment d’autres carrefours situés en amont du fait de remontées de file. Les capacités observables sur ces derniers étaient donc inférieures à leur capacité intrinsèque. p. 305)

Des données incomplètes

Le périmètre de mesure du trafic est trop étroit sur leplan géographique. Il ne tient pas compte des effets induits par le trafic de la zone d’étude par les communes environnantes de Boissy-Saint-Léger, Ormesson, Chennevières, Saint-Maur, Créteil et la plus grande partie de Sucy. Il faudrait au minimum doubler le rayon de l’espace analysé pour visualiser réellement les conséquences de la nouvelle implantation c’est-à-dire y ajouter la totalité des communes voisines de Sucy-en-Brie et Bonneuil-sur Marne. Ces dernières auraient d’ailleurs dûes être associées de droit à l’enquête publique.

Des simulations de trafic et d’infrastructure imprécises sur le plan chronologique

On considère comme acquis en 2020 ou 2030 des infrastructures qui ne sont même pas encore étudiées. En particulier, on postule l’existence en 2030 d’un boulevard urbain doublant l’infrastructure Altival. Or, ce projet fait l’objet de boulevard urbain nombreuses contestations dans les communes concernées. En réalité, le projet Altival risque d’être remplacé par une autoroute si le trafic induit par le Port de Bonneuil provoque dès 2020 une saturation complète des axes de Sucy-Ormesson (RD111) qui sont privilégiés par les camions.

3.  Malgré tout ces défauts, la simulation révèle une situation très préoccupante pour les habitants de la communauté de commune du Haut Val de Marne

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Ce document (p.309) montre que le projet d’infrastructure ne va en rien modifier la saturation des axes de traversée des communes du Haut-Val de Marne, et ceci même dans l’hypothèse de mise en place d’un boulevard urbain doublant Altival. Toute la commune de Sucy, ainsi que celles de Chennevières et d’Ormesson ou de Boissy va se trouver confronter à une congestion croissante et une pollution aérienne grave.

 

Le développement de la route n’est pas la solution car toute nouvelle route est automatiquement saturée, ce que montre parfaitement bien l’exemple de l’A86.

4. Et la compatibilité avec le SDRIF 2013 ?

L’étude d’impact a été réalisée à partir d’une version ancienne du SDRIF (2008). Elle ne prend même pas en compte la version 2013 du SDRIF soumise à enquête publique. S’il est vrai que l’infrastructure RN406 figure sur le document du SDRIF (trait violet ci-contre) elle ne forme qu’un élément d’un ensemble très complexe. On voit ainsi que la zone comporte des corridors verts, des espaces d’urbanisation prioritaire, des projets de transport en commun… Or tout ceci est impacté défavorablement par le projet de prolongation de la RN406 : destruction de biodiversité, pollution empêchant l’urbanisation de Sucy-Ouest, élimination duprojet Altival auprofit d’une autoroute…

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Claude Grasland

Professeur de Géographie

Université Paris Diderot

ANNEXE 1 : Simulation de l’itinéraire poids Lourds Port de Bonneuil-Strasbourg

Hypothèse 1 : Réduction de la distance et du coût

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Hypothèse 2 : Réduction des risques et du temps

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RN406 : Chronique d’une catastrophe annoncée…

L’enquête d’utilité publique sur la prolongation de la RN406 qui vient de s’ouvrir pour un mois dans les communes de Sucy et Bonneuil est lourde d’enjeux pour les habitants de Sucy-en-Brie mais aussi toutes les communes du Haut Val de Marne. Si ce projet est approuvé en l’état, il faut s’attendre à voir rapidement la circulation s’engorger complètement dans Sucy-en-Brie, générant bruit et pollution. En conséquence, on imposera la réouverture du dossier de la Rocade Est du Val de Marne et une nouvelle autoroute traversera bientôt  le bas de Sucy et le côteau de Chennevières …  Au total c’est tout le développement durable de la communauté de commune du Haut Val de Marne qui est en jeu si les habitants ne se mobilisent pas rapidement et ne participent pas à l’enquête d’utilité publique !

1)  Les enjeux du projet de RN406

Avant toutes choses, nous incitons les citoyens à consulter l’article publié il y a plus d’un an par le collectif T’AIR-EAU94 au sujet du prolongement de la RN406, au moment où il ne s’agissait encore que d’une hypothèse.

https://taireau94.wordpress.com/2012/06/16/le-prolongement-de-la-rn406-un-dossier-de-concertation-tres-instructif/

Désormais, les choses se ont précisées et l’enquête d’utilité publique est ouverte pour un tout petit mois dans les mairies de Sucy et Bonneuil, sous la forme d’un épais document de 402 pages au format A3. Ne vous laissez pas pour autant décourager et allez à tout prix remplir le dossier de consultation publique !

RN406

2°) Un scenario de prospective …

Tout en espérant être démenti par les faits (!) voici ce qui semble être le scenario le plus probable si les citoyens de Sucy-en-Brie et du Haut-Val de Marne ne se mobilisent pas rapidement :

Juin 2013 :Enquête d’utilité publique : En dehors de deux ou trois témoignages isolés, aucune opposition au projet n’est manifestée dans les cahiers des mairies. Le commissaire enquêteur conclue à l’opportunité de mise en place du projet avec des restrictions mineures.

2014-2016 : Construction de la prolongation de la RN 406 : Pour un montant de 75 millions d’euros (annoncé) qui sera finalement porté à 100 millions d’euros, la nouvelle infrastructure est réalisée dans la variante 3b, qui inclue un échangeur dans la zone des Petits Carreaux. La circulation est bloquée pendant plusieurs mois aux Portes de Sucy en raison des travaux de mise en place d’un pont et d’un tunnel.  Les autorités demandent de prendre patience et annoncent que tout ira mieux après l’ouverture.

1er Septembre 2016 : Inauguration de la nouvelle autoroute en présence des autorités politiques du département, de la communauté de commune, de la commune, du Port Autonome et de l’ensemble des entreprises du Port de Bonneuil (dont Eiffage et Vinci qui vient d’ouvrir une cimenterie dans le terrain vacant près de la centrale d’enrobés).

2016-2018 : Accroissement rapide du trafic de voiture et camions – saturation des voies de sortie de Sucy. Le trafic du Port de Bonneuil se renforce, avec le triplement de la production d’enrobés à chaud par Eiffage et la mise en route à proximité d’une nouvelle cimenterie et de plateformes logistiques de conteneurs. Une partie croissante du trafic profite de la présence d’un échangeur dans la zone des Petits Carreaux pour rejoindre la RN4 en traversant le bas de Sucy et la côte d’Ormesson.  Les deux ponts de franchissement du RER à Sucy sont fragilisés et doivent être fermés à tour de rôle pour réparations. La congestion automobile atteint des niveaux insupportables le matin comme le soir sur tous les axes en provenance du Plateau de Brie. La nationale 19 est à son tour congestionnée malgré la déviation de Boissy-Saint-Léger.

Avril 2018 : Réouverture du dossier de la Rocade Est du Val de Marne. Face au blocage absolu de la situation automobile, les services départementaux et régionaux lancent en urgence une procédure de relance de la prolongation de la RN406 du Port de Bonneuil à l’autoroue A4, sur le trajet de l’ancienne Rocade Est du Val de Marne. La consultation publique est réduite au minimum en raison de l’urgence de la situation (effondrement de l’un des deux ponts de Sucy).

2019-2020 : Mise en place de la Rocade Est du Val de Marne : La rocade qui est construite en dérogation aux règles habituelles d’urbanisme passe au ras de l’école des Noyers et de la résidence des Berges, avant d’éventrer le côteau de Chennevières. La pollution aérienne et sonore dépasse les normes autorisées et entraîne un départ massif de population tout au long du tracé. L’école des Noyers est déclaré insalubre et fermée en raison de la pollution trop importante de l’air dans le quartier. Le trafic n’est pas pour autant réduit dans Sucy car ce sont désormais les véhicules légers qui empruntent le nouveau tracé pour contourner Paris.

2021 : Crue centennale de la Seine : La conjonction de pluies sur les bassins de la Seine et de la Marne aboutit à une crue qui  dépasse la côte d’alerte maximale de 1910 et ennoie l’ensemble des installations industrielles du Port de Bonneuil, provoquant des dégâts écologiques et économiques irréversibles. Les terrains du bas de Sucy sont irrémédiablement pollués et abandonnés, tant pour un usage d’habitat que pour un usage industriel.

3°) Pour que cela n’arrive pas … allez remplir le registre d’enquête publique !

Tout ce qui est présenté dans le scenario ci-dessus n’est pas certain (en particulier la crue centennale de la Seine) mais bien des éléments présentés ont des probabilités de réalisation élevée. En particulier, il est absolument clair que la mise en place du tracé proposé pour la prolongation de la RN 406 avec un échangeur dans la zone des Petits Carreaux ne peut qu’aboutir à la congestion des voies de sorties de Sucy et de celle de toutes les routes descendant du Plateau de Brie. Dès lors, la demande de réouvrture du dossier de la RN 406 est inévitable. Quant au Port de Bonneuil, il est évident que cette autoroute va favoriser la production de pondéreux et doper l’usine Eiffage … sans parler de celles qui s’installeront autour (l’hypothèse d’une cimenterie étant for possible).

Il est encore tant de s’opposer à ce scenario de cauchemar en demandant un ensemble d’études complémentaires et en retardant par toutes les procédures administratives possibles ce projet. Pensez à Notre-Dame des Landes …

Claude Grasland

 

Enquête d’utilité publique RN406 : dites non à une pollution supplémentaire !

Nous avions alerté les lecteurs de ce blog dans un article paru le 16 juin 2012 (Le prolongement de la RN 406 un dossier de concertation tres instructif) : l’installation de l’Usine Eiffage est indissociable d’un renforcement annoncé de la circulation des camions et de la pollution aérienne. Si l’usine tourne encore au ralenti actuellement, c’est parce qu’il demeure difficile d’évacuer les enrobés. C’est pour la même raison que les terrains entourant la centrale Eiffage demeurent inoccupés. Mais patience, dès que la RN 406 sera installée, la production des enrobés va monter en charge et il serait bien étonnant qu’on ne voit pas arriver dans les terrains environnant quelque cimenterie ou autres installations de travaux publics. 

A) Une Enquête Publique en plein coeur de l’été, ça ne vous rappelle rien ?

Les mairies de Sucy et de Bonneuil ont pris cette fois-ci grand soin de placarder l’avis d’enquête sur de larges affiches A3 de couleur jaune-orange. On ne pourra donc pas dire qu’on ne savait pas …  Le seul problème est évidemment que le commissaire enquêteur ne peut pas venir en dehors des jours de travail (quel dommage !). Aucun samedi matin, comme par hasard. Et bien sûr des dates situées pour la plupart fin juin ou en juillet, au moment où les citoyens épuisés par une année de travail ont autre chose en tête que la lecture de volumineux dossiers. Bref, on nous rejoue le même numéro que pour l’enquête Publique qui avait abouti à l’autorisation de l’installation de l’usine Eiffage.

RN406

B) Mais cette route ne va-t-elle pas désengorger Bonneuil et Saint-Maur (tant pis pour Sucy …) ?

Toute la malice du projet réside dans la division qu’elle ne va pas manquer d’instaurer entre les habitants des trois communes. Comme nous l’avons montré dans l’article consacré à la RN 406, les premiers éléments d’analyse peuvent donner à penser que c’est Sucy-en-Brie qui souffrirait le plus de la conjonction de l’usine Eiffage et du prolongement de la RN406. Cette prolongation aurait en revanche des effets à première vue positifs pour les autres communes, notamment à Bonneuil puisque cela réduirait le trafic traversant actuellement la ville. La maire de Bonneuil ne fait d’ailleurs pas mystère de on soutien au projet, à travers une vidéo publiée sur son site:

http://www.ville-bonneuil.fr/tous-les-films/voir-un-film/video/456/

La mairie de Saint-Maur espère également faire baisser le trafic de camions  ou au moins faciliter la traversée des ponts.

Mais les habitants de Saint-Maur et Bonneuil auraient tords  de se désolidariser du sort de leur voisins orientaux car tôt ou tard ils seraient rattrapés par les congestions de trafic induites par la saturation des portes de Sucy. On verrait certainement des flux nouveaux passer par le Pont de Chennevières ou par Boissy et le moment ne serait pas loin où surgirait le spectre de la relance de nouvelles autoroutes pour réguler le trafic qu’aura en pratique engendré le prolongement de la RN406.

Les documents décrivant la situation actuelle des transports montrent de nombreux goulets d’étranglement dans le Port de Bonneuil et ses abords immédiats lors des heures de pointes du matin et du soir. On repère en particulier les bouchons localisés à l’entrée de Sucy-en-Brie et sur les accès du Pont de Bonneuil. Le prolongement de la RN406 est-il de nature à réduire ces engorgements ? Surtout si on tient compte des 40 à 150 camions supplémentaires que pourrait générer l’usine Eiffage ?

La réponse est pour le moins incertaine, comme le montrent les cartes de simulation du trafic des véhicules de tourisme et des poids lourds dans la variante 4 du tracé

Les cartes de prévisions  montrent toutes une diminution du trafic sur l’axe reliant Saint-Maur à Bonneuil puisque l’évacuation principale se ferait désormais par la nouvelle route. Mais on peut prévoir de sérieuses difficultés au carrefour qui relie les deux moitiés du Port. Et surtout on note un accroissement prévisible très fort du trafic dirigé vers Sucy-en-Brie et Ormesson, surtout dans les variantes du tracé qui prévoient un carrefour au niveau de la zone industrielle des Petits Carreaux. On notera enfin que les prévisions de trafic poids lourd au sortir du Port de Bonneuil sont manifestement sous-estimées (100 pour l’heure de pointe du matin et 60 pour l’heure de pointe du soir). L’usine Eiffage renforcerait à coup sûr la congestion du trafic le matin au moment où elle commencerait à livrer le bitume produit la nuit. Et l’arrivée possible d’autres usines de BTP dans le triangle où se situe Eiffage ferait rapidement virer la situation au cauchemar.

Répétons-le encore une fois, l’aménagement du Port de Bonneuil est l’affaire de toutes les communes voisines et l’autonomie des Ports de Paris doit être limitée lorsqu’elle aboutit à des décisions désastreuses sur le plan économique, social et environnemental. Tout en continuant à se battre pieds à pieds pour la fermeture de l’usine Eiffage, nous devons également préparer l’avenir en demandant :

  • une révision du plan d’occupation des sols du Port de Bonneuil
  • l’installation d’une station AIRPARIF permanente
  • une association systématique des trois communes voisines aux décisions du Port Autonome
  • un plan de transport dépassant les limites des intercommunalités actuelles.

C) La RN 406 c’est « l’autoroute Eiffage » … et la porte ouverte à de nouvelles installations polluantes.

Sans entrer dans le détail des variantes du tracé qui sont approximativement les mêmes (les différences concernent uniquement le nombre de voie et la gestion des croisements), on peut voir sur la carte ci-dessous que le prolongement de la RN406 aboutit exactement à l’usine Eiffage non sans avoir traversé une partie des terrains de sports. Il s’agit d’un tracé pour le moins étonnant si l’on garde en tête que les entreprises nécessitant des transports lourds par camion sont plutôt localisées dans la partie ouest du Port. On ne semble guère s’interroger sur les flux qui vont traverser le Port d’Ouest en Est pour rejoindre le nouveau débouché prévu rue du moulin-bateau, exactement à la sortie de l’usine Eiffage …

Si l’on en croît le document étonnant fourni dans le dossier de concertation, l’usine Eiffage se situerait au coeur d’une zone vouée aux activités « BTP-Logistique » (triangle violet). Comme nous le savons, il reste un vaste terrain vide autour de l’usine Eiffage et ce document suggère que d’autres usines équivalentes de BTP pourraient arriver dans les années à venir… Nous avons déjà deux usines d’enrobés dans le Port, qui dit que nus n’aurons pas aussi bientôt deux cimenteries ! Le choix des activités de type purement logistique est certes compréhensible, à l’instar des dépôts comme France Boisson,   pour tenir compte de la présence simultanée de la voie d’eau (darses), du rail (triage ferroviaire) et de la route (le prolongement de la RN406). Mais on ne voit vraiment pas bien l’intérêt d’installer ici des industries BTP polluantes comme la centrale d’enrobés Eiffage ou des cimenteries.  Car les terrains situés immédiatement autour de ce fameux triangle violet sont dédiés à de la micro-entreprise et petites activités (zone bleue au Nord) ou à des éco-activités (zone bleue à l’est) voire à un espace naturel et de loisir (triangle vert). Ce document confirme l’absurdité du choix d’une implantation polluante dans cette partie du Port qui devrait être uniquement dédiée à la logistique. Il faut impérativement demander une révision du plan d’occupation du sol du Port de Bonneuil si l’on ne veut pas voir resurgir prochainement de nouvelles usines du type Eiffage !

D) Que faire ? participer à l’enquête d’utilité publique et alerter l’opinion.

La pollution aérienne, qu’elle soit issue de dioxyde d’azote, de particules ou de benzène forme un tout. Les pollutions issues des usines de type Eiffage et celles issues de la circulation automobile se renforcent mutuellement (http://respireleperiph.over-blog.com/page-2024182.html). Il serait absurde de se concentrer sur la seule fermeture de l’usine Eiffage si dans le même temps on laisse se renforcer la pollution liée aux transports de véhicule (fort riche en benzène !).

La seule option viable pour les habitants des trois communes est de demander un moratoire sur la construction de la RN 406, tant que le schéma d’aménagement du Port de Bonneuil n’aura pas été modifié et que ses normes environnementales ne seront pas au moins alignées sur celles du Port de Gennevilliers (Cf. pour une pétition sur les normes environnementales du Port de Bonneuil ).

Ceux qui soutiennent aujourd’hui la construction de la RN 406 auront des comptes à rendre à nos enfants !

Claude GRASLAND

Le prolongement de la RN406 : un dossier de concertation très instructif …

Nous devons une explication aux lecteurs de ce blog qui s’interrogent sur le silence du collectif T’AIR-EAU94 depuis la grande manifestation du 2 juin. La principale raison de notre discrétion est le début imminent du procès au tribunal administratif qui impose une certaine prudence pour ne pas donner prise à la partie adverse et augmenter les chances de succès. Pour autant, il ne faut pas s’arrêter dans le travail d’information des citoyens et tâcher de garder toujours une longueur d’avance dans l’analyse des dossiers relatifs non seulement à l’usine Eiffage mais aussi, plus généralement, à l’aménagement du Port de Bonneuil. A cet égard, il vaut la peine de lancer un appel à l’ensemble de nos lecteurs pour s’intéresser de très près au prolongement de la RN406, ne serait-ce que parce que cette infrastructure est très directement liée au fonctionnement de l’usine Eiffage.

1°) Un document du plus haut intérêt pour les habitants des communes riveraines

Comme le précise le site de la direction des routes d’Ile de France  (DiRIF) , « La concertation publique sur le projet de création de la desserte du port de Bonneuil par la RN406 débute le 9 novembre 2011 pour une durée d’un mois.Cette opération consiste à réaliser une voie nouvelle entre l’échangeur RN19/RN406 et la voirie du port (route du Moulin Bateau). Ce projet d’une longueur d’environ 2 kilomètres franchira la grande ceinture ferroviaire, la RD10 et la voie ferrée du port. Toutes les options d’aménagement ne sont pas encore arrêtée. Elles le seront après cette démarche d’association du public. »

L’objectif de cette infrastructure nouvelle intéresse directement l’implantation Eiffage dans la mesure où elle lui permettrait d’évacuer beaucoup plus facilement les tonnes d’enrobés à chaud produites et, théoriquement, de limiter les nuisances des camions sur le réseau routier local : « L’objectif principal est le raccordement du port de Bonneuil-sur-Marne au réseau routier magistral. L’aménagement contribuera également à améliorer la desserte des secteurs d’activités importants à Sucy-en-Brie et Bonneuil-sur-Marne et à diminuer le trafic de transit et notamment de poids lourds sur le réseau local. »

A première vue, tout ceci paraît plutôt sympathique et les habitants des communes riveraines peuvent penser que, si par malheur l’usine Eiffage réussissait à se maintenir quelques années sur le site, une telle infrastructure routière éviterait au moins les nuisances liées au trafic des camions chargés d’enrobés à chaud nauséabond. Mais outre le fait que ce prolongement ne sera pas réalisé avant plusieurs années (une bonne raison de refuser l’ouverture de l’usine Eiffage), le dossier de concertation soulève bien des interrogations et mérite que les citoyens des communes riveraines s’y intéressent de très près, en particulier ceux de Sucy-en-Brie et des communes du Plateau de Brie.

Nous n’en sommes actuellement qu’aux premiers stades de la concertation sur les tracés possibles, mais nous savons d’expérience que les enquêtes publiques proprement dite arrivent très rapidement et sont bien mal annoncées. Il vaut donc mieux préparer longtemps à l’avance les analyses pour ne pas être pris au dépourvu.  Le dossier de concertation que vous pouvez télécharger en cliquant ici est un document de 68 pages illustré de nombreuses cartes, couvrant tous les aspects de l’aménagement du Port de Bonneuil et détaillant les avantages et inconvénients de chacune des quatre variantes du tracé possible.

2°) Un tracé routier optimal pour l’usine d’enrobés Eiffage ?

Sans entrer dans le détail des variantes du tracé qui sont approximativement les mêmes (les différences concernent uniquement le nombre de voie et la gestion des croisements), on peut voir sur la carte ci-dessous que le prolongement de la RN406 aboutit exactement à l’usine Eiffage non sans avoir traversé une partie des terrains de sports. Il s’agit d’un tracé pour le moins étonnant si l’on garde en tête que les entreprises nécessitant des transports lourds par camion sont plutôt localisées dans la partie ouest du Port. On ne semble guère s’interroger sur les flux qui vont traverser le Port d’Ouest en Est pour rejoindre le nouveau débouché prévu rue du moulin-bateau, exactement à la sortie de l’usine Eiffage …

3°) Un schéma d’aménagement du Port de Bonneuil … stupéfiant

Si l’on en croît le document étonnant fourni dans le dossier de concertation, l’usine Eiffage se situerait au coeur d’une zone vouée aux activités « BTP-Logistique » (triangle violet). Comme nous le savons, il reste un vaste terrain vide autour de l’usine Eiffage et ce document suggère que d’autres usines équivalentes de BTP pourraient arriver dans les années à venir… Nous avons déjà deux usines d’enrobés dans le Port, qui dit que nus n’aurons pas aussi bientôt deux cimenteries ! Le choix des activités de type purement logistique est certes compréhensible, à l’instar des dépôts comme France Boisson,   pour tenir compte de la présence simultanée de la voie d’eau (darses), du rail (triage ferroviaire) et de la route (le prolongement de la RN406). Mais on ne voit vraiment pas bien l’intérêt d’installer ici des industries BTP polluantes comme la centrale d’enrobés Eiffage ou des cimenteries.  Car les terrains situés immédiatement autour de ce fameux triangle violet sont dédiés à de la micro-entreprise et petites activités (zone bleue au Nord) ou à des éco-activités (zone bleue à l’est) voire à un espace naturel et de loisir (triangle vert). Ce document confirme l’absurdité du choix d’une implantation polluante dans cette partie du Port qui devrait être uniquement dédiée à la logistique. Il faut impérativement demander une révision du plan d’occupation du sol du Port de Bonneuil si l’on ne veut pas voir resurgir prochainement de nouvelles usines du type Eiffage !

4°) Des prévisions de transport qui ne tiennent pas compte de l’effet de l’usine Eiffage

Les documents décrivant la situation actuelle des transports montrent de nombreux goulets d’étranglement dans le Port de Bonneuil et ses abords immédiats lors des heures de pointes du matin et du soir. On repère en particulier les bouchons localisés à l’entrée de Sucy-en-Brie et sur les accès du Pont de Bonneuil. Le prolongement de la RN406 est-il de nature à réduire ces engorgements ? Surtout si on tient compte des 40 à 150 camions supplémentaires que pourrait générer l’usine Eiffage ?

La réponse est pour le moins incertaine, comme le montrent les cartes de simulation du trafic des véhicules de tourisme et des poids lourds dans la variante 4 du tracé

Les cartes de prévisions  montrent toutes une diminution du trafic sur l’axe reliant Saint-Maur à Bonneuil puisque l’évacuation principale se ferait désormais par la nouvelle route. Mais on peut prévoir de sérieuses difficultés au carrefour qui relie les deux moitiés du Port. Et surtout on note un accroissement prévisible très fort du trafic dirigé vers Sucy-en-Brie et Ormesson, surtout dans les variantes du tracé qui prévoient un carrefour au niveau de la zone industrielle des Petits Carreaux. On notera enfin que les prévisions de trafic poids lourd au sortir du Port de Bonneuil sont manifestement sous-estimées (100 pour l’heure de pointe du matin et 60 pour l’heure de pointe du soir). L’usine Eiffage renforcerait à coup sûr la congestion du trafic le matin au moment où elle commencerait à livrer le bitume produit la nuit. Et l’arrivée possible d’autres usines de BTP dans le triangle où se situe Eiffage ferait rapidement virer la situation au cauchemar.

5°) Sucy, Bonneuil, Saint-Maur, même combat

Les premiers éléments d’analyse présentés ci-dessus peuvent donner à penser que c’est Sucy-en-Brie qui souffrirait le plus de la conjonction de l’usine Eiffage et du prolongement de la RN406. Cette prolongation aurait en revanche des effets à première vue positifs pour les autres communes, notamment à Bonneuil puisque cela réduirait le trafic traversant actuellement la ville. La maire de Bonneuil ne fait d’ailleurs pas mystère de on soutien au projet, à travers une vidéo publiée sur son site:

http://www.ville-bonneuil.fr/tous-les-films/voir-un-film/video/456/

La mairie de Saint-Maur espère également faire baisser le trafic de camions  ou au moins faciliter la traversée des ponts.

Mais les habitants de Saint-Maur et Bonneuil auraient tords  de se désolidariser du sort de leur voisins orientaux car tôt ou tard ils seraient rattrapés par les congestions de trafic induites par la saturation des portes de Sucy. On verrait certainement des flux nouveaux passer par le Pont de Chennevières ou par Boissy et le moment ne serait pas loin où surgirait le spectre de la relance de nouvelles autoroutes pour réguler le trafic qu’aura en pratique engendré le prolongement de la RN406.

Répétons-le encore une fois, l’aménagement du Port de Bonneuil est l’affaire de toutes les communes voisines et l’autonomie des Ports de Paris doit être limitée lorsqu’elle aboutit à des décisions désastreuses sur le plan économique, social et environnemental. Tout en continuant à se battre pieds à pieds pour la fermeture de l’usine Eiffage, nous devons également préparer l’avenir en demandant :

  • une révision du plan d’occupation des sols du Port de Bonneuil
  • l’installation d’une station AIRPARIF permanente
  • une association systématique des trois communes voisines aux décisions du Port Autonome
  • un plan de transport dépassant les limites des intercommunalités actuelles.

Claude GRASLAND

membre  du Collectif T’AIR-EAU 94

Contre-enquête (5) : La centrale d’enrobés de Bonneuil est-elle comparable à celles utilisées par Eiffage pour l’étude d’impact ?

Nous avons souligné à plusieurs reprises le caractère scandaleux de l’étude d’impact qui s’est fondée sur les « retours d’expérience d’Eiffage » à partir de trois de ses centrales d’enrobés situées à Esvres-sur-Indre, Montecourt-Lizerolles et Estrées-Saint-Denis. Nous souhaiterions ici montrer que ces centrales sont situées dans des contextes géographiques non comparables à celui de la centrale de Bonneuil, tant en nombre d’habitants concernés qu’en nombre d’industries polluantes déjà présentes.

1. La centrale Eiffage de Montescourt-Lizerolles

1.1. Adresse officielle

Morin Enrobés Aisne
rue de la raperie
02440 Montescourt-lizerolles

1.2 Impact démographique à 2 kilomètres

L’usine se situe dans une commune de 1669 habitants. Les communes voisines (Clastres, Essigny, Gibercourt, Remigny et Jussy) totalisent 3397 habitants ce qui fait environ 5000 habitants situés dans la zone concernée par l’étude d’impact. Mais l’analyse de la localisation plus précise des zones habitées  montre que l’on ne trouve guère plus de 2000 habitants  dans un rayon de deux kilomètres autour de la centrale, ce qui est 25 fois moins que la situation observée à Bonneuil.

 

1.3 Impact local sur les riverains

Un zoom plus précis montre que l’usine d’enrobés se situe au centre du village de Montescourt-Lizerolles et est entourée d’habitation de tous côtés à moins de 300 ou 400 mètres. La situation est donc comparable à celle de l’usine Eiffage de Bonneuil, à cette différence près qu’il n’y a pour ainsi dire pas d’autres usines polluantes dans le village et que l’on se situe en zone rurale. Il n’y a donc pas d’effets cumulés comparables à ceux observés à Bonneuil qui concentre industrie et voies de circulations polluantes.

2. La centrale Eiffage d’Esvres sur Indre

2.1 Adresse officielle

Touraine Enrobés,  La Huaudiere, 37320 Esvres sur Indre

2.2 Impact démographique à 2 kilomètres

La centrale est située dans une zone d’activité (en violet) éloignée de plus d’un kilomètre du centre de la commune d’Esvres sur Indre. Le cercle de 2 kilomètres autour de la centrale est totalement inclus dans la commune d’Esvres sur Indre qui totalise  4481 habitants en 2009. Sachant que toutes les zones d’habitat de la commune (en rose) ne sont pas dans le cercle de 2 kilomètres, on peut estimer à environ 2500 habitants le nombre de personnes subissant l’impact de l’usine d’enrobés. C’est 20 fois moins que dans le cas de l’usine de Bonneuil….

2.3 Impact local sur les riverains

Au niveau local, l’usine Eiffage se situe en limite de la zone d’activité d’Esvres sur Indre et est pour l’essentiel entourée de forêts ou de champs. Son impact sur les habitants et sur les travailleurs des autres établissements de la zone apparaît de ce fait plus limité. Il s’agit à l’évidence d’une localisation beaucoup moins nuisible que celle de l’usine de Bonneuil, même si on ne peut négliger la présence d’habitations proches aux alentours de 300 à 600 mètres.

3. La centrale Eiffage d’Estrées Saint Denis

2.1 Adresse officielle

Morin Enrobés Oise, avenue de Flandre, 60190 Estrées-Saint-Denis

2.2 Impact démographique à 2 kilomètres

Comme dans le cas d’Esvres-sur-Indre, la centrale Eiffage d’Estrées-Saint-Denis est située dans une zone d’activité située en périphérie de la commune, le long d’une voie de chemin de fer qui assure la livraison et l’expédition des produits. La zone résidentielle est située dans l’ensemble à plus d’un kilomètre de la centrale et ne concerne que la commune d’Estrées-Saint-Denis qui totalise 3594 habitants en 2009. En admettant que la quasi totalité de la population soit située à moins de 2 kilomètres de la centrale, on aurait environ 3500 habitants proches, ce qui est tout de même 15 fois moins que dans le cas de la centrale Eiffage de Bonneuil.

2.3 Impact local sur les riverains

Le zoom révèle la présence d’un ensemble d’habitations (en rose) relativement proches de l’usine Eiffage et entourées de zones industrielles (en violet). La proximité de la gare explique sans doute le développement de ce quartier d’habitation. La population située à proximité de la centrale  demeure toutefois assez réduite et on n’y trouve ni écoles ni maisons de retraites.

4. La centrale Eiffage de Bonneuil est-elle comparable ???

2.1 Adresse officielle

Eiffage travaux publics, rue du moulin-bateau, Bonneuil-sur-Marne

2.2 Impact démographique à 2 kilomètres

Etablie à la même échelle que les trois cartes précédentes et avec le même outil (Geoportail), la carte de l’impact à deux kilomètres frappe par la saturation générale de l’espace environnant en termes d’activités (violet) ou d’habitat (rose). Dans aucun des trois sites précédents on ne trouve une telle concentration d’habitats et d’activités. Outre l’impact démographique (plus de 50 000 habitants), c’est l’occupation du sol qui n’a rien à voir avec les cas cités en exemple par Eiffage. Sans parler de la densité du réseau de transport qui ajoute une forte pollution à celle déjà émise par les entreprises du Port de Bonneuil. Il est clair que les paramètres de pollution qui ont été mesurés par Eiffage à Esvres sur Indre, Estrées Saint-Denis ou Montecourt ne sont pas transposable à la situation de Bonneuil. La seule centrale d’enrobés comparable, à notre connaissance, serait celle de Gennevilliers.

2.3 Impact local sur les riverains

La concentration d’activités à proximité de la centrale de Bonneuil est beaucoup plus élevée que dans les cas soumis par Eiffage. Seul Esvres-sur-Indre soutient quelque peu la comparaison, mais avec deux différences notables : (1) à Esvres la centrale est situé en bordure de la zone d’activité et entourée de zones agricoles ou forestières ce qui n’est pas le cas à Bonneuil ; (2) à Esvres, la population est relativement éloignée de la zone d’activité alors qu’à Bonneuil elle entoure littéralement la centrale avec une continuité du bâti. Enfin et surtout, on trouve à Bonneuil  écoles, crèches et maisons de retraites  à moins de 1 kilomètre de la centrale ce qui n’est pas le cas dans les autres exemples.

Conclusion : une exception monstrueuse ?

Si l’on s’en tient aux trois centrales d’enrobés qu’Eiffage a utilisées pour valider l’étude d’impact (Esvres, Montrecourt, Estrées) nous pouvons conclure à coup sûr que la centrale de Bonneuil est une exception monstrueuse aux règles habituelles d’implantation des centrales d’enrobés.

Si on considère que la centrale de Bonneuil n’est pas une exception, alors qu’on nous fournisse la liste des centrales comparables et qu’on utilise les paramètres de centrales équivalentes pour modéliser l’impact de la centrale de Bonneuil. Mais nous doutons fort que ce soit le cas et tout nous porte à croire qu’ il n’existe aucun équivalent à la centrale de Bonneuil en matière d’impact potentiel sur un nombre aussi élevé d’habitants.

En tout état de cause, l’étude d’impact sanitaire qui a conduit à l’autorisation est invalide car elle n’a pas considéré des situations comparables .

Diaporama de la contre-enquête T’AIR-EAU 94(réunion publique du 10 mai 2012)Bulletin de participation aux frais juridiques

Pour assurer une meilleure diffusion de la contre-enquête T’AIR-EAU94 dans les médias ou à l’occasion de nouvelles réunions publiques, nous mettons à votre disposition le diaporama qui a été présenté lors de la réunion publique de Saint-Maur le 10 mai dernier et dont le compte-rendu va suivre. n’hésitez pas à diffuser ou faire circuler ce diaporama par tous les relais à votre disposition.

Diaporame  T’AIR-EAU 94 (format PPT avec animations)

Diaporama  T’AIR-EAU 94 (format PDF, sans animations)

Une des diapositives les plus symboliques lors de la présentation du 10 mai 2012 …

Bonneuil : Courrier du Maire au Préfet et au président du Port Autonome

Par un courrier posté le 11 avril, Monsieur Patrick Douhet, maire de Bonneuil sur Marne, informe le collectif T’AIR-EAU94 de l’envoi de deux lettres adressées le 4 avril au Préfet du Val de Marne, Pierre Dartout, et au Président du Conseil d’administration de Ports de Paris, Jean-François Dalaise.

 

PROVOCATION : Eiffage réalise des essais en plein pic de pollution francilien !

Non, vous ne rêvez pas. Cette photographie prise mardi 27 Mars à 8h45 montre bien un panache de fumée au dessus de l’usine Eiffage de Bonneuil. Alors même que tous les journaux titrent sur les pics records de pollution aérienne en Ile de France au mois de mars, on procède à des essais d’enrobage à chaud de bitume dans le Port de Bonneuil. Voila qui en dit long sur les pratiques futures de cette entreprise lorsque l’usine sera totalement opérationnelle : le profit avant tout, sans aucune considération des dangers encourus par les populations !

Ils auraient tout de même pu attendre un retour à la normale de la situation particulièrement alarmante de l’air en Ile de France. Les données AIRPARIF du port autonome de Gennevilliers (équipé d’un capteur permanent, lui !) montrent un dépassement très anormal des pics de pollution aux particules fines( PM2.5) et moyennes (PM10) dont le seuil d’alerte est fixé à 80 microg/m3 en France et 50 microgr./m3 au niveau européen. Et encore il manque les derniers jours où de nouveaux records ont été battus.

Comme le note le journal Le Monde daté du 28 Mars 2012 à la page 11 : plusieurs villes dont Paris ne respectent pas les normes communautaires et Bruxelles s’apprête à saisir à nouveau la Cour de Justice Européenne contre la France, classée parmi les plus mauvais élèves de l’Union Européenne. Alors que les automobilistes sont obligées par la préfecture de police de réduire leur vitesse de 20 km/h partout en Ile de France, le préfet du Val-de-Marne donne sa bénédiction à Eiffage pour ajouter en toute impunité sa petite touche personnelle à la pollution ambiante !

Nous voulions une réponse d’Eiffage aux protestations des riverains : elle arrive sous forme de signaux de fumée !

Claude GRASLAND

Pour le collectif T’AIR-EAU94

Lettre ouverte au directeur technique d’Eiffage

A Monsieur Bernard HERITIER

Directeur Technique Eiffage France

Monsieur,

Je constate avec regret que vous ne répondez pas à mes demandes d’information relatives à la technique d’enrobage (chaud ou tiède) de votre future centrale de Bonneuil.

Il est vrai que la réponse est inscrite sur le terrain où l’on voit s’élever rapidement une centrale allemande de marque BENNINGHOVEN qui a la particularité, passez moi l’expression, de pouvoir « souffler le chaud et le froid« . C’est-à-dire de rapporte plus ou moins de bénéfices financiers selon le réglage adopté. Je dois avouer que la lecture du catalogue du fabricant  BENNINGHOVEN est de ce point de vue très instructive :

http://www.benninghoven.com/index.php?option=com_content&task=view&id=23&Itemid=41

Je n’ai pas encore identifié le type exact de la centrale de Bonneuil, mais ça ne saurait tarder. Et j’ai bien compris que BENNINGHOVEN propose des centrales « DEMONTABLES » et « POLYVALENTES » avec de nombreuses « OPTIONS ENVIRONNEMENTALES » et des « BRULEURS A COMBUSTIBLE MULTIPLES ».

C’est franchement passionnant cette flexibilité ! Cela veut dire que si les riverains résistent trop on peut partir ... mais on peut aussi leur installer des brûleurs moins polluants (gaz au lieu de lignite), on peut faire des enrobés tièdes plutôt que chaud, on peut même instaler des caissons anti-poussière …

Bref, c’est un modèle d’optimisation économique : plus le riverain résiste et moins on pollue donc moins on gagne d’argentMais s’il ne résiste pas, alors c’est le Jackpot car vu le temps de prise des enrobés (1 heure environ), être localisé à Bonneuil offre un potentiel de clientèle extraordinaire, démesurément grand par rapport à une localisation plus excentrée de types Seine et Marne.

Bref, je doute que vous répondiez à mon courriel (ce ne serait guère raisonnable de votre part) mais j’espère que vous publierez prochainement un communiqué sur le modèle exact de centrale BENNINGHOVEN que vous installez à Bonneuil et surtout sur les réglages et options qui seront choisies par Eiffage. Qui sait, peut-être les riverains pourraient-ils accepter un projet si vous optiez pour les contraintes les plus strictes ? Dans le cas contraire, les riverains ne perdront pas de vue que la plus grande qualité des centrales BENNINGHOVEN est d’être démontables ….

Bien à vous,

Claude GRASLAND
Pour le collectif T’Air-eau 94

Une usine polluante et archaïque : le projet Eiffage d’enrobés à chaud de Bonneuil-sur-Marne

Le 27 Juin 2011, le Préfet du Val-de-Marne a rendu un avis favorable pour l’installation par la société Eiffage d’une centrale d’enrobage dans le Port de Bonneuil-sur-Marne. Il s’agit d’une installation classée, donc potentiellement dangereuse, qui utilise du lignite dans la fabrication d’asphaltes et de bitume. Cet article tente de faire le point sur un dossier complexe où les autorisations semblent avoir été données bien rapidement, notamment par la mairie de Sucy-en-Brie, qui s’était engagé à attendre les résultats d’une étude d’impact avant de se prononcer.

1. La localisation du projet Eiffage

1.1. La localisation officielle du projet est incertaine …

L’arrêté indique que le projet se situerait 34, rue du Moulin-Bateau dans la parcelle cadastrale n°18 section OB du Port de Bonneuil, dont voici la situation d’après le site Geoportail.

Le point rouge indique la localisation du 34, rue du moulin-bateau et la parcelle 18 correspond au triangle délimité par le chemin de fer et la rue du moulin-bateau.Le terrain indiqué semble cependant bien petit pour une installation de cette ampleur et tout porte à croire que le gros de l’installation se situerait plutôt dans la parcelle cadastrale 30 où le grand bâtiment visible sur cette image ancienne a été récemment rasé comme le montre une photographie plus récente :

On voit clairement sur la photographie le très vaste terrain libre situé en limite de la parcelle 18 où le projet a été déclaré.

1.2 … mais son impact potentiel sur les populations de Saint-Maur et de Sucy ne fait aucun doute !

Même si on s’en tient pour l’instant à la localisation officiellement annoncé du 34 rue du Moulin-Bateau, on voit facilement que l’impact potentiel du projet sur les habitants de Sucy et de Saint-Maur est potentiellement élevé, compte tenu de la faiblesse des distances entre l’usine et les habitations.

Cette carte met en évidence la très grande proximité de l’usine par rapport aux zones d’habitats de Saint-Maur (les premières maisons sont à moins de 300 mètres) mais aussi de Sucy-en-Brie où les immeubles des Noyers sont à 800 mètres environ du site officiel du projet et moins de 600 mètres si c’est la parcelle n°30 et non pas la n°18 qui abrite l’usine. Il faut par ailleurs tenir compte de la direction générale des vents (d’Ouest en Est la plupart du temps) qui va naturellement augmenter la diffusion des panaches de fumée vers l’ensemble de la commune de Sucy-en-Brie.

1.3 Attitude des mairies voisines lors de la consultation préalable

Il est instructif de noter que aucun habitant de la ville de Bonneuil-sur-Marne ne se trouve à moins d’un kilomètre de la centrale (et de plus à l’ouest) , ce qui peut expliquer pourquoi la ville a approuvé le projet.

La mairie de Saint-Maur s’est logiquement opposé au projet vu la menace directe qu’il fait peser sur ses habitant et a rendu une délibération à ce sujet que l’on reproduit ci-dessous :

Les habitants de Saint Maur ont d’ailleurs commencé à manifester leur inquiétude sur le site Blog de Saint Maur avec l’article « De la pollution à venir » qui suscite déjà 22 commentaires.

Mais ce qui est plus surprenant est l’attitude du conseil municipal de Sucy-en-Brie qui, à la demande de la conseillère municipale EELV avait accepté le 20 Décembre 2010 une étude d’impact qui ne semble pas avoir été lancée depuis. Et qui en attendant a donné implicitement un accord de principe en ne s’opposant pas à la construction

Extrait du PV du Conseil Municipal de Sucy-en-Brie du 20 Décembre 2010

Pourquoi ne pas avoir lancé l’étude d’impact et laisser passer l’occasion de retarder l’autorisation préfectorale ? On ne peut manquer de s’interroger sur le fait que l’adjoint au maire de Sucy-en-Brie en charge de ce dossier soit également directeur-adjoint du Port Autonome de Bonneuil…

2. Quelle sont les risques en matière de pollution atmosphérique pour les habitants ?

Une centrale d’enrobage au bitume comporte potentiellement plusieurs types de risques et plusieurs types de pollution. Nous nous centrons ici prioritairement sur la pollution atmosphérique qui est de loin la plus préoccupante, compte tenu de l’emploi de lignite dans le processus d’enrobage. Mais nous invitons les lecteurs à compléter leur information en téléchargeant l’ensemble du dossier d’autorisation préfectorale qui décrit les autres formes de risques :

AP AUTORISATION EIFFAGE BONNEUIL 27 06 2011-1

2.1 Ce que dit le dossier d’autorisation préfectorale sur les rejets atmosphériques

Nous reprenons ici l’extrait de l’autorisation relatif aux rejets atmosphériques :

2.2 Commentaires sur le dossier

Il est évidemment difficile pour le néophyte de se retrouver dans ces paragraphes très techniques et de déterminer ce qui est dangereux ou non pour la santé, ce qui est conforme ou non au principe de précaution. Ce que l’on peut tout de même observer de prime abord est la récurrence des phrases comportant les mots « dans la mesure du possible« , « éventuel« , « interdit sauf si nécessaire » … qui indiquent clairement la volonté de limiter au maximum les contraintes imposées à l’exploitant industriel.

On notera également que la cheminée de 34 mètres, conçue pour assurer la dilution des gaz toxiques dans l’atmosphère, ne sera pas d’une grande efficacité pour les habitants de Sucy-en-Brie compte tenu de la direction générale des vents d’Ouest et de la hauteur du plateau de Brie. La cheminée élevée protégera à la rigueur les riverains de Saint-Maur (sauf en cas de temps anticyclonique) mais n’aura guère d’effet pour ceux situés en hauteur à l’est de l’installation.

Finalement, on rappellera que les principaux dangers sanitaires dans la production des asphaltes ou bitumes ne viennent pas directement des poussières mais plutôt des composés rares tels que les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) qui sont mentionnes dans le tableau des concentrations maximales. Une synthèse sur les dangers des fumées de bitume est disponible par exemple sur le site Ushuaïa en cliquant ici. On pourra également lire l’étude proposée par le site Atousanté en cliquant ici.

3. Exemples de réactions face aux nuisances des centrale à chaud

On constitue ici un petit inventaire des réactions suscitées par l’implantation de centrales à chaud en ville. Pas exhaustif mais utile pour voir comment d’autres ont réagi par le passé face au cas qui nous occupe présentement :

3.1) L’entreprise d’enrobé E26 de Portes les Valences

L’association « Aux portes de notre santé » résume sur son site le combat qu’ils ont mené contre les nuisances causées par une centrale à chaud : « L’entreprise de travaux publics E26 est présente depuis de nombreuses années dans ce quartier. Mais la centrale à bitume n’est apparue que récemment en 2007. La plupart des riverains, y compris dans les quartiers récents comme le lotissement des Chênes, étaient installés avant la centrale.« 

Selon les membres de l’association :  » Le chauffage du bitume dégage des odeurs trés fortes et gênantes. Il dégage également des produits toxiques et cancérigènes. Les termes « toxiques et cancérigènes » sont ceux employés par le commissaire enquêteur lors de l’enquête publique. Ces fumées contiennent notamment des hydrocarbures aromatiques polycycliques ( HAP) connus pour causer d’importants dommages sur la santé humaine.
De plus, « Cette nouvelle activité d’ENTREPRISE 26 génére de trés importantes quantités de poussière. Le broyage, le concassage et le stockage des matériaux créent des nuages de poussière qui se déposent chez les riverains (sur les terrasses, dans les piscines, dans les jardins, et dans les logements)« .

Les témoignages des habitants sont peu rassurants :

« Quand il y a le vent du Nord, je bouche mes entrées d’air  »
« Je vis en fonction de la production d’ E26 »
« Je referme mes fenêtres avant 7h30, l’heure où la centrale démarre »
« J’ai un peu de scrupules à laisser mes enfants jouer dehors quand la centrale tourne »
 » etc, etc,… »

Le site détaille ensuite les actions entreprises (presse, justice, …) et propose des liens vers d’autres communes concernées par l’arrivée de centrales à chaud que je reprends brièvement ci-dessous.

3.2 Centrale d’enrobé de Lerouville (55)

L’association A.P.P.E.L.S. (Association Pour la Préservation de l’Environnement à Lérouville et la Santé publique) s’est créée suite à la découverte d’un projet de construction d’une centrale d’enrobés à chaud sur le territoire de sa commune. Extrait du blog :

 » Après avoir consulté les documents techniques de l’enquête publique (étude d’impact, étude des dangers…), nous avons constaté que les rejets établis par cette étude sontmaitrisés conformément aux normes admissibles en la matière ; il n’en demeure pas moins que des risques de contamination de la population et des écosystèmes en aval du projet subsistent.Nous parlons ici de rejets d’arsenic, chrome, cadmium (l’interdiction de celui-ci est évoquée pour 2008, il devra être récupéré et recyclé), nickel, dioxyde de souffre et autres HAP, hydrocarbures aromatiques polycycliques (la nouvelle directive fille 2004/107/CE les concernant est en cours de transposition en droit francais), tout cela à moins de 300 m de la commune de LEROUVILLE qui, comme BONCOURT/MEUSE et PONT/MEUSE, se trouve sous les vents dominants la plus grande partie de l’année et par conséquent au fait de cette pollution atmosphérique. Lorsque l’on sait que ces produits ne sont pas biodégradables et transitent dans l’ensemble de la chaine alimentaire que penser des produits des deux exploitations agricoles situées à moins de 250 m du projet pour l’une, et 700 m pour l’autre. »

3.3. Usine d’asphalte ASTEL-LPA du Cres (Nord de Montpellier)

Le collectif « Pollution-Le Cres » s’est constitué suite à l’arrivée de cette usine. Le site est très complet et détaillé en matière d’impacts sanitaires, de textes juridiques, etc. Il fournit de plus des liens vers d’autres villes, complétant la liste fournie par Portes les Valence.Extrait du blog

« La mise à disposition de la totalité des documents disponibles vise à fournir des informations utiles à toutes les associations de défense de l’environnement qui luttent contre les pollutions générées par les centrales d’enrobés et les usines utilisant l’asphalte et les bitumes comme matière première. Ce travail est le fruit de 3 ans d’activité d’un collectif d’association locales de défense de l’environnement (Collectif Pollution le Crès). »

3.4) L’APEQUA

Le site de l’APEQUA (Association pour la préservation de la qualité de la vie) ne concerne pas une usine d’enrobé en particulier mais apporte des renseignements nombreux sur les nuisances liées aux bitumes et asphaltes. On y trouve comme dans le précédent des dossiers approfondis et des liens vers des associations de défense face aux nuisances des usines d’enrobés.

Conclusion

Nous invitons toutes les associations et personnes civiles pour qui ce projet n’ est pas acceptable à nous rejoindre en envoyant un message via le courriel

taireau94@voila.fr

Sylvie  GRASLAND-DESLOT & Claude GRASLAND

Pour le Collectif T’air-eau 94